Scholarly Editing

The Annual of the Association for Documentary Editing

2016, Volume 37

A Transnational Literary Network Around 1900: The Correspondence between Laurence Binyon and Olivier-Georges Destrée

Edited by Eloise Forestier, Gero Guttzeit, and Marysa Demoorby Laurence Binyonby Olivier-Georges Destrée

Original

Letter 1: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

12 Jan 1896 Lon rue Van Elewyck 25 Great College St.
Jan 11. The book by Swinburne is Essays and Studies (1875) and he quotes in his article some pages of French alluding to M[atthew] A[rnold]. But I hear that this was a piece of blague: he wrote the French himself. I have been trying to find the French critic who has spoken of Matthew but cannot. It was not Renan [1] , I think, though they were friends. I believe Sainte-Beuve [2] (whom also he knew) mentions him somewhere, but cannot find where. Will let you know if I discover anything. Pardon delay I will write soon Ever yours LB

Letter 2: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter

Carrissime. Votre lettre m'a fait grand plaisir parce que votre arrivée ici me semble maintenant presque certaine. Et pour l'amener tout à fait je me hâte de vous répondre en vous donnant des détails précis. Vous avez bien assez avec 20 livres et plus qu'assez même comme vous allez le voir. Le voyage aller et retour avec excursion à Pise et d'autres excursions même si vous prenez un billet circulaire coute je pense environ 10 livres – pas plus. Il vous reste donc 10 livres. Soit 250 frcs. Il y a ici place du Dome devant le Campanile de Giotto - la pension nardini ou j'ai été souvent et dont le prix est de 5 fcs par jour service compris – donc 2 semaines cela vous fait 70 frcs – mettons pour être large avec les cafés et l'entrée des musées 100 frcs pour vos deux semaines ici – Il vous reste encore 150 frcs pour vos excursions – Maintenant si chez Nardini vous ne prenez que le logement et le déjeuner du matin comme je le faisais d'habitude et si vous dinez dans le meilleur restaurant de Florence chez Mellini, ce qui est plus amusant et ce que je faisais encore il y a quelques semaines – je compte que cela vous coutera un peu plus cher et je mets alors 150 au lieu de 100 frcs. Mais même dans ce cas il vous reste toujours 100 frcs – ce que vous pourrez consacrer à des excursions faites, je l'espère avec moi. Donc vous venez – cher Laurence – et le rêve que nous avions formé d'être réunis ici pourra donc se réaliser. La seule chose que je vous demanderai si cela vous est possible serait d'avancer quelque peu votre voyage ; si cela est possible cela m'arrangerait mieux ; mais si cela ne s'arrange pas de votre côté, cela n'a pas d'importance. Je suis heureux de vous savoir au travail à un grand poème et je souhaite qu'il ait en son ensemble la beauté des 4 vers que vous m'envoyez et qui sont bien nets et évocatifs. Je travaille de mon côté depuis une semaine à mon poème des Rois Mages dont je vous avais parlé je crois en Angleterre. J'ai quitté le centre de Florence pour être plus tranquille et suis venu m'installer ici dans un bien paisible et charmant petit appartement. 77 via niccolo Machiavelli (florence) – au pied des collines de San Domenico et de Fiegoli. Quand vous viendrez tout sera en fleurs et ce sera vraiment le meilleur moment pour voir cette ville merveilleuse. Mon poème qui prend dans mon cerveau les proportions d'un volume entier, sera je l'espère au moins à moitié et j'aurai grand plaisir ici à vous en lire des chapitres et à savoir votre opinion. Maintenant il faut que je me mette au travail parce que la matinée est déjà passée et que je travaille le plus régulièrement de 10 à 5. Donc bien cher Laurence à bientôt n'est-ce pas ici nous causerons alors tout à notre aise et reprendrons nos promenades et nos excursions ensemble. Amitiés à vous et Image [3] . O Georges Destree A propos d'Image et puisque nous avons parlé affaire ou argent dans le commencement de cette lettre - quand vous le verrez demandez-lui un peu si l'un des volumes que je lui ai proposé ne conviendrait pas à Elkin Matthews [4] . Image vous expliquera de quoi il s'agit. Vous jugerez alors si un volume pareil pourrait plaire à Matthews et si vous le croyez, je vous demande de le lui proposer vous-même et de me dire quand vous m'écrivez ce que Matthews aura répondu. Merci d'avance à vous O.GD PS Horne [5] va bien, travaille beaucoup et son volume sur Botticelli sera je crois un modèle du genre.

Letter 3: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

4 Mai 1886 de Firenze, Italy à 25 Great College Street
77 Via niccolo Machiavelli – à des cartes il faut toujours répondre par retour du courrier – du moins quand il y a des questions posées – comme dans la vôtre. DUNQUE [6] – comme dit mme Bart[oli]. Je suis heureux de vous savoir arrivé et content de votre séjour ici. Il fait depuis que vous êtes parti le même temps que le dernier jour que nous avons passé ensemble c.a.d. très beau – les nuits surtout au Vialedeicolli où chantent les rossignols et l'aziola de P.B.S. [7] je me suis remis depuis lundi au travail, et je travaille toute la journée ce qui ne veut pas dire que je produis une grande somme de travail - mais enfin mon poème avance et s'éclaircit. Je suis content que vous y ayiez pensé et je crois aussi que le sujet est très beau. J'ai réussi à introduire dans mon sujet la belle légende de Barlaam [8] – que vous m'avez promis de lire au British, et j'espère avoir fini l'ébauche de mon grand chapitre à la fin de cette semaine. Mayer [9] est venu me dire au revoir lundi partant pour Brezzo et allant à Rome de là. Je reste ici jusqu'au 10 ou 12 et après je vais pour quelque temps à la Chartreuse [10] . Ecrivez moi une carte avant mon départ. Amitiés. G.

Letter 4: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

10 June 1986 Ixelles to 25 Great College Street 12 rue Van Elewyck B.
Carissime Dunque Sono tornato a casa [11] , et j'y ai retrouvé votre lettre et la lettre qui me sacre Hon[orary] Memb[er] Of the B.F.A.C. [12] J'ai écrit à Ionides [13] et à Virtue Tebbs [14] pour les remercier - Hélas très cher ami nous avons eu la même déconvenue en rentrant, et comme on vous a refusé votre poème à Ox[ford] on m'a refusé le mien ici en n'admettant pas au concours mes volumes sous prétexte qu'ils ne rentraient pas dans ces matières du concours. Good humbugs all of them ! Mais cela ne fait rien. Je vous envie seulement très cher d'avoir fini votre poème alors que moi j'en ai encore pour des mois et des mois à travailler au mien. J'ai été 9 jours à la Chartreuse [15] avant de quitter Florence et j'y ai heureusement bien travaillé réussissant à introduire la belle légende de Barlaam dans mon poème et à combiner d'une manière que je crois heureuse avec l'histoire du père Damien [16] . Aller à Londres ? Il ne peut hélas en être question – outre que je n'ai pas d'argent je dois me remettre au travail et j'espère d'une façon régulière la semaine prochaine. Mais vous vous savez que vous m'avez formellement promis de venir ici et au plus tard à l'automne. Votre chambre est prête dès à présent et vous attend. Horne devrait retourner à Londres à la fin de ce mois et tous allaient bien à Fl[orence] Amitiés G.

Letter 5: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

17 June 1896 Ixelles 25 Great College Street
Merci bien très cher ami. C'est une jolie petite édition que vous m'envoyez là et elle ira prendre place près du Golden Treasury [17] , du Coleridge, du Byron et du Landor [18] que vous m'avez donnés. Je viens de lire la préface et suis bien heureux de l'avoir car il n'y aura qu'à le traduire pour faire une introduction suffisante à mes traductions mais il a bien raison de dire me semble-t-il que les remarques qu'il présente dans cette préface – il les présente dans l'intérêt des jeunes littérateurs – et non pour faire constater qu'il a toujours suivi les règles qu'il donne. Car les reproches qu'il fait à l'Isabelle de Keats sont fondés mais seraient bien plus fondés encore adressés au Scholar Gipsy [19] , au Strayed Reveller [20] , à Tristram [21] et à tous ces poèmes que j'aime néanmoins comme vous le savez. J'en ai lu dans cette nouvelle édition un très beau que je ne connaissais pas – Philomela [22] - merci donc encore à vous de m'écrire une postcard. OG.

Letter 6: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

29 June 1896 Ixelles to Great College Street
Très cher Laurence. Merci de tout cœur pour ce que vous avez essayé auprès de Seel [23]  : à propos de Fra A[ngelico] [24] j'ai attendu pour vous remercier parce que jour après jour je croyais recevoir une lettre de Seely mais rien n'est venu. Donc je considère l'affaire comme enterrée et bien vivement je vous remercie d'avoir tenté de la faire réussir. Cela n'a pas pris d'ailleurs parce que je suis depuis 15aine de jours dans une mauvaise série. Je vous est [sic] dit n'est-ce pas que moi non plus je n'avais pas eu le prix sur lequel je comptais et ce qui est pire mon travail n'a pas marché du tout pendant ce temps. Mais maintenant voici une nouvelle semaine qui s'ouvre – je me sens mieux dispo et bien sur le vent va changer. J'ai toujours oublié Taras Bulba de Gogol - je vous le ferai envoyer à ma première sortie. Et Mayer, nous n'avons pas de nouvelles? Et le bicycle? Le mien est revenu : c'est la seule chose qui m'a amusé ces temps-ci. Il faut absolument venir pour plusieurs jours en septembre pour une semaine si possible. Il y a des promenades charmantes à faire en bicycle aux environs de Bruxelles. G.

Letter 7: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Que vous êtes gentil, cher Laurence, et combien, comme je vous le disais avant-hier, je voudrais vous avoir ici pour m'aider dans cet « enthousiasmant » travail que j'ai entrepris. Mais peut-être vaut-il mieux que nous soyons pour le moment séparés : car du moins dans la même ville, nous passerions tout le temps que nous ne sommes pas ensemble à trouver des pièces admirables que nous nous montrerions le soir triomphalement, et le soir notre enthousiasme serait si grand que nous n'aurions aucune envie de détruire la beauté des poèmes par une traduction quelque parfaite qu'elle soit. Dunque comme dit madame Bartoli j'ai reçu hier soir le Browning et le Landor que vous avez bien voulu ajouter à - cette anthologie plus complète et plus parfaite que la mienne que vous avez eu à cœur de former dans ma bibliothèque. Ils m'ont fait grand plaisir le Landor surtout/il a sur ce portrait une belle et bonne figure de bull dog qui me fait plaisir et me donne grande confiance en lui – quand à Browning – moi non plus pour ce que l'on ait lu je ne l'aime pas – c'est un esprit germanique – il aime l'Italie et la Grèce mais comme les allemands peuvent les aimer – à travers leur obscure et prétentieuse philosophie. Confound them ! Comme vous dites très justement du vieux brave Seeley qui ne m'a en effet pas écrit – ce qui à présent m'est égal, car pour le moment je ne rêve que de terminer – si possible – mon anthologie pour votre venue ici – afin que nous puissions la revoir et corriger ensemble. Il fracombe ! Courtenay ! Je n'y crois pas vous savez Courtenay c'est un vieux château de Blois – mais entouré d'un grand parc, avec des arbres comme dans Turner – et de grandes guirlandes de roses tout autour du château. Pour Il fracombe – c'est plus magnifique encore. Des rochers escarpés baignant dans une mer sauvage. Des tours tombant en ruines au sommet des rochers – des tours et des halles qui semblent avoir été creusés dans le rocher et en faire partie, tant fortement ils s'y cramponnent depuis des siècles. Et depuis des siècles jour et nuit la houle furieuse de la mer s'engouffre au pied des tours et un tourbillon d'écume jaillit et lèche les vieux murs du château. Et tout y semble en ruine, désolé et terrible au dehors mais à l'intérieur le roi Harold et la reine Blanche font danser devant eux les dames et les seigneurs de leur cour. Non pas de lourds chevaliers et des dames florissantes de santé mais des formes sveltes, ondoyantes et légères vêtues d'habits et de robes arc en ciellés car c'est l'âme seule des rois des dames et des seigneurs morts qui habite les tours d'Il fracombe et danse la nuit dans le hall du palais. Voilà, cher ami, ce que c'est que de me parler d'Il fracombe – vraiment je ne crois pas que cela existe autrement – mais si vous y allez écrivez moi pour me dire si cela ressemble à ma description. And now, I must go to my work – comme disent les artistes anglais aux visiteurs qui restent trop longtemps dans leur ateliers. Ecrivons nous souvent, si vous voulez bien pendant toute cette période – mais plus des lettres. C'est trop long. Je vous tiendrai au courant par des cartes des choix faits pour chacun des poètes et de l'avancement du travail. Donc mille amitiés, mille remerciements pour les livres – et pensez à garder vos huit jours pour septembre n'est ce pas ? A vous. Georges Très amusant ce que vous me dites de Horne – à l'occasion faites lui mes amitiés à lui et Image. Et notre projet de Grèce – je crois qu'il est retardé à une autre année pas vrai ? ce qu'il y a de plus probable c'est que nous nous retrouverons de nouveau l'hiver prochain à Florence – et que pendant huit ou dix jours nous entreprendrons un voyage à pied en Toscane. A vous très cher ami. Mon frère est à Londres – il ira peut être vous voir s'il a le temps – faites lui bonne figure et montrez lui S.V.P. la collection Malcolm. G. Quand vous viendrez ici je vous conduirai chez l'autre cantag[alli] Boire du Chianti et manger du risotto – Buminimo Signore [25] . Et mayer. Un mot seulement quand vous m'écrivez une carte?

Letter 8: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

6 Aout 1896 Newton Abbot to 12 rue Van Elewyck Newton Abbot Devon August 4 1896
I wish, my dear Georges, you could be here with me, in this loveliest of all corners of the world. I have been lying besides bright rocky streams in the immense solitude of the Moor – nothing but endless purple heather and vast hills with strange avenues and circles of druid stones; and wandering in leafy lanes among the green bosoms of grass and purple soil of the fields. It is more beautiful than Tuscany! – I think you should have some pieces of Blake and will send you a little volume of him. I don't know any poem by the title of Love's Secret. Does it begin How sweetly I roamed from field to field? Write to me at Lee. Blake was the first to revive the lost lyric art of the Elizabethans and is important. Yours, L. I have no Blake here, or would send some poems.

Letter 9: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

12 aout 1896 Ixelles to Binyon chez Pye [26] Cliff Cottage
Cher ami. Dunque. Ne m'envoyez pas de volume de Blake mais s'il existe en un volume une édition à bon marché des lettres de Keats je la recevrais avec grand plaisir – car j'ai traduit avec grand enthousiasme les Odes - une partie des sonnets et quelques pièces détachées telles que : la Belle dame sans merci – et l'imitation de Spenser – mais j'ai eu une grande désillusion en traduisant la chanson « O Sorrow – why dost borrow ? [27] etc. Est-ce que vous trouvez cela fort beau? J'espère qu'il y a des choses beaucoup plus belles dans Endymion? car à vrai dire je ne le retrouve pas du tout dans ces rimes trop faciles et ce désordre. (PS you must tell the truth, I will be very interested to know if you like that song by Endymion) Et je voudrais que par une carte postale vous m'indiquiez deux choses : 1. Le ou les plus beaux passages d'Endymion qu'on pourrait détacher du poème 2. Le plus beau ou les deux plus beaux dialogues en prose de Landor. Comme ma traduction est en prose, je ne vois somme toute aucun inconvénient à faire une exception en sa faveur – alors d'ailleurs que Landor (ce dont je me réjouis particulièrement) est regardé par les poètes comme un poète et surtout pour ses poèmes en prose. J'ai ajouté le charmant poème de Lewti  [28] à mon Coleridge. Amitiés au seigneur Bollicini G.

Letter 10: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

14 Aout 1896 Ixelles to Great College Street
Ne cherche jamais à dire ton amour L'amour qui ne peut jamais être dit Car ce zéphyr charmant se meurt Silencieux et invisible Je dis mon amour, je dis mon amour Je lui dis tout mon cœur Tremblant, transi, en de craintes mortelles Hélas ! Elle partit ! Tôt après qu'elle m'avait quitté Un voyageur arriva Silencieux, invisible Il la prit avec un soupir ! [29] Voilà cher ami le petit poème de Blake dont je vous parlais, je traduirai ainsi l'Infant Joy et la Cradle Song du Golden Treas[ury] (aussi to the Muses) mais cela ne suffit pas. Il en faudrait au moins une 12aine de ces petites pièces. Vous avez raison cher ami, je connais fort peu le Devonshire et je ne demande pas mieux que de l'admirer mais j'aimerai toujours mieux le ciel bleu et le pays semé de chefs d'œuvre, plein de souvenirs de Saints et d'artistes incomparables et de provinces magnifiques – que tout autre pays. Mais après ce holy land, vous le savez c'est comme vous le sud de l'Angleterre que je préfère. J'ai relu aussi ces jours-ci après avoir traduit du Keats (les odes) votre « I have too happy been » la pièce est charmante et je l'avais d'abord – mea culpa – fort sottement lue. Je relirai vos 2 volumes avant votre arrivée et serai mieux à même de vous dire ce que j'en pense. Amitiés. G J'ai traduit Mutability [30] très beau sauf l'horrible pléonasme des 2 premiers vers – PS heureusement le dernier rachète tout [31] .

Letter 11: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Aug 20 1896 Lon to rue Van Elewyck British Museum. 19 August 1896
Dear Georges, I returned on Monday, arriving by a rosy dawn in sleeping London at 4 a.m. The ode in Endymion was never a great favourite of mine; but I think pieces in it very fine; the coming of Bacchus is like a Titian, you will not find any piece more suitable to your purpose in Endymion except perhaps the Ode to Pan in Book I the opening song is the last good part. Everywhere are colour and beauty, but everywhere faults. The first page or two of Hyperion, the lovely opening of Lamia, and most of the eve of St Agnes, are much more ripe and characteristic work. – I have read Love's secret; it is charming; and I will send you 2 or 3 more small pieces of Blake. I hope you will print the English and French together on opposite pages. – Mayer sent his love to you from Siena, which he found very beautiful and quite empty. He was the sole visitor: he is now at Milan, and goes on to Venice etc. I hope to come to you about Sept 20. Will that suit? I will find out about the letters of Keats. The best Landor dialogue is probably Epicurus and Leontion [32] but it is not all given in Colvin's [33] book. There is also Boccaccio's dream [34] .

Letter 12: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

22 Aout 1896 Ixelles 25 Great College Street
Cher Laurence merci beaucoup mais vraiment c'est trop je n'oserai plus rien vous demander. Je suis très heureux d'avoir les deux livres parce que ces « imaginary conversations » [35] me plaisent beaucoup. Je lirai donc avec grand plaisir Epicure et Leontion mais ne le traduirai pas – parce que avec ce que j'ai déjà traduit ce serait trop long. J'ai traduit aujourd'hui la très jolie histoire d'Enallos et de Cymodamelia. Je traduirai encore je pense l'Hamadryade et voudrais finir avec Rose Aylmer et quelques-uns des courts poèmes de la fin du volume. Mais le charme de Rose Aylmer consiste surtout dans les mots et il est difficile de donner un équivalent. En attendant j'ai lu dans l'édition d'Havelock Ellis [36] la vie de ce très amusant Walter Savage (Savage indeed) et me suis bien diverti à l'histoire du cook et des violettes [37] – c'est dommage que nous ne l'ayons pas connu ce bon vieux Savage nous aurions été bons amis. Merci enfin pour les 3 Blake qui sont charmants et que je répète avec autant de rage que je répétais à Florence les vers d'Omar Khayyam [38] et merci pour Emily Brontë dont j'ai fait connaissance avec intérêt ce matin par les poèmes indiqués par vous et les poèmes et la notice donnée par sa sœur. Les vers sont charmants, mais il me semble que ce que vous aimez tant chez elle c'est surtout votre amour des paysages du Devonshire. Je veux dire que vous mettez un peu de vous-même dans votre lecture. Relu aussi les London Nights. Le 1er poème August. – the Escape sont très bons les Impressions aussi sont bien évocatives de la lumière et surtout des bruits de Londres ou de toute grande ville. Amitiés Il faut venir au moins pour 8 jours le 20.

Letter 13: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Sept 2nd 1896 Ixelles to 25 Great College Street
« Blake was the first to revive the lost lyric art of the Elizabethans" je ne comprends pas très bien ce que vous voulez dire par là cher Laurence. Je suppose que vous voulez dire un genre spécial de "Lyric" – parce que dans la Golden Treasury que vous m'avez donnée il y a n'est-ce pas trois parties – d'abord précisément les poètes du temps d'Elizabeth – puis une seconde partie dans laquelle Blake est lui-même mais dans laquelle d'autres sont venus avant lui qui ont aussi écrit des « Lyrics ». Et puis est ce que Dryden et Milton qui sont venus après Elizabeth et avant Blake n'ont pas écrit aussi des « Lyrics » ? Il y a donc là quelque chose que mon ignorance de la poésie anglaise ne me permet pas de comprendre très bien. Est-ce qu'il n'y aurait pas une édition populaire de Blake avec une préface très bien faite expliquant le mérite de Blake à ce point de vue. Si cela n'existe pas vous me l'expliquerez quand vous viendrez mais ce que je voudrais bien pour le moment c'est que vous feuilletiez si vous pouvez en trouver le temps au British un recueil de Blake et que vous puissiez me trouver un ou deux beaux poèmes (2nd card) ou passages de poème n'importe où dans son œuvre. Est-ce que vraiment il n'y a rien de beau dans le livre de Hell [39] et ses autres grands poèmes ? J'ai traduit hier - tiger tigera cradle song. An Infant JoyTo the MusesHow Sweetly I roamed (How sweet I roam'd) etc. ah Sunflower – I was angry with my friend [40] . C'est très bien. Mais comme vous le comprenez les poèmes perdent énormément en français et cela parait si mince ! - le plus beau est celui que vous m'avez envoyé – Sweetly I roamed – Si j'en avais trois ou quatre comme celui-là je serais content. Je n'aurais pas dû vous les faire recopier en poèmes. J'avais oublié que j'avais un n° du Portfolio composé par Richard Garnett [41] – où je les ai retrouvés. J'ai achevé hier Matthew Arnold qui comprend 1 the Strayed Reveller 2 fragment du 1er poème de Tristram – 3 Iseult de Bretagne 4 L'église du Brou (3eme p[artie]) 5 Dover Beach 6 Self dependence. Je tacherai de donner dans ma notice littéraire une ou deux strophes de Thyrsis et du Scholar Gipsy – J'ai achevé maintenant Byron. Wordsworth. Coleridge. Keats. Tennyson. Landor (très bien traduit!) D.G. Rossetti. Swinburne et Shelley presque. Reste à finir Browning – dont je ne sais pas du tout que traduire – puis à faire Emily Brontë et Christina [Rossetti] et Blake à finir. Je voudrais que toutes mes traductions fussent terminées pour quand vous viendrez pour que nous puissions les revoir – ou du moins certains passages ensemble et que nous puissions causer des notices qui me resterons alors à écrire.

Letter 14: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

4 sept 1896 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I cannot explain properly about Blake on a postcard. We will talk him over. Only a few of his pieces are really good; the long poems too mad to be worth much. You have translated nearly all the good ones, though there are a few more. Blake lived very little known and had no influence but he was the earliest (but I may be wrong about the dates) to capture that freshness of music the quality of the song proper – spontaneous sweetness and movement which all the Elizabethans had, (including by that term the period down to Charles I – Milton was really the last of the Elizabethans) and which from Dryden to Blake you will seek in vain, although Dryden, Gray, Collins, etc wrote good odes of their kind – but alloyed with prose and artificiality. However, my former remark about Blake has led you I fear to expect too much from him. I will send you a little cheap edition of him: the only one: but the preface is bad. – I shall squeeze the utmost out of my holiday time, be sure and will look out trains etc. soon – your offer of Poèmes sans Rimes will be much appreciated I know. I am doing a dry-point portrait of you. You might read the poems by Scott and by Hood in the G[olden] Treas[ury] Campbell is good also in his way: but I didn't think you would care for the way. I have just got the proofs of a new little volume of mine. There is also Burns in Scotland; and Christopher Smart [42] who wrote a wonderful poem in a madhouse – but towards end of the XVIII century. WE MUST TALK ABOUT ALL THIS.

Reproduction of Binyon's postcard to Destrée, 4 September 1896 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Reproduction of the front page of Binyon's postcard to Destrée, 4 September 1896 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Letter 15: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Sept 4th 1896 Ixelles à 25 Great College Street
No! No! Don't send me a Blake's edition with a bad preface. The preface is all I want. If you see Johnson [43] tell him that his mysterious and wild bardic Friend Yeats [44] ought to send me, not his huge book on Blake – but a study, an essay as he is sure to have written one and as he - Yeats- promised me once to do. You begin to understand quite well what a good thing is a postcard and the lot you can write on it. Tout ce que vous me dites de Blake est très clair et vous incorporez Dryden et Milton Dans les Elizabethans – et si vous mettez Burns à part – alors en effet je comprends très bien et sans autre explication ce que vous me disiez. Si je demande un essay sur Blake c'est pour avoir des détails sur ces œuvres littéraires. Nos holidays ne sont pas compromis rassurez-vous par la réinspection de mon travail. Tout cela sera arrangé de façon à ce que cela soit fini – Pour les causeries cela est autre chose et tout en nous promenant et mangeant et en fumant je vous interviewerai sur les Lyrists mais vous les aimez assez pour que cela ne vous soit pas désagréable. Je traduis Browning – J'ai découvert le motif pour lequel je ne l'aime guère – c'est un virtuose un homme de gout, un lettré, un artiste, un dramaturge, mais pas ce qu'il est difficile de définir et ce qu'est un « Lyrist » - non è vero [45]  ? La semaine prochaine sera réservée à Christina et à Emily [Brontë]. Puis je reverrai le tout – l'annoterai et attendrai d'avoir causé avec vous pour écrire mes notices critiques. Puisque vous parlez si bien de Blake sauriez-vous me donner une définition claire, précise et définitive de ce qu'est un lyrique – c'est difficile à dire parce que Browning qui a fait des drames n'est pas un lyrique. Eschyle, Shakespeare, rien que par leurs drames sont des lyriques. Qu'est-ce qu'un lyrique ? J'attends curieusement votre prochaine p. card. Mais quel est ce nouveau livre dont vous parlez – est celui que vous écrivez à Florence. Le livre de Landor [46] est vraiment très bien fait. Vous pouvez l'en féliciter de ma part s'il se rappelle encore de moi.

Letter 16: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Sept 5 1896 lon rue Van Elewyck 5 Sept.
I was quite right about Blake, my dear Georges, after all. ‘How sweet I roamed' etc was written while in his 14th year i.e. about 1770. Burns did not publish till 1786 [47] . Coleridge Wordsworth, etc. were long after. As to the lyric, I give up! No amount of postcards would definite it; but I will prove what I mean by examples when I come. Shakespeare is as great in lyric as in drama, to my mind: you might quote one of his as an example of Elizabethan song writing. E.G. ‘Take O take those lips away [48] ' or ‘Full fathom fires thy father lies' [49] there is magic in the rhythm; and this disappears in the interval before Blake. Swinburne has written a book on Blake [50] . I don't know any short essay of Yeats – Horne has come with a Rembrandt drawing. A rivederla [51]  !

Letter 17: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Sept 14 1896 Amsterdam to Hotel Doelen Amsterdam
Ai écrit chez Krasnopolsky [52] Que je vous attendrai demain mardi à 11h8 du soir à Bruxelles nord – intérieur de la gare – sur votre "platform" d'arrivée – près de la locomotive!

Letter 18: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Sep 24 1896 Lon to 12 rue Van Elewyck
My dear Georges I sent last night the book which has notices of all except the lately dead poets. But a newer edition of it is in the Museum and I can extract short biographies from it of Browning, Arnold, etc. I arrived very cold on Monday; but very happy to have been with you. I can now picture you in your room or on your walks. The week was a crowd of vivid pleasures; and Bruges is the most enchanting dream I have ever dreamed. I will send you soon a little poem on the Meuse. Have not yet seen Seeley, but will call on him soon. Will send catalogue also to Madame, Horne has been here two or three times with new drawings. Very kind regards to your household. L.

Letter 19: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

25 Sept 1896 Ixelles to Great College Street
Très cher Laurence. Si vous êtes content de ce que vous avez vu, je suis certes au moins aussi content de l'avoir revu avec vous et que les deux aspects que j'aime le plus en Belgique, la pieuse et silencieuse Bruges [53] et la Meuse (que je m'abstiens de qualifier par déférence pour votre poème – que je lirai avec enthousiasme) [54] vous aient plu et suggéré des poèmes. En rentrant j'ai cherché inutilement le poème de Keats dans ces deux éditions que j'ai chez moi. Quand vous viendrez encore à Bruges vous l'apporterez, nous le lirons en canot sur l'un des canaux dormants. Le livre – very gorgeous – reçu hier est parfait et me sera très utile – Si vous avez l'extrême obligeance de copier au British les notices relatives à – Browning, Arnold, et Christina ce serait parfait – mais j'entende par notices – seulement les 4 ou 5 lignes de notices biographiques - pour ces 3 poètes – avec les notes que j'ai sur eux cela me suffira amplement. J'ai écrit déjà à Seeley – Je lui ai dit que nous avions été ensemble à Bruges – que vous m'aviez engagé (!) à faire un livre sur Bruges et que vous aviez bien voulu me promettre de l'aller voir lui Seeley pour lui exprimer en quoi cela pourrait être intéressant. J'ai envoyé aussi un petit poème – mauvais – au Pall Mall G[azette] [55] Et je me remets à travailler aujourd'hui grâce à votre livre – très content de mes vacances et vous remerciant bien vivement d'être venu. A vous. G.

Letter 20: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

29 Sept 1896 Ixelles to Great College Street
Scott. Moore. Campbell. Hood. Lamb. Wolfe. And even E. Barett [Browning] Scott's melrose abbey [56] – the pride of youth – The maid of neidpath – moore Dear Harp of my country – the young may moon – At the mid Hour of Night. Echo. Oft in the stilly night E.B.B Two sonnets from the S[onnets] F[rom] the Portuguese Wolfe The burial Of SJ moore [57] to Mary Campbell [58] . Ye mariners of England and Hohenlinden (« far flashed the red artillery » very fine and work) Lamb the old familiar faces. Parental recollections Hood I remember I remember – The death bed. And even Samuel Rogers the Sleeping Beauty A Wish and 10 lines from Italy. Maintenant c'est tout définitivement tout. Je suis content d'avoir ajouté ces noms là parce que Campbell, Moore, Lamb, Wolfe et Hood méritaient d'y être et je suis complet au point de vue du public en ajoutant Scott, E.B.B. et Rogers qui sont pauvres comme poètes – je me suis mis à traduire tous ces gens tant les notices m'ennuyaient je vais m'y mettre aujourd'hui car je suis résolu à me mettre à autre besogne après le 15 date où cette anthologie sera je l'espère entièrement terminée – quand Swinburne est-il né ? – Si vous pouvez me donner aussi 4 ou 5 lignes (pas plus) sur celui-là ce serait parfait. Pourquoi disiez-vous dans une postcard que vous croyez que je n'aimerais pas Campbell – au contraire j'aime bien ça – ça réchauffe et je déclame ces choses-là avec de grands gestes et comme si j'avais moi-même accompli tous ces exploits. Lisez dans ce genre Héroïque ce poème de V.H. [59] dont je vous ai parlé. Le poème que je vous indique est dans le 1er volume de la Légende des Siècles et est intitulé Aymerillot. Le vers auquel je m'arrêtais toujours ne pouvant aller plus loin est à la fin du discours d'Aymerillot « mais tout le grand ciel bleu » etc. Ne lisez rien d'autre dans ce volume – sinon les Chevaliers Errants. Amitiés O.G.D.

Reproduction of Destrée's postcard to Binyon, 29 September 1896 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Reproduction of the front page of Destrée's postcard to Binyon, 29 September 1896 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Letter 21: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

2 Oct 1896 from Ixelles, Bruxelles 25 Great College Street
Vous êtes le plus charmant des amis et le meilleur des jeunes poètes anglais. Le poème que vous m'envoyez est fort beau et je le traduirai avec facilité si je pouvais vous faire entrer dans mon anthologie – mais ce sera pour une prochaine édition – où je serai à la fois heureux et fier de vous faire la place belle. Je désirais cette dédicace que vous m'offrez – elle me fait donc grand plaisir et je vous remercie de tout cœur. Vous aviez bien raison de penser à ce joli fragment de Keats – évocateur de Bruges – je tâcherai de trouver encore une petite place pour lui – Pour Scott – aussi vous avez bien fait de m'indiquer les 2 pièces? beaucoup préférables c'était mon avis à celles que j'ai traduites – mais ce qui m'a empêché de traduire la 1ere c'est que je ne savais pas si Donuil Dhu [60] si ce mot Dhu était un nom propre – comme il écrit plus loin Clan avec un C majuscule je pensais que Dhu pouvait être aussi un qualificatif – est-ce un nom propre ? Et Coronach [61] qui est comme vers le meilleur de tous – je ne l'ai pas traduit parce que je ne sais pas ce que c'est que Coronach et le rapport qu'il a avec Duncan. J'ai fait hier la moitié de ma préface et espère l'avoir terminée aujourd'hui ou demain – c'est ce qui m'embarrassait le plus – les notices iront vite et je commence à respirer. The weather is more beautiful since 2 days. Je vais recommencer mon sonnet!

Pas moyen de tout mettre sur une carte! Je voulais vous répondre que je ne puis pas aller à Londres parce que je n'ai ni temps ni argent – et surtout pas de temps – l'anthologie était un volume utile mais en somme surtout un passe-temps – ce que je ne serai pas heureux avant d'avoir terminé. C'est mon poème que je reprendrai dès l'anthologie finie – mais je pensais ce matin que nous devions malgré tout nous voir plus souvent – et que nous pourrions ce faire sinon tous les mois au moins tous les 2 mois pour un jour. Le guide renseigne un train partant de Charing Cross à 5.35 p.m. et arrivant à Bruges à minuit ½. En logeant et nous rencontrant tous les deux au Panier d'Or [62] nous aurions ainsi tout le dimanche à passer ensemble. Donc aussi tôt que cela vous sera possible écrivez-moi et j'arriverai à Bruges – quand nous aurons assez de Bruges – nous pourrons aller à la mer - et nous pourrons aussi nous voir plus souvent en faisant chacun de notre côté la moitié du chemin l'un vers l'autre. Les 2 adresses sont Mlle Evrard [63] 12 etc. – et madame Marie Destrée [64] – chemin des Hauchies. Marcinelle – Charleroi. Dès que j'aurai trouvé un publisher je lui parlerai de l'idée Walker [65] . Grand merci. Merci enfin pour les biographies – quand vous m'aurez envoyé les six lignes de rigueur sur Christina vous serez libre ! Amitiés à H[erbert]P[ercy]H[orne] X.S.I

Letter 22: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

4 Oct 1896 Lon to rue Van Elewyck
My dear Georges, much thanks for your two cards. Very glad you like the poem. The piece I sent of Keats is only the beginning of the fragment. There are 2 or 3 pages, which I will send when I have time. Dhu is a proper name, but means really Black. It is like the epithets given to heroes in Homer. ‘Black Donuil' was so called, I suppose, from his dark complexion. But I should leave Dhu in the translation. Don't you think so? Coronach means, I believe, Dirge, Lament. The poem is a lament for a Highland chief. A C Swinburne: born in London, April 5, 1837 son of an admiral Swinburne, and comes of an old Northumbrian family. At school at Eton: at Balliol Coll[ege] Oxford 1857-60. First book: the Queen Mother [] Rosamund 1860. 2nd Atalanta in Calydon 1865. Since then very many books in verse and prose. Christina Georgina Rossetti born in London Dec 5 1830. First verses privately printed when 16. Contributed 1850 to the germ [66] under a pseudonym, Goblin Market 1862. Prince's Progress 1866. A Pageant 1881. Many devotional works at intervals. Jackson [67] , of Oxford, is going to send you a photo of a Rossetti in his possession. The Bruges idea is very good. When I have a little money to spare I will tell you. I am going to the Arts and Crafts this afternoon. Private view. Wish you could come too! Maple [68] is going to send me his catalogue. L.B.

Letter 23: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Oct 5 1896 From Ixelles to 25 Great College Street
Très cher Laurence merci pour votre postcard reçue ce matin. Avant tout laissez-moi vous féliciter sur votre encre rouge – tout à fait magnifique et dites-moi le nom du fabricant quand vous m'écrirez – merci pour les biographies et les indications demandées. Je traduirai Coronach et Donuil Dhu. L'annonce d'une photographie de Rossetti est pour moi une chose fascinante – j'ai conservé tout mon culte pour lui – et aucun peintre moderne ne m'attire toujours autant. J'écrirai à Jackson dès que je l'aurai reçue. Je suppose que vous avez vu Seeley ? et qu'il vous a dit qu'il m'écrirait ce qu'il m'a écrit c.a.d que Bruges ne serait pas « a success » [69] - cela m'a ennuyé – compromettant un peu mon voyage d'Italie – mais pas le moins du monde découragé – j'ai écrit presqu'en entier ma préface qui m'inquiétait – les notices iront vite et je me mettrai de suite alors à mon poème. J'ai lu toute ma journée d'aujourd'hui un gros livre biographique de Mary Robinson sur Emily B. et l'analyse de son roman m'a beaucoup intéressé. Je le prendrai la semaine prochaine dans la bibliothèque de mon cousin - le sujet m'a rappelé les sujets étranges – de cet étrange breton dont je vous parlais à Marcinelle : Barbey d'Aurevilly [70] Je n'ai pas oublié le nom que je vous ai promis d'envoyer – mais suis si peu sorti ! à ma prochaine sortie je l'enverrai.

Oct 5 1896
Voilà qu'un nouveau poète vient se joindre malgré moi à mon anthologie cher Laurence – je tiens à faire moi-même l'article sur William morris [71] dans le mercure de France [72] . Et viens de leur écrire pour leur notifier ce désir. Voudriez-vous m'envoyer les 2 ou 3 journaux qui contiennent des articles intéressants – ou sur sa mort – sur laquelle l'Etoile [73] lue ce matin ne donne aucun détail – ou comme notice biographique. Et pouvez-vous m'indiquer les livres et poèmes que vous préférez de lui – j'entends – seulement les livres de poèmes. Quel est le meilleur à votre avis – et si possible quels poèmes dans ce poème sont les meilleurs – amitiés O.G.D

Le plus tôt je pourrai avoir ces journaux le mieux – parce que je dois écrire de suite mon article. Merci d'avance et mille excuses pour ce nouveau dérangement!

Letter 24: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
«Tradutore traditore [74] ». jamais l'adage italien n'a été mieux justifié que par cette diablesse de femme que Seeley emploie pour faire les traductions du Portfolio. Pas une de mes phrases n'est restée entière et tout mot caractéristique a été soigneusement remplacé par un terme quelconque du langage télégraphique ou téléphonique, les seuls qui semblent connus de cette respectable lady. Comme vous voilà averti, et que vous avertirez Horne ou Image pour le cas où ils verraient le Portfolio, cela m'est égal, mais si vous le parcourez, parcourez le comme vous feriez d'un journal rendant compte d'un discours, c'est exactement l'impression donnée par la traduction. Ce qui m'ennuie le plus, c'est que cette traduction est terriblement en retard et que par sa faute à elle le P[ortfolio] ne paraitra pas avant le 10 ou le 12 ce qui mettra Seeley de mauvaise humeur contre moi, qui n'en peux rien, car s'il avait accepté ce que je lui ai proposé de faire traduire mon article ici, cela eut été fini depuis longtemps maintenant, la traduction eut été moins correcte et le P[ortfolio] eut paru à temps – toutes ces explications pour le cas où vous verriez Seeley et où il vous parlerait de ce Portfolio. Vous voilà donc rentré au B[ritish] je vous envie votre existence régulière dans ces chambres tranquilles pleines de gravures et de dessins de maitres vénérés. Pour moi les gens de mon gouvernement semblent décidés à ne pas vouloir me nommer, aussi suis-je décidé à aller à Florence, d'où je demanderai à S[eeley] de pouvoir lui envoyer un P[ortfolio] traduit et tout prêt à être imprimé sur le Beato Angelico [75] – maintenant à vous de me dire vos nouvelles, ce que vous avez vu de mieux et ou en est votre poème sur St Augustin. PS Je vous envoie par la poste ce que je ne vous ai point renvoyé en Espagne parce que je n'étais point sûr de votre adresse. « con ringraziamenti [76]  ». Et attendez que vous soyez disposé à écrire mais alors écrivez une longue lettre. Amitiés à Horne et Image.

Letter 25: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Oct 6 1896 Lon to rue Van Elewyck
I had already anticipated your wanting notices of Morris (Strange his dying on the day of the Arts & Crafts opening!) and have kept some papers, 2 of which I send: the others are no good. H P H will have an article on him in Sat Review, the next no. I expect. I don't myself think he was in any way a great poet, but I used to read the Earthly Paradise, especially The Death of Paris, Gudrun, and some others tales in it – with pleasure. Horne thinks the earliest volume "the defence of Guinevere" (and especially ‘the Haystack in the Hoods' in it) the best – I mentioned the anthology to Garnett [77] (Keeper of the Museum Library) and he offers you an introduction to M. Angellier [78] , the translator of Burns, who has also written on Keats, who (he thinks) might be useful in finding you a Paris publisher; and as he lives at Lille it would not be far to go. What do you say? Garnett is an influential man over here in literary matters, a voluminous writer and a poet too – and always very kind. Angellier is also a friend of Colvin. – Morris' first book was the first pre-Raphaelite poetry to be published: but it was also inspired by Rossetti's Blessed Damozel which was written earlier. I have been to Seeley but have not found him in, and I asked him to call but he has not come. However I think I shall catch him to morrow and will lecture him for his stupidity. It is most annoying. I will send you Horne's article when it appears. Poèmes sans Rimes is exhibited at the Arts and Crafts and is the best thing there.

Letter 26: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Oct 7 1896 Bruxelles to 25 Great College Street
Très cher Laurence. Merci pour les journaux et indications de Morris. Nous sommes d'accord sur ce que vous dites de lui comme poète et sur les pièces à traduire. Si je veux faire mon article c'est parce que ce que j'étais [sic] en lui c'était l'artisan idéal qu'il était. Je vous enverrai l'article quand il aura paru. Pour ce que vous me dites de Mr. Garnett – cela me fait le plus grand plaisir (à cause de leur maison de Londres) – j'ai renseigné incidemment cette traduction de mr Angellier et je pense que la recommandation de mr Garnett pourrait m'être très utile auprès des Hachette qui restent pour moi les éditeurs que je rêve. Si donc mr Garnett veut bien avoir la bonté de me donner une introduction pour mr Angellier je lui écrirai ou irai le voir pour lui demander s'il y a moyen de parvenir à Hachette – et si pas à Hachette à un autre – remerciez dès à présent mr Garnett de ma part et croyez moi comme toujours, cher ami – votre éternellement obligé – merci aussi pour Seeley naturellement et ne vous en inquiétez plus. Reçu le magnifique shoolbread [79] Mlle Evrard est « aux anges » (jolie expression que vous n'avez pas) et vous remercie bien vivement.

Letter 27: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Oct 9 1896 Lon rue Van Elewyck
Dearest Georges Garnett is writing a letter for you, and I will forward it. The October Savoy [80] contains your article. Have they sent it you? If not I can do so. I saw Seeley yesterday. The reason he could not take "Bruges" was that the man who wrote on David (and who is going to write on Memling [81] ) has already proposed the subject, and Seeley had refused him, thinking Memling was better. Did you suggest Puvis [82] ? I am glad Mlle Evrard is pleased with the catalogue. Please give her my compliments. Maple has promised to send me his, for your sister-in-law, but it has not yet arrived. – Garnett says he will get the books of Giraud [83] and Severin [84] that the Museum has not already. We have only the Pierrot of G[iraud] and the Lys of S[éverin] Will you send me other titles? – I sent a Chronicle yesterday with portrait of Morris. There is a harpsichord, decorated by miss Coombe [85] (soon to be married) in A[rts] & C[rafts] Ever yours LB

Letter 28: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Oct 17 1896 Brux à 25 Great College Street
Très cher Laurence. J'ai reçu ce matin votre lettre contenant la lettre de Garnett et vous remercie bien vivement. Je n'avais pas écrit pour accuser réception de votre post card car elle disait « Garnett is writing et alors j'ai attendu de jour en jour pour vous dire en même temps que j'avais reçu cette lettre. J'ai été très occupé toute cette semaine à écrire mon article sur Morris pour le prochain n° du Mercure de France il n'est encore qu'à moitié fait mais j'espère l'avoir fini demain ou lundi et j'en suis assez content. J'écrirai à Angellier dès que j'aurai terminé cet article qu'on attend au mercure et j'ai écrit déjà à mr Garnett pour le remercier. La semaine prochaine je me remets à ma préface que j'ai décidément recommencée – car je veux expliquer deux choses – comment le goût de la littérature anglaise est parvenu en France 2. Les principales différences entre les 2 poésies. Cela n'a jamais été bien expliqué et n'est facile à faire. Aussi je présume que je n'aurai définitivement terminé l'anthologie qu'à la fin du mois. Et vous qu'êtes-vous devenu et pourquoi êtes-vous si « hurried » ? Merci beaucoup pour l'encre et maple.

Letter 29: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

20 Oct 1896 Brux to 25 Great College Street
[damage] Chaque fois que je vous écris il faut que je commence par dire "merci" Je ne m'en plains pas – bien au contraire mais admire votre constante obligeance et fais inutilement des vœux pour pouvoir vous être utile à mon tour. Dunque que je réponde d'abord à votre carte. Angellier je vais lui écrire ce matin – j'ai été voir hier ses deux livres sur Burns à la bibliothèque. Le travail est admirablement bien fait complet et bien écrit. J'avais trouvé [torn postcard] adresse sur son livre merci bien. Smith : oui, oui, il m'a payé quand j'étais [torn postcard] sur ce qu'il m'avait dit mais enfin très suffisamment [86] – je voulais précisemment en vous [torn postcard] pour eux – et à présent pour moi – de l'honneur d'être reçu au British vous donner les lettres de [torn postcard] –[Sé]verin et aussi d'un volume de Goffin (arnold) le fou raisonnable - chez alexandre [torn postcard] libraire à Bruxelles. Giraud. Pierrot lunaire. (Lemerre Paris) Pierrot narcisse. [Com]édie fiabesque [87] (en vers) Hors du Siècle - 2 volumes – Les dernières fêtes – tous publiés chez Lacomblez Bruxelles. Séverin – le don d'enfance. Un chant dans l'ombre Lacomblez [torn postcard] –ter leur acheter aussi le Goffin si possible. Son recueil est un des meilleurs recueils de poèmes en prose que je connaisse. Il en a vendu trois ! Je crois. Est fort malade. Et savoir que le British a pris son livre serait pour lui un petit plaisir que je serais heureux de lui procurer – j'ai fait un bon article – du moins meilleur que ceux que j'ai vu sur lui – pour le prochain mercure de France. On va le tirer à part je crois. Probablement j'y ajouterai un ou deux beaux poèmes de Morris – en traduction – et des reproductions [torn postcard] à son œuvre cela fait une amusante « plaquette ». J'ai lu la Saturday Review [88] et l'Athenaeum [89] à la Bibliothèque sans y découvrir l'article annoncé de H[erbert]P[ercy]H[orne] ce qui m'a amusé en me faisant croire qu'il était encore une fois arrivé trop tard ! mille amitiés. G.

Letter 30: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

9 Nov 1896 from Brussels monsieur Olivier Gerry, 25 Great College Street Westminster Laurence Binyon, The British Museum
Croyez-vous très cher, que je suis mort? On aurait pu le croire à mon silence, mais ce silence avait pour motif que j'ai toujours attendu jusqu'ici pour vous en faire part une réponse de ce diable d'Angellier – auquel j'ai écrit deux lettres - (en inscrivant sur l'enveloppe des deux bien nom et adresse -) et dont je n'ai reçu nulle réponse si bien que je me demande s'il n'est pas mort ! Ce serait drôle mais somme toute ennuyeux cette correspondance avec un défunt. Je suppose que dans quelques jours ou quelques semaines la poste française me renverra mes lettres mais ce qui me parait certain c'est que ce diable d'homme n'est plus à Lille et que je ne vois pas comment dénicher son adresse. Est-ce que son volume de sonnets a paru après le « Burns ? » si oui je pourrai dans ce cas écrire à l'adresse que vous m'avez donnée, mais je crois que le volume de sonnet a paru avant. Figurez-vous cher ami – j'ai honte à le dire - que je n'aurai fini mon volume qu'à la fin de ce mois ! J'ai été attardé par mon article sur Morris qui a paru dans le dernier n° du Mercure et que je vous enverrai quoiqu'il ne soit guère intéressant pour vous. Puis mes notices que je croyais pouvoir faire avec rapidité me prennent un jour chacune – et quelques fois comme pour celle

sur Blake deux à trois jours. Elle est très bien faite celle-là. J'ai bien résumé vos postcards sur lui après avoir réfléchi à tous les livres de macmillan [90] que je recommande dans mon volume je lui ai écrit aujourd'hui pour lui demander s'il ne jugerait pas opportun de m'envoyer les 4 volumes d'Humphrey Ward [91]  ? et d'après ces explications que je lui ai données je crois bien qu'il les enverra et pourrai alors vous renvoyer le vôtre que j'ai gardé si longtemps. J'ai revu aujourd'hui un volume qui me parait très bien fait – par un poète florentin – Domenico Tumiati [92] . J'ai cru vous faire plaisir à tous deux en lui disant de vous envoyer ce volume intéressant et poétiquement fait – et en lui promettant que vous en parlerez ou en feriez parler dans le Saturday Review. Donc si vous ne faites pas les livres artistiques pour le Saturday parcourez le volume quand vous le recevrez - puis passez le – en le recommandant s'il vous plait – au rédacteur de la Saturday Review –et si possible quand le nôtre aura paru – envoyez le à Domenico Tumiati-Ferrara. Je m'aperçois que j'ai oublié de vous dire que le volume a pour sujet notre cher ami « Fra Angelico » J'ai lu hier des proses (en traduction) de Lamb – The South Sea House et Oxford pendant les vacances, c'est exquis. Je vais dès que je sortirai acheter le tauchnitz [93] qui lui est consacré pour pouvoir le lire en anglais et lui faire une « belle » notice. Et vous mon cher ami qu'êtes-vous devenu. J'espère que vous en aurez ainsi pour deux cartes à me le dire et vous envoie mille amitiés. O.G.D Ne pourrons nous voir à Bruges à Xmas ?

Letter 31: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

14 Nov 1896 from Brussels 25 Great College Street
Très cher ami. J'ai écrit à l'auteur de « Fra A. » de l'envoyer à Horne s'il ne vous l'avait déjà envoyé. S'il vous l'envoie, voulez-vous donc changer l'adresse et l'envoyer à Horne c/o m. Cantagalli 1 via Michele di Lando. F/T ? Un de mes amis de Paris que j'avais prié de passer chez l'éditeur Chailley me répond que cet éditeur ne connait pas d'autre adresse que Angellier – fouillé des adresses à Lille – celle à laquelle j'avais écrit deux fois – mon ami me dit qu'il lui semble avoir vu ce Angellier chez Heredia [94] – et que en dehors de tout le talent qu'il a certainement – c'est un petit homme rougissant et timide qui ne lui semble – à première vue – ne devoir avoir aucune influence sur un éditeur comme Hachette. Et maintenant écoutez – si j'écrivais à Garnett une lettre à la fois claire et détaillée expliquant bien le contenu du volume (à Garnett ou à Colvin) croyez-vous que l'un des deux ne pourrait me recommander à Hachette. Je crois aussi comme mon ami de Paris que la recommandation d'un directeur du British aurait plus d'influence que celle d'Angellier – à supposer qu'il finisse par répondre ce qui me paraît d'ailleurs improbable. Conseillez moi je vous prie sur ce que vous croyez qu'il vaut mieux faire. Si Garnett s'étonne de ce qu'Angellier n'ait pas répondu dites-lui que je suis bien plus étonné encore que lui – car j'avais naturellement écrit une lettre spécialement aimable pour Ang. et j'avais lu ses deux volumes de Burns pour la faire plus flatteuse pour lui. Si vous croyez que ce n'est p[as possible] dites-le sans vous gêner parce que je commence à croire que la meilleure chose à faire sera de prendre un train et d'aller à la fin de ce mois m'expliquer moi-même avec Hachette. Amitiés O.G.D.

Letter 32: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Nov 18 1896 lon rue Van Elewyck
Dearest Georges - It is very odd about Angellier. Colvin tells me he is both friendly and energetic and not the sort of man not to answer letters. Your Paris friend must have been mistaken. I have seen Angellier myself and he is dark, big and calm – rather powerful looking. However, if you don't hear from him, Garnett will be glad to give you a letter to a M. Beljame [95] , professor of English at Paris, who has published a transl[ation] of Alastor [96] , and one of Enoch Arden [97] , and a book on Dryden, besides others at Hachette's. He reads often at the B[ritish] M[useum] I don't think Garnett or Colvin know Hachette. Beljame's Alastor seems good; he certainly knows English literature well. I am just beginning to do wood-cuts, it is very amusing. I hope to send you my Praise of Life next week. Remember me to your household. Yrs L. Tumiati has come. I will write to HPH

Letter 33: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

20 Nov 1896 Ixelles to 25 Great College Street
Et [illegible]reinvexit Angellier docteur subtil de l'université de Lille. A mon grand étonnement j'ai reçu de lui ce matin une lettre très aimable dans laquelle il s'excuse d'avoir tant tardé ses parents étant malades – et dans laquelle aussi il m'offre de me recommander chez Colin [98] qui lui semble meilleur que Hachette. Il me prie de lui envoyer mon cahier de Keats que je lui avais offert pour lui permettre de juger de mes traductions. Je lui enverrai demain tout en lui proposant d'aller le voir dimanche pour lui montrer le travail entier. J'espère que cela marchera mais n'ose plus parler de la fin de mes notices qui me prennent chacune deux ou trois jours. Et j'en ai encore 12 à faire ! voulez-vous remercier de ma part Mr Garnett pour son aimable proposition d'introduction auprès de Beljame Angellier est meilleur assurément J'écrirai à Garnett pour le remercier moi-même dès qu'il y aura quelque chose d'arrangé – Votre Praise of L[ife] sera la bienvenue. Je vous envie et vous prie de m'excuser si je n'écris pas plus longtemps aujourd'hui étant terriblement oppressé par le poids de toutes ces notices qui me restent à faire. Amitiés et à la semaine prochaine. O.G.D

Letter 34: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Dec 9 1896 Lon rue Van Elewyck
Dearest George. Forgive my delay. I am working like a slave just now. The next volume of the Dictionary of National Biography will contain Rossetti. Can you wait till it appears? If not I will hunt up notices in the papers of the time of her death. As to Swinburne, I don't think I can get any new facts, as there has been nothing published. You know he went over to Florence in 1864 to visit Landor; that he lived for a short time with Rossetti & Meredith [99] ; that for a long time now he has lived with Theodore watts [100] at Putney, Watts takes care of him. He has a marvellous memory and has been known to recite a whole trilogy of Eschylus in the Greek. I hope to send you a woodcut very soon; I am improving. Any news of Angellier and publishers? A happy Xmas to you, I would that we were spending it together!

Letter 35: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Dec 9 ? 1896 Bruxelles à 25 Great College Street
Cher Laurence. Merci bien pour votre carte. Les arrangements seraient parfaits pour l'Italie et j'espère que nous pourrons faire ensemble notre tour de Toscane. – Angellier est mort de nouveau, mais je suppose que je vais un de ces jours recevoir une invitation à aller passer un dimanche à Lille. D'ailleurs je ne m'en préoccupe pas trop parce qu'il faut avant tout finir mes notices et ma préface et j'en ai pour jusque le 31 Dec. Vous seriez vraiment très gentil et bien patient aussi, car combien de renseignements ne vous ai-je pas demandé ! Si vous pouviez me donner quelques renseignements supplémentaires sur Christina Rossetti et sur Swinburne. Une postcard pour chacun ce serait parfait. Mais vous avez le temps de les prendre à votre aise car ce sont les deux derniers poètes que je ferai et je n'aurai pas besoin de ces renseignements avant huit ou dix jours. J'ai la liste des œuvres de Swinburne dans ces volumes, mais ce qui serait intéressant ce serait d'avoir quelques détails sur sa vie. Je serais très curieux de voir vos « woodcuts » [101] car c'est le seul genre de gravure que j'estime. Amitiés et mille pardons de vous déranger encore pour cette anthologie. PS Je ne crois pas qu'aucun éditeur ne puisse consentir à publier le texte anglais eu regard. Mais j'ai réfléchi que ce que je pouvais faire c'était de donner en note l'original d'un ou deux courts poèmes de chaque poète pour donner une idée de son vers.

Letter 36: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Bonsoir très cher Laurence. Je viens de lire votre nouveau cahier de vers et vous remercie bien vivement de l'honneur que vous voulez bien me faire en me dédiant d'aussi beaux vers. – Je devrais tout d'abord m'excuser de n'avoir pas répondu plus tôt mais j'ai voulu attendre pour lire une heure où je serai bien tranquille et je ne l'ai eue que ce soir. Je ne sais pas comment je n'ai pas mieux lu votre premier poème le jour où vous étiez assis à cette table en train de corriger vos épreuves. Il est magnifique votre Montenegro, et ce soir il m'a donné l'éblouissante impression d'un beau Turner ou d'une de ces aquarelles aux couleurs prestigieuses de Gustave Moreau. Cattaro [102] roofs and Cattaro quay grow faint and delicate : ships that ride on the dense blue slumbering sea dwindle : on either side from mirroring gulfs the mountain bare are mapped to the heaven, strange as a dream, the Adriatic afar trembles, a molten gleam. Je ne sais pas si c'est la plus belle pièce du volume, mais c'est celle qui m'a donné la plus belle impression picturale – en même temps que m'enchantait le rythme des vers que je transcris. Plus jolie encore comme rythme est la simile – down in a shaded garden – celle que je préfère dans le recueil. Combien vous avez de la chance d'écrire naturellement ainsi ! Je relisais ces jours-ci le merveilleux René de Chateaubriand qui est bien l'homme qui a écrit les plus belles phrases qu'on ait faites en prose – et dans une note qui m'a frappé ( - parce qu'en reprenant ce volume j'espérais y trouver une impression aussi belle qu'en lisant vos vers - ) il confesse lui-même que « le poète quoi qu'on en dise est toujours l'homme par excellence, et des volumes entiers de prose descriptive ne valent pas cinquante beaux vers d'Homère, de Virgile ou de Racine. » Heureusement il vit encore après un siècle et sa mémoire glorieuse ne semble pas près de se perdre parmi les hommes, ce qui est un peu consolant pour d'orgueilleux prosateurs comme votre ami O.G.D. J'ai revu avec grand plaisir la claire et vivace impression qu'a laissée dans vos vers notre excursion dans les campagnes fleuries sous le grand ciel de Weybridge. J'ai beaucoup admiré votre « chêne » très évocateur et impressionnant – très beau aussi les quelques vers qui précèdent Pale are the words etc. [103] Si je pouvais vous fourrer dans mon anthologie j'aurais de quoi vous faire dès à présent une place bien personnelle : mais mieux vaut attendre encore et vous consacrer un long article quand vous aurez complété les deux ou trois cahiers qu'il vous faut encore pour composer un important volume. Et l'anthologie ! Hélas, hélas, quel horrible poids sur mes épaules, never more, never more will I undertake anything so stupid as these notices. Anybody can do them and I can't. J'en ai été de plus distrait toute une semaine par un grand "pot boiler" que je prépare et qui serait la réédition de mon Portfolio sur la Sculpture par le Gouvernement, les sculpteurs Belges vont le demander en leur nom et si cela se fait, j'aurai de quoi aller passer quelques mois en Italie en avril-mai et commencement de Juin. Mais rien ne sera décidé je pense avant Xmas et jusque-là je vais me remettre à mes horripilantes notices et à ma préface. Hang them ! Après Xmas j'aurai trois mois pleins pour travailler à mes Rois Mages et j'ai depuis si longtemps envie de m'y mettre que j'espère qu'ils marcheront bien. Et vous, très cher ami ou en est votre intéressant pot boiler sur Crome. J'espère qu'il avance – et que n'ayant pas pu aller cette année ou l'an prochain faire notre expédition en Grèce – nous pourrons nous arranger ou pour aller ensemble à Florence du moins pour nous y retrouver – depuis qu'il fait froid je ne pense plus à autre chose qu'à la douce ville du Dante – le Campanile, le Ziomo ? les Carcine [104] , San Miniato, tout cela se dresse devant moi chaque jour. J'entends les cris des rues, le suave parler italien il faut que je me cramponne à ma table pour ne pas m'élancer de suite. Mais patience – pazienza – comme on dit à Florence – dans quatre mois, s'il plait à Dieu, nous parcourrons bras dessus, bras dessous les rues étroites et dallées et le soleil splendide et réconfortant luira de nouveau sur nos têtes dans la cité de Florence ! En attendant mille fois merci encore pour votre « Louange de la Vie » et écrivez moi une petite carte pour me dire si nos projets – et les mois – concordent pour l'hiver. O.G.D. PS Ou en est le très cher Mayer – faites lui mes amitiés – et convoquez le lui aussi pour avril ou mai chez Mellini!!!

Letter 37: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

11 Jan 1897 Brux to Great College Street
Cher Laurence. J'ai pensé brusquement hier soir que je ne vous avais pas encore remercié pour l'intéressant n° du Saturday Review envoyé, très intéressant pour le Rossetti qu'il contient et l'article de Horne sur Morris. Je vous ai été bien reconnaissant en le recevant et tardivement à cause des dérangements stupides qu'occasionne le nouvel an et le Noël je vous en remercie bien vivement. Je me suis ressouvenu en même temps que j'avais toujours oublié de vous envoyer l'étrange roman de Barbey dont je vous avais parlé et j'ai donné ordre à mon libraire de vous l'envoyer, mais cela prendra quelques jours parce qu'il doit le faire venir de Paris – And if you are still busy when you get it don't read it then et gardez le en attendant une vacance. Il n'y a aucune actualité dans ce livre, et si je vous l'envoie c'est pour que vous le conserviez jusqu'au jour où vous repenserez au Wuthering Heights d'Emily. Et ce jour-là si vous avez le temps lisez l'Ensorcelée il y a une curieuse analogie entre les deux cerveaux. Depuis le 1er mon anthologie étant presque finie, je me suis remis à mon poème des mages cela avance fort lentement mais enfin je suis fort heureux d'y travailler. J'ai écrit de nouveau à Angellier il y a une dizaine de jours pour lui demander de m'envoyer une lettre d'introduction pour Hachette et de nouveau il ne répond pas. J'attendrai encore jusqu'à la fin de cette semaine puis écrirai directement à Hachette. Et vous ? Et votre grand poème avec les « nuages déchevelés » ou en est-il ? Horne says his mother is writing again on Botticini !!

Letter 38: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

20 Jan 1897 Norwich rue Van Elewyck
Maids Head? Hotel Norwich 19 jan My dear Georges, I am at Norwich, which reminds me of Bruges, and Bruges of you. Next time you are in England, we will come here for a day or two and stay in this charming inn, centuries old. Norwich is the capital of the Norfolk Lakes (called Broads) and the country is all winding streams; the town large, with fine old churches, cathedral, castles, etc. and above all contains the most wonderful pictures by Crome [105] and Cotman [106] , (of the Norwich school) which I have been studying, in private collections, from morning till night since Saturday morning, for my Portfolio. I return to morrow, and I must work for a month or more very hard at this. Then I shall devote the summer to poetry, and I shall rewrite entirely my long poem – already written once. I hope Les Rois Mages proceed well and that their camels have not fallen on the snow. – Will you send me the passages from Landor that we found difficult? I will ask Colvin about them. Write again soon. Yours, L.

Letter 39: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

22 janv 1897 Charleroi to 25 Great College Street
Très bien très bien très bien. Cela me fait grand plaisir très cher Laurence que vous allez vous emprisonner à votre tour pendant un mois dans une sorte « d'anthologie » des peintres de Norwich [107] Au bout du mois vous sympathiserez alors complètement avec le malheur qui m'a accablé d'avoir pris sur mes épaules ce rocher de Sisyphe. Votre postcard sur Norwich est charmante et si je vais cet été en Angleterre il faut comme vous le dites que nous y allions ensemble – mon anthologie finie ? – non, non. Le 31 janvier peut être en serais-je débarrassé - Les chameaux ne sont pas tombés sur la neige mais il y a un des Rois qui s'est mis à parler avec une telle loyauté qu'il n'y a pas moyen de l'arrêter – il parle la nuit dans les montagnes. – et chaque jour je suis obligé de faire remettre du bois sur le feu pour les gens qui l'écoutent. S'il continue il brulera tous les sapins des montagnes, mais je n'ai pas plus d'influence sur lui que Mr Speaker sur un membre de la Chambre des Communes et je suis résigné à le laisser aller. Angellier is a pig. Il n'a jamais plus répondu à mes lettres et j'ai écrit maintenant à mon ami Primoli [108] dont j'attends la réponse. Très probablement à la fin de ce mois le gouvernement me donnera la commande du livre sur les sculpteurs. Cela retardera les Rois Mages. – et nous serons ainsi tous les deux occupés à employer l'été à notre « grand poème » amitiés G.

Letter 40: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Jan 28 1897 Lon rue Van Elewyck
Best thanks, my dear Georges, for your charming present, which I look forward to reading in a week or two. – But listen, I have something to propose. I have had a little unexpected work, which has brought me a few pounds; and I want to give myself a present. And can think of nothing I should like as much as a day or two of your company. Now, if I come to Belgium, the days are taken off my vacation. But you have no prison bars. So will you be awfully good and come to me? I let my little present to myself be a Cook's ticket from Brussels to London and back, which will bring me the pleasure of your presence. You will see not only me but two most important exhibitions: the works of Watts at the New Gallery a superb show) & Madox Brown [109] 's at Grafton Street [110] . You must not lose the opportunity and as one of the madox Browns has been accepted by the Louvre, you could write an article for one of the French papers, taking that for text. I will not hear of any refusal, and I shan't forgive you if you don't come. I will get you a bed near – you can use my room – we will dine aux Gourmets – the expense will be nothing at all for either of us. I am engaged feb 9 & 10, but before or after then choose your day and stay a week if you will. Come, come, come! Write a card to tell me the day, and I will send a ticket. It will be so nice to talk! My portfolio will soon be done. We can arrange about Italy. You are coming, Dunque, don't forget.

Letter 41: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Très cher Laurence, si je ne puis aller à Londres, votre charmante invitation reçue ce matin a réalisé au moins une partie de son but qui était de me causer un grand plaisir. Depuis plusieurs jours – toujours victime de l'anthologie, je trouvais le temps bien long qui me sépare encore du séjour à Florence, et je me plaignais justement hier soir à Goffin d'être dans un mauvais mois qui n'apportait ni travail réconfortant ni nouvelles amusantes, ni rien qui put rompre la monotonie de mes biographies et de mes notices critiques - or ce matin arrive votre carte, et ce charmant témoignage d'amitié me remplit de joie pour plusieurs jours. Et si je n'accepte pas de suite les bien désirables et enviables propositions que vous me faites - ce n'est bien sûr pas par scrupule de partager avec vous votre richesse présente – car nous sommes assez bons amis pour que je trouve très amusant que vous m'envoyez un Cooks' ticket et que je trouve plus amusant encore de m'en servir pour aller vous rejoindre – mais il y a d'autres obstacles – l'anthologie que je dois finir - le pot boiler sur la sculpture Belge que je dois arranger pendant Février – et surtout - surtout la crainte que j'ai de prendre froid en passant de Douvres à Ostende – vous savez que j'ai eu deux bronchites déjà – la première en allant entendre Tristan et Yseult à Rotterdam – la seconde en allant voir l'exposition Burne Jones à Londres – jouissances artistiques qui ont été suivies d'un séjour d'un mois au lit – et toute une année de soins ridicules et assommants – dans les deux cas ce n'était pas bien sûr, le plaisir d'entendre et de voir de belles choses qui m'a donné ma bronchite, mais c'était un léger refroidissement du larynx que j'avais en partant et que mon voyage a de suite fait considérablement. J'ai le même refroidissement maintenant et le docteur me dit que cela n'est rien et qu'au contraire je vais de mieux en mieux. Si je me soigne jusqu'en mars je serai débarrassé pour longtemps et peut être pour toujours des bronchites, laryngites, et autres maux stupides qui m'ont presque constamment ennuyé ces deux ou trois dernières années. Dunque, je vous demande bien pardon, de vous avoir conté tout aussi long le détail de mes bobos, et j'espère que vous me pardonnerez de ne pas aller à Londres maintenant – et qu'après le petit moment d'ennui que cause la déception d'une chose prévue – vous trouverez que j'ai raison. 28 jours de février et 30 jours de Mars à passer encore et nous serons ensemble à Florence et – speriamolo [111] – il n'y aura plus d'anthologie, ni pot boiler ni travail ennuyeux à l'horizon et nous pourrons causer et penser chacun au poème que nous devons faire cet été en rentrant. Ce n'est pas le désir qui me manque d'aller vous voir et causer avec vous et de retourner à Londres. Depuis quelques semaines j'ai un vif désir d'y retourner, et si j'ai encore quelques sous à mon retour d'Italie j'irai passer avec vous une quinzaine au printemps. – la première fois que je suis allé en Angleterre j'avais 18 ans, j'ai fait à Caterham la connaissance de jeunes filles que j'ai revues plus tard à Hastings puis que j'ai perdu de vue pendant 5 ou 6 ans parce que j'ignorais leur adresse exacte à Croydon et que je ne voulais pas écrire au hasard. Cette année à la New Year j'ai écrit à ces jeunes filles en mettant comme simple adresse - Croydon, Surrey, et les gens du post office ont été si malins qu'ils ont fait parvenir ma lettre à une de ces jeune fille [sic] qui est mariée – a donc changé de nom ( a very nice name she has now – Rose Noble – it reminded me of this enseigne I have seen at Ypres - à la noble rose – the nicest enseigne I have seen for an old auberge) et vit maintenant à Torquay ou elle m'a fait promettre d'aller la voir. Et Torquay est dans votre cher Devonshire « fairer even than Tuscany ! » donc il faut absolument que j'y aille un jour ou l'autre et j'espère que ce sera ce printemps avec vous. Je voudrais bien revoir aussi les tableaux du cher Madox Brown. Je les ai vus jadis à Birmingham – et si vous ne les avez pas vus encore, il faut aller voir le Roméo et Juliet, car dans mon souvenir c'est aussi beau que la scène de Shakespeare – l'aurore apparaissant et nimbant le visage de Juliette et la passion qu'il y a dans son attitude me transportent encore d'enthousiasme chaque fois que j'y pense. Et voulez- vous cher ami, que je participe à vos richesses ? Vous m'y feriez participer en me faisant le plus grand plaisir en m'envoyant les portraits de Keats et de Shelley dont vous m'aviez parlé un jour dans votre lettre – s'ils sont très bon marché – comme vous me le disiez, envoyez moi l'un des deux en double – pour que quand j'aurai trouvé un éditeur (quando ? quando ? [112] ) je puisse lui envoyer un de ces portraits – et un autre jour, s'il vous reste encore des sous ce jour là, vous me ferez grand plaisir en m'envoyant une édition (cheap edition) des essais d'Elia – car je n'ai pu trouver ici que les contes d'après Shakespeare – et si vous m'envoyez les Essais vous compléterez ainsi la charmante bibliothèque des poètes anglais que je vous dois en grande partie. The more I see Shelley – the more I like him and his face. I will give the portrait in the Book of Buxton Forman [113] – to my sister in law, pour lui faire faire le même portrait mais en plus beau et en plus grand et pour le mettre sur ma table. Et quand j'irai en Angleterre il faut que j'aille tout de suite à la national portrait Gallery, pour le voir et – lui parler. Si vous voyez Jackson dites lui qu'il ne m'a jamais envoyé de photographie de son Rossetti. Voilà cher Laurence – s'il ne m'a pas été donné de vous voir en chair et en os, je vous ai vu et j'ai causé en imagination avec vous pendant tout le temps que j'ai écrit cette lettre - ne lisez pas le Barbey avant un moment ou vous n'avez rien de mieux à faire – écrivez moi une postcard pour me dire que vous ne m'en voulez pas - Abbia pazienza [114] – comme on dit à Florence et continuons pour quelques temps encore à correspondre par « postcards » Georges.

Letter 42: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Jan 30 1897 lon rue Van Elewyck
You write such a charming letter, my dear Georges, that I must needs forgive your refusal to come. I am sorry about the bronchitis: this weather would certainly be dangerous. It would be delightful if you went to Torquay, then you might go on with me for a few days to Tintagel (not far off) as we wanted to do. I got the last Essays of Elia for you a week ago, and I send it now. I will send the other essays- and the portraits soon. – You don't forget that I am promised to a friend of mine - Streatfield [115] – for a week which we are to spend in North Italy. We have taken a sudden idea of walking over the Alps from the Tyrol, by the Dolomites, into Venetia. Couldn't you come too? It would be just the place for your Rois Mages. We shall start about Easter. May I bring Streatfield over to Bruges some Sunday in March and meet you there? I think you would like him. Then we could have a talk. If you prefer Tuscany, let us walk there.

Letter 43: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

2 Fev 1897 Ixelles to Great College Street
Lorenzo. Vi ringrazio molto per tu bellissima copia dei Essays del Lamb, per la leggiadra edizione di Dent & per la sua perfetta incisione in legno [116] . Elle est vraiment très bien cette gravure. Je n'aime pas le dernier de Strange [117] . Mais vous avez très bien attrapé la vigueur et la sobriété des vieux graveurs sur bois. Je n'ai pas le temps de lire lamb maintenant mais je suis enchanté de l'avoir tout près de moi et à ma disposition et enchanté de l'édition et du portrait – qui m'a à la fois ravi et étonné parce qu'en lisant Lamb je me figurais toujours Image racontant une histoire ! et entre Image et Lamb il y a pour le moins une différence de chevelure ! N'envoyez pas d'autre édition de Lamb, celle-ci est charmante et me suffit bien. Je lirai avec soin les sonnets du cher Ph[ilip] Sydney  [sic] indiqués par le Signet. Si je n'ai pas le temps pour le moment c'est qu'il me faut à tout prix finir mes notices ma préface et tout revoir soigneusement pour le 15 date à laquelle je dois envoyer mon manuscrit chez Hachette. Le très cher comte Primoli auquel j'avais écrit ma détresse a écrit de suite à Paris et j'ai reçu dimanche une lettre du directeur de la maison Hachette m'informant qu'il prendrait volontiers connaissance de l'anthologie – Le Tyrol non non c'est tout des allemands par là mais j'irai volontiers avec Streatfield puisqu'il est votre ami en Toscane et je vous attends tous deux à Bruges le mois prochain. Amitiés G. Et mille remerciements encore.

Letter 44: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
When we will have no more money you must tell – we will sell – or wash as we say – THEM ALL – my English poets – les deux petits livres de Lamb brillent comme des joyaux entre les dos sévères et dignes de ses contemporains et amis – et somme toute après avoir protesté qu'il ne fallait pas me l'envoyer, il me serait bien impossible de ne pas dire à présent que vous avez excellemment agi car j'ai été on ne peut plus heureux de les revoir tous ces exquis bavardages de Lamb – qui lus dans une aussi exquise édition, et avec trois de ses portraits sous les yeux – équivalent presque à une soirée passée avec lui. J'ai retrouvé celui qui m'avait tant amusé – le premier que j'avais lu – old an new Schoolmaster  – la conversation dans le « bus » de Bishopsgate ! As we were the sole passengers he naturally enough adressed [sic] his conversation to me ! and we discussed the merit of the fare, the civility and punctuality of the driver : the circumstance of an opposition coach having been lately set up – with the probability of its success – (etc.) – when he suddenly alarmed me by a startling question, whether I had seen the show of prize cattle that morning in Smithfield!! C'était cette série de "copies" et le dernier surtout qui m'avait ravi – alors que je ne connaissais pas Lamb, en me figurant Image remplissant le rôle d'interlocuteur du schoolmaster ! Et maintenant que je l'ai vu – (C. Lamb ag. 53) – tous ces contes m'amusent plus encore alors que je me rappelle ses yeux pétillants de malice et la douceur indulgente de ses fines lèvres souriantes. – le portrait d'Hazlitt [118] est amusant et beau dans son genre – comme un Antonio Moro [119] – mais « notre » Lamb c'est celui des derniers Essais – C. Lamb ag. 53. Quand à Keats il est me semble-t-il parfait sur ce portrait – c'est bien l'homme de ses vers – rêveur et passionné - et je suis enchanté de l'avoir. Et maintenant cher Laurence – en vous remerciant de tout cœur – pour les charmantes interruptions de travail que me valent ces envois – je vous dis à bientôt – parce qu'il est onze heures - et que je dois essayer d'achever ce soir ma notice – sur le très cher Tennyson – qui m'a bien enthousiasmé, ces jours-ci que j'ai relu Garetz? – Enide  [120] – et Elaine [121] – mais qui pèse sur mes épaules – maintenant que je dois transformer mon enthousiasme en une fiche et « complète » et « précise » notice. Merci encore de tout cœur et le mois prochain à Bruges n'est ce pas ?

Letter 45: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

8 Fev 97 Ixelles to Great College Street
Samuel taylor. C[oleridge] ! J'ai été bien heureux de le voir avec ces yeux malins et l'indolence sensuelle de sa bouche. – et je trouve que somme toute d'après ce portrait il n'avait pas tant à se plaindre de sa personne. Quand à Keats – c'est plutôt une déception – on le voit si peu et on voit tant cette horrible chaise à laquelle il s'accoude. J'ai vu jadis un bien meilleur portrait dans une collection de Mr Boyer [122] il faut dire à Cust [123] qu'il l'achète pour le nat[ional] Gallery – ce ne doit pas m'empêcher de vous remercier bien vivement parce que je suis tout de même très content de l'avoir vu – et de savoir ce qu'était ce portrait de Severin que je désirais tant voir. Hier j'ai lu un peu de Lamb l'après-midi – captain Jackson – et amicus redivivus! Combien c'est amusant –je l'ai emporté hier soir chez mon cher Paul Tiberghien [124] pour lui faire admirer le fin et doux sourire de la bouche – et des yeux – du très cher Elia et je leur ai lu le captain Jackson à P Tiberghien et à Goffin qui s'en sont bien amusés. Il n'y a que Banville [125] – dans - mes souvenirs qui ai fait un livre de prose aussi délicieusement charmant et spirituel – et naturellement avec la différence de l'esprit à l'humour. Pourriez-vous m'indiquer les noms des poètes que Walker a photographiés ? Je joindrai les 2 photographies au manuscrit que j'enverrai bientôt à Hachette.

Letter 46: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Feb 10 1897 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, there is another Keats in the Gallery, but they have no copy of it at present. They will have it in a day or two; and I will send it then, with a portrait of Lamb (painted by Hazlitt the critic) and one of Byron in an Albanian dress. Walker has also done Landor, Wordsworth, Scott : and Hollyer has done the Watts portrait of Rossetti, Browning, Tennyson and M. Arnold which are in the gallery; and I dare say you could arrange to have these. – I am so glad you like Lamb. I think he has more charm than any English writer. What would one give to have known him! – You are right. No Tyrol. I shall look forward to Bruges. When do you start for Italy? – Cantagalli was here last week. I suppose he is at Brussels now. What a pity there is only that one portrait of Shelley: and that is not in the gallery.

Letter 47: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

11 Mar 1897 Ixelles to Great College Street
Cher Laurence. Merci bien pour votre gentille carte. Je suis de ceux « who make the best of things » je ne perds pas courage facilement – ou si je le perds facilement – pour quelques heures – je le reprends – et je le conserverai je crois – dans n'importe quelle situation – tant qu'il me sera permis d'entendre et de voir – car pour tout poète- et même pour tout homme les sens sont des trésors de jouissances aussi durables que leur vie – Oui – venez à Bruges le 21 ou le 28 – pour moi le jour est indifférent – venez le 28 si vous aimez mieux – mais venez – nous saurons alors exactement quels sont nos projets et ce que nous pouvons y changer de commun accord – nous l'y changerons mieux là - qu'en des nuages de correspondance. Et nous nous verrons, et causerons tout un jour depuis longtemps attendu dans la vieille ville. Is my portrait a woodcut – it looks like a lithograph and I think much better than the first print you have done. I think that you are improving very much. Avez-vous lu tous les beaux interviews du roi Georgos Je l'aime beaucoup et j'espère bien que notre ami Ionides et tous les Keepers du British l'encouragent autant qu'ils le peuvent. Ionid : devrait prêter un bateau de volontaires et nous conduire en Grèce - on pourrait prendre Image à bord comme chapelain – et nous serions chargés d'écrire l'épopée. I am looking again at my portrait – I like it – and thank you very much for it. But don't forget will you, to send me the address of Walker. Do you think that mayer is still able to speak properly any language after having travelled for prints in so many countries?

Letter 48: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Mar 17 1897 Lon rue Van Elewyck
Emery Walker's address is 16, Clifford's Inn, Fleet Street E.C. Forgive me for forgetting it. If you are going to Italy about the 15th, we might travel from Basle to Milan together, n'est ce pas? Expect me at Bruges on the 27th at midnight. What is the name of the inn we shall go to? I hope it won't be as stormy then as now. I am working heard [sic] at my long poem. Yours L. Image is sending some things to the Brussels Exhibit.

Letter 49: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

22 Mar 1897 Ixelles to Great College Street
Changement à vue dans mes projets ! et je voudrais pouvoir dire dans nos projets. Je n'ai pas d'argent pour aller en Italie et je ne puis guère même si j'en empruntais partir d'ici avant le 20 Avril. A mon avis il sera trop tard pour aller cette année à Florence. Les Cantagalli sont en deuil pour le père de madame qui est mort tout récemment. Et surtout – le printemps – apparu hier, s'avance tellement rapide et magnifique que vraiment je n'ai nulle envie d'aller vers le sud en ce moment. Il y a longtemps que je n'avais plus vu le printemps ici. Et l'ombre verdissante des taillis, en bourgeons qui s'entrouvrent au bout des branches, les marguerites qui naissent en foule dans le gazon, le ciel qui s'adoucit et dans sa douceur

rappelle tous les printemps passés, tout m'invite à rester dans le nord et à y voir s'épanouir le printemps dans sa délicieuse fraîcheur. Seulement d'autre part j'ai comme vous besoin de faire la ville – et me rappelant que nous avions projeté d'aller au Devonshire, je me demandais si ne pourrions pas y aller passer ensemble nos vacances. Qu'en dites-vous ? Peut-être aimez-vous mieux aller à Florence – si vous pouvez faire les deux, allez d'abord seul à florence, et gardez quelques jours pour les passer avec moi à Caerleon, à Tintagel et over Lyonesse. Dans tous les cas, nous allons discuter de cela samedi soir et dimanche à Bruges or ces temps-ci Bruges sera splendide. Ne pourriez rester jusqu'à lundi soir ? Dans tous les cas sauf contre ordre, je vous attendrai samedi soir à 12h45m à Bruges. Je serai à l'intérieur de la station sur la platform à l'arrivée de votre train, et avant que vous n'arriviez j'aurai été retenir nos chambres à l'hôtel de Panier d'Or Grand Place. Ecrivez une postcard pour dire que c'est bien convenu.

Letter 50: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Mar 31 1897 lon rue Van Elewyck Tuesday.
Pas de tempête [126] ! I was very comfortable. It was a bright morning, and London still asleep, looked strangely clean and beautiful when I arrived. – I thought to have a fine night sleep last night, but was waked at one, to find a fire raging two doors off. I seized my poems and ran into the street. Happily, the fire didn't spread. Well, I am very glad to have seen you and to have had two such pleasant days with you; and it is good to think you will come to Cornwall. I hope you got to Brussels all right. Ever yours LB.

Letter 51: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

May 9 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I returned on Monday. We had a delicious time, and I wish you had been with us. I thank you for your card. I'm glad you liked Streatfield: he was a very pleasant companion in Italy. Squire [127] is very nice really, though he does not always appear so at first sight. He and Horne are very good friends. I look forward very much to seeing you. I can take my holiday pretty much when I like, but should like best the end of June and early July. You might stay on in London after going to Cornwall. Please remember that you will be my guest from the moment we start for the West, and before we take our tickets. George Allen, the publisher, will I think give you a commission to write a sort of Guide Book to the old towns of Flanders if you will draw up a scheme for such a book. I suggested Arthurian Topography but they did not like that. Let me know what you think. Come to England in June or as soon as you can.

Letter 52: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

9 May 1897 Ixelles to Great College Street
Votre postcard dans [La Lykeion [?] Lacédémonienne] me réservait 2 bonnes nouvelles. La confirmation de notre expédition en Cornouailles (« ou Mark est roi [128]  ») et la très agréable perspective d'un amusant livre à écrire sur les vieilles villes des Flandres. D'après ce que vous m'en dites je crois que la meilleure chose à faire est de préparer un petit projet, avec l'exposé des chapitres, et de vous l'envoyer quand il sera fait. Je vais m'en occuper et quand ce sera prêt je vous l'enverrai. Si vous trouvez le projet convenable et de nature à plaire à votre ami, vous lui soumettrez ma lettre – sinon vous y ferez les observations que vous croyez utiles pour le faire accepter – et après en avoir tenu compte je vous enverrai le projet revu et corrigé. Squire est très aimable et intéressant c'est vrai – mais je ne puis m'empêcher de le considérer comme un dangereux lunatique – parce que dans notre causerie il a dit et répété que Florence était « a horrid place » ! Je ne l'ai pas encore avalé ! Je n'ai pas encore de nouvelles de l'anthologie mais j'ai bien des choses à vous dire – mais bientôt nous pourrons causer et cela vaudra mieux. Une revue d'ici va consacrer un n° spécial à mes poèmes sur les Saints et les Saintes et cela va me donner de l'ouvrage jusqu'à la fin du mois [129] . Alors tout irait bien ! Au mercure j'espère qu'ils le prendront. Amitiés à Streatfield et même à Sq[uire] et merci pour votre postcard. G.

Letter 53: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

May 15 1897 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, yes that will do excellently: prepare your scheme, and I will show it to my friend Weekes [130] who shall make all smooth with the firm. I will expect you then late in June, and could get a bedroom for you in London while you are here, or in the country near if you prefer. You must stay on a little after we come from the West. I cannot part from Cornwall and from you all at once. There are fine Rossettis at the Guildhall this summer, and other things for you to see. Shall you go to Torquay? Couldn't you get an order from a Paris publisher to write something on English Art – say the early water colours which are fine and which I could tell you all about? They seem interested in English Art at Paris. They have some wonderful Gainsboroughs, Reynolds, etc. on exhibition at the Beaux Arts this month. There is a cold and withering wind here and I cannot write any poetry. Bring warm weather when you come! Yours L.

Letter 54: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Très cher Laurence. Merci bien pour la bien aimable postcard reçue ce matin. J'ai pensé au livre qu'on pourrait faire pour George Allen – et en considérant le sujet il m'a paru qu'il y avait là matière à faire deux livres bien différents – l'un – un guide de l'artiste aux vieilles villes des Flandres- un livre bon marché à 2/G ou 3/G au plus avec 25 reproductions photographiques de tableaux et de monuments – et 200 pages environ de texte. L'autre – un volume luxueusement édité sur Bruges avec des reproductions de tout ce qui se trouve d'intéressant à Bruges – les Memling, Van Eyck [131] et Gérard David [132] en planches hors textes - et en reproductions dans le texte les églises et monuments – (avec une exception pour les halles et le beffroi qui viendraient naturellement ainsi dans les planches hors texte – un volume de format de Burne Jones de Malcolm Bell [133] et devant se vendre à L[ondres] ? Bruges. Artistique. Monumental et pittoresque. Je pense qu'édité ainsi le volume se vendrait admirablement bien – tellement bien même que si pour une raison quelconque George Allen n'en veut pas, je prierais votre ami de ne pas répandre l'idée parce que je suis convaincu que pour ce volume, quand je serai à Londres et que j'aurai le temps de courir les publishers nous en trouverons facilement un qui le prendra. Mais ce second volume serait naturellement une affaire de librairie assez considérable à entreprendre – et peut être pour en tracter tous les détails vaudrait-il mieux que j'attende d'être à Londres. Ce que je voudrais faire, et proposer à votre ami c'est donc plutôt pour le moment le premier volume – le guide de l'artiste aux vieilles villes de Flandres. J'en fais un exposé sommaire à la page adjacente que vous pourrez détacher et communiquer à votre ami – pour qu'il le retienne plus facilement – si vous le trouvez suffisamment « acceptable » ainsi présenté. Si l'idée lui convient je pourrais m'y mettre dans une dizaine de jours, et lui apporter sinon le volume entier du moins la première partie et les 25 reproductions quand j'irai à Londres. Si j'en avais rapidement la commande je pourrais mieux l'avoir entièrement terminé pour cette date de la fin juin – et je pourrais le revoir avec lui et y apporter des changements s'il le désirait – ce qui ne parait d'ailleurs pas probable – car je le ferai naturellement de mon mieux, et de façon à pouvoir présenter ce premier volume à George Allen ou à un autre publisher comme garantie que je lui ferais un beau « définitif » volume sur Bruges. Si le livre plaisait à votre ami, je crois qu'il pourrait avoir aussi des apaisements quand à la traduction – facile à faire du reste – et que miss Coombe à qui je demanderais de s'en charger, serait je crois parfaite. PS Oui je resterai à Londres en revenant de Cornouailles et je verrai avec enthousiasme les Rossetti. Je vais tacher aussi de trouver une « revue » à Paris – mais cela est plus difficile à arranger. Mille amitiés. G.

Letter 55: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

May 23 1897 lon rue Van Elewyck
22 may. Dear Georges, Allen is very busy and cannot let you know about the book until the end of next week: but I think it is alright, as my friend and thought your scheme very good. I did not mention the large book on Bruges to him. I think Allen will write to you direct. – Streatfield and I are going to Oxford tonight to have two days on the river there: Monday is a holiday, being the Queen's birthday. We both wish you were coming with us. Let me know if you think of going to Torquay, and if so, if it would be on your way to or from Cornwall. It will affect our arrangements, as I want to secure lodgings in Cornwall beforehand. LB

Letter 56: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

23 May 1897 Ixelles to Great College Street
Le dimanche matin est décidément un bon jour parce qu'il m'apporte régulièrement une postcard de Londres avec de bonnes nouvelles. Je voulais justement vous écrire, pour vous dire que Allen pouvait s'il le voulait modifier comme il l'entendait mon projet. Dès qu'il m'aura écrit je vous ferai savoir ce qu'il me propose et serai vraiment très heureux si « notre » projet peut réussir. Si je vais à Torquay ? je vais écrire aujourd'hui à mon amie, et lui demander si elle est chez elle dans les premiers jours de juillet et je lui demanderai qu'elle réponde de suite – Dès que j'aurai sa réponse (cette semaine je suppose) je vous écrirai si je tiens ou non à stopper à Torquay. Oui – c'eut été bien amusant d'aller à Oxford avec Streatfield et vous – mais nous tacherons d'y aller au retour de Cornwall si nous avons encore des sous – Bien des amitiés à Streatfield auquel je vais écrire un de ces jours pour le remercier de Nepenthe [134] et à bientôt des indications à propos de Allen et de Torquay. Amitiés G. J'ai vu la semaine dernière des vues du montenegro. Quel superbe pays – et quel beau poème que le vôtre que j'ai relu depuis. G.

Letter 57: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

5 Jun 1897 Ypres to Great College Street
Vraiment je n'ai rien de bien spécial à vous raconter – sinon que j'ai été passer quelques jours près de Gand et que je suis aujourd'hui à Ypres à l'hôtel de l'Epée Royale – que je viens de faire une délicieuse promenade sur les vieux remparts qui entourent la ville – délicieuse promenade qui n'a d'analogue dans mon souvenir que la promenade sur les remparts de Lucca dans les deux villes les remparts sont plus élevés que la ville – de sorte qu'on voit en se promenant à sa gauche la ville avec ses tours et ses toits pittoresques et à sa droite une vaste étendue de campagne. J'ai pensé à vous tout le temps de cette promenade parce que je suis sûr que vous l'aimeriez beaucoup – avec les eaux croupissantes fleuries de nénuphars qui baignent les murailles - et il faut qu'elle soit bien belle car elle fait négliger – malgré leur splendeur les halles et la cathédrale mais quand on a vu les remparts on ne veut plus aller ailleurs.

Letter 58: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Jun 5 1897 Lon rue Van Elewyck
My dear Georges, I have been away at Manchester for the wedding of a brother: and there I saw my mother, who wants, I find, to come to London towards the end of June. Would you mind if we put off our journey West till June 30? - What a delicious expedition on the river, and you must come for a like expedition when we return from Cornwall. I am going to try to get a room at Halgabron Farm, Tintagel and then we might go on to Kymance, or Ruan. (beautiful names!) I'm sorry to say there's danger at Allen's, as a Guide to the Cities of Belgium is just announced by another publisher [135] . But if they refuse this, we must make them take something else. So don't be disappointed in any case. I dined with the Hornes yesterday. They look forward to seeing you. Ever yrs L.

Letter 59: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

16 June? 1897 Ixelles to Great College Street
Cher Laurence. Merci pour la lettre sur Allen – et ne cherchez plus rien pour le moment. Allons-nous en et au retour de Cornouailles nous essaierons autre chose. Maintenant par rapport à notre départ – arrangez le vous-même – je ne tiens pas du tout à voir le Jubilee [136] – le mieux serait d'aller directement à Cornwall. Dites-moi quel jour je dois arriver. (ce jour-là sera la veille de notre départ) Aussitôt que vous saurez quel jour nous partons, écrivez le moi parce que je voudrais avertir mes amis de Torquay et être prêt moi-même. Est-ce que je prendrais mon evening dress pour quand nous reviendrons de Cornwall ? Amitiés, G.

Letter 60: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

19 Jun 1897 Ixelles to Great College Street
Convenu, j'arriverai le 29 et serai très heureux que vous me reteniez une chambre pour la nuit parce que les snobs ne seront pas encore partis probablement à cette date et il vaut mieux s'assurer d'un gite à l'avance. Je vous écrirai dans quelques jours l'heure de mon arrivée. Je vais écrire à mes amis pour leur annoncer mon arrivée pour le 30 au soir – deux jours à passer avec eux – c'est parfait et tout s'arrange très bien. Et si vous passez devant une agence avec prospectus de voyages en Cornwall envoyez m'en un – pour que je puisse voir de mes yeux – et d'abord sur la carte – ou est Ruan et Tintagel. Il faut faire une provision de mirifiques et merveilleuses légendes pour animer et exalter tous les paysages que nous verrons.

Letter 61: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
12 rue Van Elewyck
Maintenant que me voilà réinstallé dans ce que mes amis appellent - mon paisible ermitage de la rue van Elewyck – je songe avec joies à toutes les belles choses que nous avons vues ensemble – aux côtes sauvages et grandioses de Cornouailles, au doux, poétique et familial paysage de Caterham, à cette ville de rêve et de légende qu'est pour nous Oxford, et aux délassantes et heureuses promenades de Weybridge : tout cela me réapparait embelli du souvenir de votre fraternelle amitié et des mille attentions que vous avez eues comme toujours pour moi – pendant ce voyage. Vous dire que je vous en suis reconnaissant, vous le savez, très cher ami : aussi voudrais-je plutôt ce soir essayer de m'excuser à vos yeux – de ce que, pendant le voyage même, je n'ai peut être pas toujours paru apprécier comme il convenait les choses intéressantes et belles que je voyais grâce à vous.
En réalité je les appréciais à leur valeur, et s'il s'est mêlé à ma joie de les voir et d'être avec vous quelque tristesse et quelque manque d'enthousiasme parfois cela tenait à des causes dont ni les paysages de Cornwall ni vous n'étiez responsables. Comme votre ami Porphyrion j'ai longtemps erré, cherchant « ce qu'il fallait faire dans la vie » : pour moi comme pour lui le temps des fêtes et des voluptueux plaisirs dans les Banqueting Halls éblouissants et fascinateurs est passé – et si je ne suis pas encore parvenu au bout de mon voyage et si je ne sais pas encore comment il se finira, du moins je n'ai pas de doute sur ce que je dois faire à présent – et je sais fort bien que pour moi le seul bonheur constant et stable est pour à présent de travailler et d'être utile à moi-même et aux autres en écrivant les poèmes que j'ai conçus. Il y a longtemps que je l'ai compris – mais du désir à la réalisation il s'est écoulé déjà beaucoup de temps. J'ai eu à lutter contre l'indolence terrible de mon tempérament : et quand à la fin de cet hiver je suis parvenu par l'entraînement d'un travail régulier, à terminer cette anthologie, qui tout en étant un travail utile et intéressant ne devait servir dans ma pensée qu'à m'habituer à une tâche régulière, et à m'entraîner pour mon poème des Rois Mages - je me suis heurté à tant de difficulté, et à tant d'indifférence comme vous le savez, que j'ai eu un découragement de quelques mois, dont les derniers effets ses sont faits sentir au cours de notre voyage. Ce découragement est passé à présent, ou peu s'en faut, et le voyage en me faisant oublier ou du moins en m'éloignant de toutes les petites misères et des déceptions que je vous ai racontées – m'a fait le plus grand bien. Je me remets au travail dès demain et vais d'abord achever ces poèmes sur St Jean Gualbert et Sainte Marguerite de Cortone que je veux publier en plaquette, avec le frontispice de Burne Jones dont je vous ai parlé. Les Chambres vont être ici en vacance : il n'y a donc pas d'urgence de faire maintenant mon projet sur les musées je n'y travaillerai que dans une quinzaine de jours en même temps que j'expédierai mon pot boiler sur leur men. A la rentrée des Chambres mon projet sera prêt et je ferai un dernier et très vigoureux effort pour être nommé au musée. Après nommé ou pas nommé je m'enfermerai pour faire mon poème sur les Mages et si je puis le mener à bon port au printemps prochain – alors – tous mes maux seront oubliés – Car ce ne seront certes pas les sujets qui me manqueront. Maintenant voilà que j'ai assez parlé de moi – je n'en ai parlé aussi longuement que pour qu'il soit bien clair dans votre esprit – que je ne manquais ni de reconnaissance ni d'amitié, les jours où j'étais seulement poursuivi par le souvenir de hmon anthologie manquée et de mon poème arrêté par les tracas qu'elle m'avait suscités. Maintenant parlons de vous – avec tous mes souhaits de bonheur pour vous et votre travail, je vous envoie en ce jour de votre fête (pauvre présent parce que l'envoyeur est pauvre) les Tourgueneff que vous désiriez connaitre. Vous avez peu de temps, et comme vous êtes fort heureusement en pleine fermentation vous avez raison de l'économiser. J'ai donc souligné ce qu'il y avait à lire dans ces deux volumes. Dans l'un il n'y a que les quelques poèmes en prose que Pye admire à juste titre, et une jolie histoire, bien Tourguéneffienne intitulée la Caille – dans l'autre une courte et assez belle nouvelle – Le roi de la Steppe – Le reste n'est pas à lire. En prévision d'une promenade solitaire que vous pourriez faire, soit à Weybridge Hampton Court, ou dans les parcs de Londres j'ai détaché d'un volume de Chateaubriand Atala et René – que vous pourrez mettre ainsi en poche – et dont les proportions vous effraieront moins que si je vous envoyais le volume entier qui contient la belle mais interminable histoire des natchez. J'ai souligné quelques passages qui m'avaient particulièrement frappé, et quand vous y arriverez, en découvrant mes traits au crayon, et en lisant ces passages, ce sera un peu comme si nous avions le plaisir de les lire ensemble. Comme vous le comprendrez - me connaissant – je n'aime ni l'esprit dans lequel est écrit Atala ni moins encore celui dans lequel est écrit René. Le pessimisme romantique est chose qui fort heureusement est passée de mode, mais mon admiration n'en reste pas moins profonde et envieuse même pour la beauté des descriptions et le rare bonheur et la richesse des comparaisons poétiques de celui qui est enterré sur le rocher du Grand Ré. Ci-joint aussi deux photographies qui vous plairont je l'espère – l'une est une esquisse de Puvis, et l'autre 3 statues du portail admirable de Reims que déjà je forme le projet d'aller voir avec vous, quand nous pourrons aller ensemble dans les Ardennes, Reims n'étant pas loin du tout de ce vieux château féodal de Bouillon que nous devons voir et qui nous rappellera Tintagel ! J'aurais bien des choses encore à vous dire et à vous souhaiter. Je voudrais que vous relisiez rapidement le conte de Tolstoï qui vous a si heureusement inspiré et qu'il vous aide à conclure sans équivoque pour votre bien et celui de votre poème. Je vous demande encore une fois de travailler avec soin et patience - il n'y a pas l'ombre d'un doute pour moi Porphyrion est ce que vous avez fait de mieux de très loin jusqu'à présent. Aimez le donc bien jusqu'au bout et ne le laissez aller que quand vraiment vous ne pouvez plus rien pour l'embellir. N'écrivez pas de lettre – Reprenons quand vous aurez le temps notre échange de carte. Je voulais vous dire encore que j'ai eu tort de vous presser de lire les Fioretti [137] – lisez les quand l'occasion s'en présentera, mais s'il vous plait lisez les alors in the open air – leur délicieux charme vous apparaitra ainsi beaucoup plus grand. Et maintenant je ne veux plus vous retenir, et vous renouvelant mes souhaits – je vous dis de tout cœur – merci – et à bientôt je l'espère – Georges. Amitiés à Mayer et à Image. Merci pour la lettre envoyée l'autre jour. PS Paul Tiberghien admire beaucoup Newman. Il m'a dit plusieurs fois que c'était vraiment beau, et mieux que « très bien arrangé » comme je l'ai annoncé je l'ai mal lu à Tintagel et le relirai maintenant plus à l'aise.

Letter 62: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

11 Aout 1897 Ixelles to Great College Street
Très cher. Merci beaucoup pour l'amusant récit des Aventures d'Alice [138] que j'ai lu avec plaisir - et grand merci surtout pour votre lettre si charmante qui s'est croisée avec la mienne le jour de notre fête [139] . Chaque nuit de la Saint Laurent depuis plusieurs années j'ai l'habitude de regarder les étoiles filantes qui traversent le ciel par-dessus le grand et beau jardin qui est sous mes fenêtres. Je pensais bien le faire hier soir, mais j'ai été si complètement captivé et ravi par une courte vie de Saint Pierre Célestin que j'ai lue hier soir [140] que j'en ai oublié tout le reste. C'est une des plus merveilleuses vies que l'on puisse lire – je suppose que vous savez vaguement de qui il s'agit – de cet ermite vivant dans une cellule sur les hauteurs les plus inaccessibles des abruzzes et qui était parvenu à un si grand renom de sainteté que les cardinaux ne pouvant se mettre d'accord à la mort de Nicolas IV quant au choix du successeur, élirent d'un commun accord. L'histoire de sa vie avant son élection, celle des cinq mois qu'il régna, le récit de son abdication et des dernières années de sa vie – ainsi que le récit de ses innombrables miracles – tout cela est d'un merveilleux qui fait penser à la fois au Paradis de Dante et aux labeurs de l'Angélus. Je voudrais bien vous l'envoyer, mais je l'ai lu dans une revue qui ne m'appartient pas. Peut-être la vie a-t-elle été publiée en brochure depuis que cet article a paru. Si je sais la trouver je vous l'enverrai. Mille amitiés et à bientôt. G.

Letter 63: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Aug 14 1897 lon rue Van Elewyck
Dearest Georges, a hundred thanks for your many and delightful presents, which I was charmed to receive, still more your kind and cordial letter. It is good to have such friends as you. If I sometimes divined your discouragement, it was only with purest anxiety to cheer you: and you were ever a sympathetic companion, in London, and Cornwall, and Oxford. I am working very hard at poetry now; my new poem has just gone to the printer: it has grown to 500 lines. Now I am re-writing the 1st book of Porphyrion. – yesterday I saw the editor of a new magazine called the Dome [141] , for which I have written something, and I told him you might possibly contribute something. He said he would write to you. If you write something short I could translate it for you. It is not a good magazine, but pays quite well. Affectly yours, Laurence

Letter 64: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Aug 25 1897 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, what does this 1£ mean? Did I lend it you? I don't remember it, but I suppose I must have. Don't do such things again. How severely beautiful are those sculptures from Rheims that you sent me! We must, as you say, go to Rheims. They seems to me as statues of Phidias that have felt, even in their marble, the sadness of experience and to have grown beautifully old and wise and tender. My ‘Supper' is printed and I will be able to send you a copy in a few days. I have been writing hard and have finished another poem of about 300 lines (some of it written before) I have read two or three of the prose poems of Tourgeneff, very powerful, but have not yet had time to begin René or Atala. Thank you again for all your kind presents. Write soon, Laurence. Image went to gather nettles on hackney Marsh and was taken for a County Councillor. He says he once went in a boat, but will not go again.

Letter 65: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Aug 30 1897 Brux to Great College Street
Carissime. Merci pour votre postcard que je trouve en rentrant de Marcinelle où j'ai été passer une semaine. Un des jours de cette semaine j'ai été à cette vieille abbaye qui est près de Marcinelle et qu'on est en train de restaurer [142] . L'abbaye en ruines, un beau soleil et une rivière qui coule aux pieds de l'abbaye, tout cela me donnait grande envie de vous avoir avec moi. Ce sera pour votre prochain tour en Belgique, et il faudra y penser bientôt si comme je l'espère vous pouvez venir quelques jours au commencement de l'automne. Je suis heureux de savoir que la photographie de Reims vous ait plu autant qu'à mon avis elle le mérite – le portail est admirable et nous devons le voir ensemble. Quand allez-vous à Dresde? Tachez de vous arrêter quelque part ne fut-ce que pour un couple d'heures en Belgique. J'ai reçu une aimable lettre du directeur du Dome pour lequel je vais écrire de suite un article sur la sculpture d'ivoire à l'exposition de Bruxelles. Grand merci pour cet article que vous m'envoyez ainsi ! Je commence un projet de nouveau musée des arts industriels qui me donnera du travail mais qui semble avoir quelque chance de succès. Mes affaires en général ont l'air d'aller mieux et je reprends vigueur – très heureux d'apprendre que vous conservez de votre côté votre heureuse verve de travail. J'attends avec grand désir de lire le Banquet P. Tibergh. a commandé l'apologie de Newman [143] à Londres. Cela nous amuse et nous intéresse beaucoup de savoir pourquoi vous avez cette grande dévotion pour newman. Nous espérons trouver le pourquoi de cette admiration en lisant l'apologie. Matthews m'annonce ce matin qu'il m'envoie ce qu'il me doit. Je l'avais menacé de le poursuivre en justice ! (ce que d'ailleurs je n'aurais pas fait) Mais la menace a eu un effet salutaire. Amitiés à Image et à mayer. Quand vient mayer ?

Letter 66: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Sept 11 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, the article came this morning, Oldmeadow appeared today, and said ‘I suppose M. Destrée wouldn't like it to appear in French!' I said: yes, but why didn't you think of it before? He said it hadn't occurred to him. I am writing now to ask you to write at once to him: Rev. E.G. Oldmeadow (everybody is Reverend nowadays) Hotel d'Alsace, rue des Beaux Arts, Paris. He goes there to-night. Will you say whether you prefer the article to be in French or in English? I dare say, after your friends has taken the trouble, you would prefer to print her translation. In that case of course I will revise it: I have already began to do so. Oldmeadow will write at once to me on hearing from you. I do not go to Gorman till October. L.

Letter 67: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Sept 12 1897 Brux to Great College Street
Très cher Laurence. Merci bien pour la carte reçue hier et l'offre aimable de mr Vieuxpré [144] – mais comme vous le dites – et comme disait la marchande de crème d'Exeter « it would be such a disappointment » pour l'amie qui a traduit cet article et qui attend impatiemment de se voir imprimée – et comme ce sont d'ailleurs de simples notes – puisque vous voulez bien vous charger de revoir la traduction j'aime mieux qu'elle paraisse en anglais. J'ai écrit à Oldmeadow pour lui dire que je vous écrivais ce matin et que je vous demanderais d'envoyer l'article en anglais et je lui ai dit que dans une autre occasion je serais très heureux de voir son article imprimé en français – et je lui ai même suggéré pour un de ses prochains n° un article sur les Halles d'Ypres – merci bien donc pour ce que vous voulez bien ajouter à cette traduction – c'est ennuyeux que vous ne veniez pas avant octobre – si Dresde ne s'arrange pas bien et n'est pas nécessaire à voir – venez par ici – il a fait si mauvais en septembre qu'il fera probablement beau en octobre. Déjà le ciel est tout bleu et les matins de ces deux dernières journées ont été ici éblouissants. Et le banquet. J'attends avec impatience de pouvoir m'y asseoir et d'écouter ce que raconteront les convives – P. Tibergh. m'a donné hier l'apologie de newman je la lirai cette semaine. Amitiés G.

Letter 68: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Sep 15 1897 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, I will send off the article in English this evening. I spent Sunday at Caterham: it was very beautiful, and a perfect sunny day, and I wish you could have been with me. Pye wants to take Mrs Pye with him when we go abroad: and as she cannot stand long journeys well, we have given up Germany, and go to Belgium instead. I thought of this tour: Lille, Ypres, Bruges, Ghent, Brussels, Jemelle (grotto d'Han) Antwerp. We have 8 days. Tell me of anything that we ought to see. I hope you will be able to be with us most of the time at least, it would be much nicer, and Pye is anxious to see more of you. As to expenses – remember that I shall have enough for both. Pye can't get away till October. The ‘Supper' I beg your pardon, I know you dislike the word, the ‘Banquet' will arrive this week. L.

Letter 69: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

19 Sept 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I send the ‘Supper'. Forget the title, and judge it not too strictly! – When the proof of your article comes you will find I have altered a good many phrases; I am afraid perhaps too many. But I was anxious your essay should appear as good as it is, and in all cases you have only tried to make the translation nearer the original. I hope your friend will not be hurt: but if she does not see the corrected MS, I dare say she will not notice much difference. – We think of starting on October 9, but it is not quite decided; Pye and I are going to work out a route more precisely in a few days. You will be sorry to hear that Mrs Fry (Helen Coombe) has been ill, and her lungs are pronounced to be in a bad way. They have to go abroad for the winter. – we thought of arriving by Calais and Lille, but perhaps Bruges or Antwerp would be better. We want to leave on a Saturday evening. Ever yours Laurence.

Letter 70: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

26 sept 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I send proof & MS of your article which please return to Oldmeadow at the Unicorn Press, 26 Paternoster Square London E.C. I hope it is all right. I have not been able to see Pye and confer with him about our route. Would that we could start now, in this lovely weather! Tell me if this would be a good route. Antwerp, Brussels, Jemelle, Bouillon, Brussels, Ghent, Bruges, Ypres, Lille, Calais. (it seems very difficult to get to Ypres; so slow!) or would it be better to begin at Lille? - I am afraid you will not much like the supper, not even if you think of it as a Banquet. Many thanks for the Guide. Ever yours, Laurence In future my address is 3 Barton Street. Am off to Norwich for Sunday.

Letter 71: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

30 sep 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I am very glad you like the Supper. I was afraid the ending would prevent your liking it. We will talk of this soon. The woodcut was designed and cut by ME. Mrs Fry will be from Friday at Yattendon Manor House, (c/u Robert Bridges), near Newbury, Berkshire: they are moving about but will be there for a few days. She is much better. Mayer has left for Paris and Spain; he told me to tell you how sorry he was he could not come to Brussels this time: but it was getting late in the year, he was kept here longer than he intended. I am very comfortable at 3 Barton Street, and eat the delicious Marmalade, recommended (I am told) by you every morning in the little parlour. Will write as soon as our plans are fixed. Laurence

Letter 72: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Oct 5 1897 from Barton Street to 12 rue Van Elewyck
Oct 5 3 Barton Street. Dear Georges, we are coming, if all be well to Antwerp on Saturday night, and shall stay at the Grand Laboureur. We hope you will be able to come over on Sunday and take déjeuner and dinner with us. And then we shall want you, if you can, to take us to Jemelle etc. I suppose we shall go to Brussels on Monday. What hotel shall we go to? I shall have at least 100 fr at your disposal. No I have not killed anybody, but shall get 10 £ for my Ode. I look forward immensely to seeing you and so does Pye. Affects. yours L.

Letter 73: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

20 Oct 1897 3 Barton Street to rue Van Elewyck
Dear Georges, I hope the journey to Brussels did you no more harm than ours did us: the night was lovely, the water glassy, and just as dawn was breaking over London Bridge we reached home, not over tired. I slept for an hour, then I had a bath during which my landlord glided into the room and alarmed me very much as I thought he would perhaps attack me: but no, he only brought more water and a rug. "well we haven't got your friend here", "Oh, how's that!" Well he came with a great van and a piano and a great heap of books and a bicycle I was simply staggered: I wasn't going to have the place turned into a warehouse and he ought to have told me he was going to bring them. Besides, I never have had a piano… I made some protest. He shook his head, went out; then he opened the door again I said with tears in his voice "and the dog, sir", did you know there was a dog? I burst out laughing and so would you if you had seen the dog poor little thing. I am re-assured but am not quite sure that he is not subject to fits of violent mania. I shall be careful. I dined with H.P.H. last night. Our golden week shines in my memory far away now but still very real. Laurence

Letter 74: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

4 Nov 1897 3 Barton Street to 12 rue Van Elewyck
Dearest Georges, I begin to be afraid you are ill. Do let me have a postcard. I have never heard how you got over the journey from Bruges. What a delicious week that was! A cup of golden wine! I have been preparing my volume and it is now practically ready. I walked out last Sunday to Chalfonte St Giles in Buckinghamshire, where Milton lived; a charming village, and such a beautiful warm bright day. But tell me how you are. Image is very happy with the cigars.

Letter 75: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Nov 22 1897 lon rue Van Elewyck
Georges Mio! I am very glad you are better and hope that by now your voice has recovered its crystalline tones. I seem to have been doing little worth writing of: chiefly putting my book in order for the press. I have sent it to a publisher but have not heard from him. We all liked your article in the Dome very much. Es-ce que vieuxPré a payé? I think he is going to call on you someday. I am amused at his filling his magazine with bad stories under his own name, vainly disguised as wood-mead, wod-meald [145] , etc. My mother has been up in London for a few days. She asked after you. Your brother has sent me a pamphlet and I will write to him. Sorry there is nothing more to tell you. Write. Yesterday an old man came to the Museum and asked for a Reader's ticket. He was so horrible looking, dirty and suspicious that they were going to refuse, but asked him what he wanted to see. "I want to read the works of Mr Binyon" – they had to let him in! Is this a compliment or not?

Letter 76: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter, probably November 1897
Ixelles to 3 Barton Street « Che ! Che ! [146]  » comme on dit à Florence. Vous êtes coupable cher ami et si vous n'aviez rien à dire c'est parce que vous êtes resté trop longtemps sans écrire. J'ai reçu votre postcard en même temps qu'un mot accompagné d'un mandat poste de 100 frcs ce qui est beaucoup à mon avis, envoyé pour mon « admirable article » [147] ainsi s'exprime cet honnête homme que pour ma part (n'entendant plus parler de lui) je commençais à traiter de gredin et de scélérat de la pire espèce ! ce que vous dites de ses pseudonymes est très amusant et aussi l'histoire de votre vieux fidèle. Enfin – en me décidant à n'être pas payé pour mon anthologie j'ai réussi à trouver ici un éditeur du moins la chose est presque arrangée. Il a l'intention de faire 2 éditions une à 3.50 et l'autre à 5 frcs – toutes deux avec tous les portraits de Blake, Southey, Moore, Wolfe, Shelley, Hood, E. B. Browning, que je pourrai reproduire – les autres ont été photographiées par Walker et Hollyer [148] et j'ai la liste des portraits qu'ils ont fait chacun. Je me suis très bien amusé ces jours-ci à recopier à l'encre « coraline » le texte anglais des poèmes que j'ai choisi – un ou 2 poèmes par auteur copiés avec un bon roseau et une écriture qui ferait envie à Image lui-même. Si nous pouvions être assis aux deux côtés de la belle table que nous avons vu au musée Plantin, le métier de copiste et d'enlumineur sous la direction majestueuse d'Image ne serait-ce une belle chose. Dites à Squire que l'interprétation de Meistersinger à la Monnaie est excellente, et que l'on jouera cet hiver ici les Béatitudes de Franck. N'écrivez pas à mon frère. Je lui dirai que vous m'avez chargé de la remercier vivement. PS Ne restez plus si longtemps sans écrire : c'est impardonnable. 2e PS Cette encre est la couleur du portrait de Memling à Bruges – je veux dire du pourpoint.

Reproduction of Destrée's postcard to Binyon, probably November 1897 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Reproduction of the front page of Destrée's postcard to Binyon, probably November 1897 (© The British Library Board, Loan MS 103/3)

View Fullsize

Letter 77: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

27 nov 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, delighted to hear your anthology may come out, but very sorry if you won't be paid. But it will be a great success, then he will have to pay you! Walker has now done portraits of Southey (but why include that very bad verse writer?), and Mrs Browning. H.P.H has a pencil portrait of Blake by Mrs Blake, which you might reproduce, but we have others here; and this with those of Moore, Shelley, Hood, I could get photographed for you. There is none of Wolfe. If your publisher is going to use process-blocks (clichés) it might be possible to get some of them in London, ready-made. If you want any photographs made here, it is better to say whether they are for clichés or for photographs (collotypes) as a different kind of negative will be wanted. Squire and Streatfield are much interested to hear about the Béatitudes; will you let me know the exact day later? I am going to Pye for tomorrow (Sunday) Write again, ever yours LB

Letter 78: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Dec 16 1897 Ixelles to 3 Barton Street
Très cher Laurence. Combien amusant de relire ma lettre dans votre admirable traduction qui l'a beaucoup embellie et combien je vous remercie de la peine que vous vous êtes donné encore une fois pour moi. Je n'ai pas grand-chose à vous dire mais je veux au moins vous envoyer de suite mes remerciements. Il n'y a toujours rien de décidé pour l'anthologie, parce que j'en suis toujours à attendre la réponse du ministère. On me dit qu'il répondra certainement mais qu'il faut toujours attendre aussi longtemps. J'ai d'ailleurs meilleur espoir pour l'année prochaine. J'ai rencontré chez un abbé de mes amis, très enthousiaste admirateur de mon humble prose, un éditeur qu'il me recommande comme un très bon et honnête homme, et qui veut éditer Bruges, mon livre sur les sculpteurs et des poèmes si je veux lui en donner. Il m'a même fait dire hier par l'abbé que si mon arrangement pour l'anthologie ne me plaisait pas, je pouvais aller le trouver pour lui en parler – malheureusement il édite plutôt des ouvrages d'art et je ne crois pas qu'il aurait une clientèle suffisante pour l'anthologie – mais je suis dans tous les cas très heureux de l'avoir rencontré. La causerie d'Image sur la bouteille de Rhum a dû être amusante au possible. On finira par aller l'entendre à Henekey [149] comme on allait écouter Coleridge à Hampstead [150] . Dès que l'édition de vos poèmes sera décidée écrivez le moi. Je suis en train de corriger les épreuves de poèmes qui paraitront et que je vous enverrai à Noël. Je vous enverrai en même temps un portrait qu'un de mes amis fera la semaine prochaine – et quand vous pourrez en trouver le temps je voudrais bien que vous alliez de votre côté chez Hollyer. Je vais transcrire de suite la lettre à B.J. et la lui envoyer et je vous ferai connaître dès que je l'aurai sa réponse. Grand merci encore et des amitiés à Image. J'écrirai à Squire un de ces jours. Amitiés à Pye aussi je lui écrirai à Noël.

Letter 79: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

23 Dec 1897 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I am off tomorrow to Devon for three days. This is to give you my Xmas greetings and good wishes, and to tell you that my book is decided, and is to come out, I hope, in February. I have not changed Porphyrion's name, since you like it. Augustine will also be in the volume. I am so glad that you have found a new admirer, who may help you. – I have framed the Reims photo, which you gave me, in a black frame, and it looks most beautiful, it was very nice of you to say my translation improved in your letter; I felt, on the contrary, that it lost a great deal. Still, may it succeed! – Do you know that H.P.H has been very ill with gastric fever at Florence? I think he must have rashly yielded to the importunate man who says ‘Ostrache, Signore? [151] ' every evening at Melini's. Affectly yours L.

Letter 80: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

24 Jan 98
Très cher Laurence.Il y a quelque temps je vous accusais de me négliger et je vous disais que ce n'était pas bien de me laisser si longtemps sans nouvelles. C'est à mon tour maintenant de m'excuser et le motif de ce long silence est que je craignais de vous écrire parce que la nouvelle que j'ai à vous apprendre ne sera pas je crois sans vous causer quelque peine, parce qu'à cause de la résolution que j'ai prise il nous sera pendant quelque temps du moins difficile de nous voir aussi souvent que nous le désirions tous deux. Cette résolution que j'ai prise est d'entrer au mois d'octobre prochain au séminaire de malines, pour y faire les trois années d'études du grand séminaire et être ensuite ordonné prêtre. Vous rappelez-vous cher Laurence que déjà il y a longtemps dans une promenade dans la forêt près de Bruxelles, je vous exprimais ce désir que je sentais naître confusément dans mon cœur. Il ne me paraissait toutefois pas assez précis pour le mettre à exécution : je n'en parlai plus pendant longtemps à personne sauf de temps à autre à mon ami Paul Tiberghien, qui me conseilla de ne rien changer à ma situation tant que l'appel ne sera pas plus précis. J'attendis donc pendant longtemps, ne songeant plus autant que possible à ce dessein trop incertain, et m'efforçant seulement de vivre plus dignement qu'auparavant. Peu à peu ma dévotion et ma piété se purifiait et je voyais plus clair : peu à peu aussi (comme le filleul de Tolstoï que je relisais ces jours-ci) au lieu d'être tenté de critiquer dans mes écrits et mes conversations les actes de ceux qui n'agissaient pas bien, éclairé par la Foi et la charité admirables de mon ami Paul Tiberghien, je suivais ses conseils bien que chaque fois et à chaque nouveau devoir qu'il me faisait comprendre avec une vive répugnance. Mais cette répugnance s'évanouissait bientôt, et à son exemple j'éprouvais bientôt un grand bonheur à visiter les pauvres et les malades et surtout à enseigner les enfants, parce que là surtout on s'aperçoit de suite pour ainsi dire du bien énorme que l'on peut faire avec un peu de bonne volonté. Pendant ce temps et tout naturellement par un sentiment de reconnaissance, à cause de cette joie et surtout de cette paix que Dieu me donnait et que je n'avais auparavant jamais goutée à ce point, mes prières se faisaient plus nombreuses et surtout plus envolantes et plus croyantes. Si bien que le jour de la Fête de St François Xavier (que j'ai toujours tenu en spécial amour depuis que j'ai lu le récit de sa merveilleuse vie) ayant prié plus que d'ordinaire pour obtenir la conversion de parents et d'amis qui me sont particulièrement chers, si je n'obtiens pas de suite ce que j'avais demandé, j'obtins le moyen de réussir je crois. Car ce jour-là (le 3 décembre) je fus sûr et certain de ma vocation, et bien que résolu pour l'éprouver définitivement de laisser passer encore quelque temps avant d'en parler, je ne songeais plus déjà qu'au moyen le plus propre de suivre cette vocation. Au premier janvier elle était devenue toutefois si évidente, et si exclusive de tout autre souci que je l'annonçai chez moi, et j'écrivis alors au Cardinal archevêque de malines pour lui demander audience, lui exposant le but de ma visite et demandant de pouvoir faire mes études au séminaire Belge de Rome. J'avoue que tout en étant décidé à suivre de suite ma vocation, j'avais escompté quelque peu le grand bonheur que j'aurais à vivre trois ou quatre ans en Italie et je pensais que pendant ces années, tout en m'instruisant et en achevant de me former, j'aurais comme consolation des quelques difficultés et ennuis que je pourrais rencontrer au séminaire – la grande joie de vivre sous le doux ciel de Rome, entouré de ce peuple qui pour un artiste est le peuple le plus charmant qu'il puisse rencontrer sur la terre. Hélas! les renseignements qu'on m'avait donnés sur le séminaire Belge étaient inexacts, et l'on n'y pouvait entrer que tout jeune au sortir du collège, et le cardinal n'avait pas pouvoir de m'y dispenser des trois ou quatre années d'études préliminaires. Le cardinal m'ayant témoigné beaucoup d'intérêt et de bonté, j'acceptai donc malines sur son conseil et sa promesse de m'y dispenser du petit séminaire, moyennant quelques études préalables à faire chez moi. Sur mon désir de voir de suite le président du séminaire le cardinal le manda chez lui – et pendant une demi-heure environ en attendant – me laissa seul. Cette demi-heure fut mon moment d'épreuve, et ce fut je vous l'avoue une dure épreuve que cette attente : car en cette demi-heure, je m'imaginais que j'allais être très malheureux dans cette petite ville de province, dans ce séminaire où les prêtres venus des Flandres et de la Campine, gens très pieux mais incultes et peu dégrossis sont en grande majorité. Si bien que le président du séminaire arrivé, je fis de nouveau appeler le cardinal et de nouveau demandai à être envoyé à Rome, faisant un tableau aussi chargé que possible de tous les maux qui m'attendaient à malines. Heureusement j'avais affaire à deux braves gens, qui se mirent à rire franchement de mes terreurs, et me dénombrèrent facilement qu'elles étaient en somme fort peu fondées. Depuis j'allais en effet voir le séminaire, que je trouvais non pas froid, sévère, et morne comme je m'y attendais, mais très charmant et très gai. Je lus le règlement, je retournai encore une fois au séminaire, et je suis à présent persuadé que comme me l'annonçait le bon cardinal « j'y vivrai aussi heureux qu'un poisson dans l'eau ». On m'a désigné deux abbés de Bruxelles comme professeur de latin et de philosophie et je pouvais ainsi entrer bien préparé en octobre. Maintenant que ce que j'ai dit au commencement ne vous effraie pas trop. D'abord comme je vous l'annonce je n'entre qu'en octobre prochain et d'ici là j'espère qu'il nous sera donné de faire ensemble les livres que nous avons à faire tous les deux sur les Flandres. Et à ce propos j'ai comme toujours – à vous remercier pour « l'émission » que vous avez essayé d'obtenir pour moi et qui fort heureusement vous a été donnée à vous et à Strang [152] dont je serais très heureux de faire la connaissance – fort heureusement parce qu'en effet devant autant que possible avant mon entrée au séminaire terminer mon anthologie, mon livre sur les sculpteurs, et remettre ma copie sur Bruges – avec le latin et la philosophie que je dois apprendre d'autre part – je n'aurai naturellement pas en le temps de vous aider dans cette besogne. Donc tout s'arrange sous ce rapport fort bien s'il ne restera plus bientôt qu'à fixer le temps où vous viendrez. Si vous pouvez venir par exemple fin avril – ou en mai ce serait fort bien. Et quand je serai au séminaire, il me restera toujours 2 mois environ de vacances dont je compte que nous passerons une bonne partie ensemble. Maintenant au revoir, cher Laurence. Je ne doute pas que vous ne m'approuviez après avoir lu cette lettre – ou je ne suis entré dans tant de détail concernant ma dévotion – que pour vous bien faire voir que pas un moment les déceptions ou les soucis que j'avais eus en tachant de me faire une position comme conservateur ne sont entrés en ligne de compte dans ma détermination. Bien au contraire, du côté du musée, tout semblait s'éclaircir, et j'aurais pu très vraisemblablement entrer maintenant si je n'avais trouvé « cette bien meilleure situation ». Espérons que dans trois ans je serai curé dans un beau petit village du Brabant wallon et qu'y venant passer vos vacances vous m'y apporterez des poèmes qui nous réjouiront tous les deux. Mille amitiés et à bientôt une postcard de vous pour me dire que vous êtes content et satisfait de votre ami. Georges. PS les poèmes que je vous ai envoyés ne sont pas fameux. Je le sais bien moi-même. J'étais dans de mauvaises dispositions quand je les ai fait et le St Jean surtout a été fait par bribes et morceaux, ce qui ne vaut jamais rien – mais dans le même dossier j'espère en faire bientôt de meilleurs, et je ne vous ai envoyé ceux-ci que pour les deux belles histoires qu'ils racontent – à vous et bien des amitiés à Image, auprès duquel – en lui faisant connaître ma décision je vous prie de m'excuser pour n'avoir pas répondu à son charmant poème arrivé à Noël – alors que j'étais comme vous le pensez fort préoccupé. Et mille amitiés aussi au bon Pye. PS Très beaux vers de votre cousin Philipps [sic] –Il y avait dans ce n° de l'Academy [153] une « postcard » adressée à EM Legge Montagu Sq[uare] et que j'ai tout à fait oublié de renvoyer – Je vous en présente toutes mes excuses et espère qu'elle était de peu d'importance.

Letter 81: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Fev 1898
Combien il est difficile et pénible d'écrire, lorsque l'on peut avoir un vrai entretien et une bonne causerie avec un ami. Combien cela serait plus agréable et plus charmant de pouvoir vous raconter de vive voix pourquoi je n'ai pas répondu de suite à votre lettre. Enfin, puisqu'il n'y a pas moyen de faire autrement, écrivons. Très cher ami, vous le savez, et vous n'en serez pas jaloux ni offensé, vu que vous savez combien cette amitié est ancienne et antérieure à la nôtre – il n'y a pas d'homme que j'aime plus sur terre que mon ami Paul Tiberghien. A toute cette affection que j'ai depuis longtemps pour lui s'ajoute une vénérable vénération pour sa vie, la plus dévouée, la plus aimante et la plus charitable de celles que j'ai pu observer autour de moi – malgré toute cette affection et cette réelle vénération, malgré que nous ayions été élevés intellectuellement, formés artistiquement et enfin convertis ensemble – malgré tout cela il y a eu souvent vous le comprendrez de certaines divergences entre nous – des divergences devant forcément exister même entre les gens qui s'aiment le plus. Mais notre amitié était de telle nature et si solidement trempée qu'elle ne devait que devenir plus forte et plus ferme, à la suite des discussions et des dissentiments passagers qui ne peuvent manquer de survenir entre deux amis qui se voient sans cesse. La nôtre était-elle vraiment de même nature? Je l'ai pensé jusqu'à présent, cher Laurence, et ce n'est que ces jours derniers que j'ai eu un doute sur l'endurance de cette amitié. Certes elle avait été parfaite et charmante, mais n'est-il pas vrai que d'accord sur presque tous les sujets dont nous parlions, nous avions soigneusement évité les autres. Et à la lecture de votre lettre, quelques reproches me venant à l'esprit je me suis dit ces reproches si je les formulais, comment les accepterait-il ? Et j'hésitais à le faire – jusqu'au moment où je me suis dit que si je ne les faisais pas notre amitié devenait une amitié de Commande, un échange d'amabilités qui ne laissait plus voir le vrai caractère et le fond de la pensée. – et je me suis dit alors que ce n'était pas là ce que nous voulions ni l'un ni l'autre et que donc il fallait écrire tout ce que je pensais. Eh bien donc le fond de ma pensée : c'est oui que je vous suis naturellement très reconnaissant pour la bonne et encourageante lettre que vous m'avez écrite : mais aussi que vous me semblez mériter quelques reproches, pour avoir négligé d'avoir fait quelques petites choses que je vous avais demandé l'année dernière. Vous croyez n'est-il pas vrai, cher ami, que votre esprit est formé et que pour arriver à votre but vous n'avez qu'à perfectionner votre style, votre versification, ou votre forme, en un mot votre moyen d'expression. Je crois moi tout au contraire – que votre esprit n'est pas du tout formé – que votre forme déjà fort belle et proche de la perfection – deviendra tout naturellement parfaite par les œuvres successives – et que ce que vous devez travailler, c'est la formation, l'élargissement et l'épuration de votre pensée. Par quels moyens ? Ce n'est pas à moi à vous les indiquer en général, mais ce que je vous reproche c'est d'avoir négligé et jugé de nul intérêt quelques moyens que je vous proposais. Vous n'avez aucune, aucune idée de ce qu'est la vie religieuse – Comprenez-moi bien, je ne vous y pousse pas le moins du monde – ce serait grotesque et absurde – mais au moins cher Laurence comprenez aussi que vous devez savoir ce que c'est que la vie religieuse. Quand vous aurez lu par vous-même, en lisant par exemple l'histoire de la vie de quelques saints – ce que c'est que cette religion que vous croyez étroite et formaliste – vous saurez ce que c'est que la religion et que l'inaltérable bonheur qu'on y trouve. Vous êtes visiblement et évidemment doué comme poète. Il faut donc le rester, nous sommes d'accord ! mais si vous voulez remplir votre but qui est n'est-ce pas, non seulement que vos poèmes présentent une belle succession d'images mais aussi fassent penser et aimer – il faut qu'il y ait une foi et une croyance dans ce que vous écrivez. Quel est le livre qui vous a le plus remué des livres nouveaux que vous avez lu ces dernières années. Tolstoï vous m'avez dit un jour, et certes ce n'est pas la forme que vous avez admirée chez lui, mais la foi, cher ami, la croyance et la vérité. C'est maintenant que votre esprit se forme croyez le bien. Vos « London Visions » sont n'est-ce pas des sensations, des émotions passagères et diverses. Votre « Souper » et votre « Porphyrion » sont les deux premières tentatives que vous faites de rassembler et de grouper votre pensée sous une forme d'art. Ils plairont tous deux, ces deux poèmes, parce que les vers en sont beaux et surtout à cause de cette puissante, extraordinaire et merveilleuse faculté d'images suggestives qu'est en tout poète doué et par conséquent est en vous. Ils plairont, mais pour moi du moins ils ne pourront m'émouvoir et me passionner. Je me hâte d'ajouter que Porphyrion par exemple me charme comme me charme une des Idylles de Tennyson, et vous savez que dans ma pensée cela veut dire une grande séduction, mais je ne trouverai plus l'émotion la grande émotion que j'aurai à relire la troisième partie de ce conte raconté par Tolstoï – Vous me direz – fort bien mais il n'est pas donné à tout le monde d'être ou d'écrire comme Tolstoï. Cela est vrai – mais cela peut vous être donné à vous, si vous voulez regarder simplement et sans préjugés autour de vous. Cher ami, Tolstoï a si bien compris la vie, et en a indiqué si simplement le but - parce que comme son filleul, comme le meilleur de ses deux vieillards, il a préféré les actions et les œuvres de charité et d'amour aux vaines protestations. Combien les Cosaques est un délicieux livre – Combien on le sent sincère, et vécu, vous le savez, et cependant la fin en est triste et un peu décourageante – pourquoi – parce que le Cosaque improvisé manque de courage et qu'il revient en ville. – Depuis il s'est fait paysan et entièrement sincère cette fois, il écrit avec facilité le livre le plus encourageant et le plus émotionnant que son pays ait produit. Maintenant – concluons – on s'embrouille toujours quand on doit s'expliquer par lettre. « nondum amabam, et amare amabam i quaerebam quod amareus amaus amare [154] » Voilà les mots que vous avez mis je crois en épigraphe à votre beau poème de St Augustin. Et comme ils sont vrai appliqués à vous. Mais le reproche, demandez-vous – qu'est-ce que vous avez à me reprocher ? Ceci – qu'étant indécis et sollicité comme vous l'avouez vous-même dans cette épigraphe, sollicité diversement – par préjugé beaucoup et par paresse fort peu vous vous refusez à lire deux ou trois petits livres qu'avec une grande modération évidemment je vous avais indiqué. Je vous avais demandé un jour de lire les Fioretti – c'eut été pour vous comme un voyage délicieux en Toscane et en Ombrie, avec partout à portée de merveilleux et purs Angelico. Fioretti – niente ! Je vous avais demandé un jour d'ouvrir au British une Golden Legend pour y lire - 2 pages tout juste – le dialogue ou plutôt les réponses de St Jacques l'Intercis [155] à ses bourreaux J. l'intercis – niente ? Je vous ai offert un poème, les Visions de la sœur Emmerich [156] oui mais – il y avait comme titre – la passion de N[otre] S[eigneur] J[ésus] C[hrist] Pour Emmerich niente. Qu'était ce que tous ces refus – des coïncidences fortuites, des oubliés en raison de vos multiples occupations – non par – mais de la défiance – de la défiance envers le plus aimant de vos amis – qu'elle cesse donc, maintenant que je vous l'aurai fait remarquer cette défiance très cher ami. Je ne vous ai jamais demandé, je ne vous demanderais jamais maintenant même d'essayer, la prière ou aucune pratique religieuse - mais quand de très loin en très loin j'essaie, je l'avoue bien franchement de vous faire voir clair en vous-même et de vous faire voir « ce que vous aimez et cherchez » en vous faisant lire un livre toujours choisi spécialement pour vous et qui par conséquent est beau, ne montrez plus de défiance, et s'il y a un petit effort à faire quand même, faites le pour moi, puisque ces lectures ne doivent vous engager à rien, et qu'elles peuvent d'après moi contribuer à votre bonheur et à votre gloire. Que cette lettre est longue, et pourtant il faut encore y ajouter quelques mots pour que la situation soit bien claire, et pour qu'étant donné cette défiance dont je suis sûr, - vous ne me supposiez pas des sentiments dissimulés – D'après certains renseignements que j'ai lus ces jours ci sur les couvents de Bénédictins – la vie chez ces moines – qui s'efforcent d'être en même temps – pieux instruits et artistes (tout homme qui y entre ayant des dons pour un art, est en effet incité à continuer à l'encréer c'est dit dans les règles) cette vie à l'abri de tout trouble mondain, me plairait peut être mieux que la prêtrise – je reste néanmoins dans le monde considérant que j'ai une mission à remplir et cette mission est de ramener à Dieu des âmes qui ne le connaissent pas ou qui le connaissant ont préféré être esclaves de leurs vies que d'être serviteurs de Dieu. Donc vous rangeant (malgré vous) dans le [sic] première catégorie – je voudrais vous convertir ? Mais évidemment cher ami ! Comment pourriez-vous imaginer que je vous aime autrement. Et cela vous effraie, vous ennuie et vous tourmente, et vous craignez déjà que faisant appel à votre bonté pour moi je ne vous demande d'essayer, de faire un effort qui vous déplairait énormément, comme par exemple de dire une prière pour moi. Mais mon cher ami – une fois encore et pour toutes – rassurez-vous – tout ce que je vous demande je vous l'ai dit, c'est de ne pas montrer de mauvaise volonté, c'est de ne pas refuser de connaitre les sentiments qui font ma vie - surtout je le répète que jamais je ne vous ferai entrevoir la Lumière que sous une forme poétique ou héroïque, étant donné que je sais à qui je parle. Et maintenant voilà je pense notre amitié éclaircie du petit nuage qui planait au-dessus d'elle – et toute longue qu'elle soit, je crois avoir bien fait de vous écrire aussi longuement, pour que tous deux nous puissions avoir – comme nous l'avons eu jusqu'au dernier mois – pleine et entière confiance l'un dans l'autre. Amitiés Georges. Un dernier mot pensez je vous prie cher ami, que le seul livre que vous ayiez lu à mon instigation – vous a valu Porphyrion – ou du moins l'un de ses plus beaux chants – Dunque… Comme disait mme Bartoli… reprenons les postcards et dites-moi quand arrive votre volume. Je l'attends avec impatience. Une postcard très condensée aujourd'hui : j'ai reçu un petit mot charmant de Pye, à propos des poèmes – et lui ai écrit.

Letter 82: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Feb 11 1898 lon rue Van Elewyck
My dearest Georges, I have been trying to find time to write, but have not had a moment to myself for some days. I must write more at length: this is only to thank you for your letter, and to acknowledge your reproaches and to ask your pardon. But do you know what I was really reproaching myself with? Not I fear, the Fioretti, but victor Hugo. Why did you not say you particularly wished me to read the books? I had no idea that you had it so much at heart. – Dearest Georges you do not understand my attitude and position of mind: but how should you know what I have not told? I will explain when I write next. My book ought to be out in three weeks. I am going to the country for Sunday but will write very soon. L.

Letter 83: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

12 Mar 1898 Ixelles to 3 Barton Street
Très cher ami. Je suppose que vous ne m'écrivez plus parce que de jour en jour vous attendez l'apparition de votre livre que j'attends moi-même impatiemment. De mon côté vie très uniforme et affairée par l'étude de la logique que j'ai Dieu merci terminée et de la psychologie que je suis en train d'achever. J'espère avoir terminé en avril mes études philosophiques cela ne me changera pas beaucoup ! mais me facilitera sans doute la théologie – mon éditeur a été retardé dans la publication de mon anthologie – il va lancer un prospectus la semaine prochaine – une page de ce prospectus devrait être un portrait de Keats. Pourriez-vous obtenir d'Emery Walker la permission de le reproduire sur le prospectus – mon éditeur veut reproduire tous les portraits faits par Walker dans le livre, et est tout disposé alors à payer les droits qui reviendrons à Walker – ce qu'il demande pour le moment c'est simplement l'autorisation de reproduire le Keats dans le prospectus. Et il paiera même pour cette reproduction ou prospectus si Walker le demande, et dans ce cas il serait très aimable (Walker) en m'écrivant combien cela coûte. Puis-je vous charger de cette demande ? Merci d'avance si vous pouvez le faire et à bientôt n'est-ce par votre livre et de vos nouvelles. G Amitiés.

Letter 84: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

16 mars 1898 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, I was very glad to hear again from you. Like yourself, I have been terribly busy. Logic is a wearying subject, isn't it? By good luck, Walker was here yesterday, and he is going to send you a formal letter, for you to give to the publisher. It will be all right, as long as you put his name and address under each print, and pay 2/6 for the whole privilege including prospectus. I shall be very glad to see the book out. My book ought, of course, to have been out some weeks ago, but is now being bound, and will appear, I think, next week at latest, Strang has done a portrait of me which I think very good – an engraving. I'm afraid I can't afford to give you one just yet, as I think they cost 2 guineas each: I have only one copy. When I get a bit richer, I will send you one. Can you tell me of any books I ought to read on West Flanders? I should particularly like to get at some fine stories of the time of Charles the Bold, etc. in contemporary writers. I think we shall go to Bruges sometime in June. Write again soon, affectly yours, Laurence

Letter 85: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated :

March 23 1898 ?
3eme jour de printemps Très cher ami. J'ai lu avec ravissement un chant de Porphyrion le premier jour que je l'ai reçu, c'est à dire lundi matin: et tous ces jours ci (n'ayant pu trouver le temps de continuer ma lecture) je pensais néanmoins bien à vous en admirant l'harmonieuse et délicieuse douceur de ces matins de printemps, où le ciel tout au matin (à l'heure que vous dormez sottement dans vos draps) est de ce bleu exquis imperceptiblement voilé de vapeurs comme memling et metsys [157] aiment à le peindre au fond de leurs tableaux. Et j'aurais voulu vous avoir avec moi tous ces matins pour vous faire admirer ces ciels incomparables à vous qui aimez tant la nature et la vie et qui si admirablement savez la décrire et le faire voir en vos vers. Vous êtes bienheureux, vraiment très cher ami d'être si merveilleusement doué au point de vue poétique, et de voir les images toujours nouvelles et radieuses de la nature se présenter naturellement, et s'en chasser dans vos vers en une forme immuable. Vous voilà donc immortel et classé parmi les grands poètes de votre pays, maintenant que Porphyrion a paru. C'est au moins mon avis dès à présent. Comme cela l'a été à la première lecture – et je ne doute pas du grand succès qui vous attend. C'est même une conviction plus réelle chez moi maintenant, depuis que vous avez très heureusement remanié ce premier chant. Et ne croyez pas que mon amitié me fasse exagérer le bien que je pense de votre poème : j'en pense certes en le relisant plus de bien qu'aux premières lectures, mais comme aux premières lectures je suis loin de le trouver parfait. Le IVe chant malgré le nom d'Orophernes qui y brille et la bataille brillante de la fin, n'en est pas moins à mon avis vague, indécis et tout le commencement ne semble qu'un remplissage pour amener la bataille imagée qui le termine. Et je passerais encore le IVeme chant, mais la fin du dernier est vraiment déplorable – on sent que vous n'avez pas su comment conclure et que vous aviez hâte d'en finir. – vous n'avez pas osé finir en [stoicien], vous n'avez pas voulu finir en sceptique, et vous faites mourir injustement ce très intéressant Porphyrion au moment où il allait avoir à nous dire ce qu'il pensait de la vie. – qu'est ce que cela prouve - Sinon que vous êtes jeune encore, et que vous n'avez pas choisi encore pour vous-même ce qu'il convient de croire dans la vie – vous croyez pour le moment qu'il convient de se laisser vivre, et d'admirer de toute son âme la nature, consacrant toute son énergie à la voir, à l'aimer et à la faire voir et aimer aux autres – Very well – C'est un bon commencement, et comme je vous connais, et vous ai choisi pour mon ami, j'ai pleine confiance en vous, assuré que vous ne tarderez pas à voir non plus l'aube mais le grand jour, si vous voulez bien prendre connaissance des aspects de vie que je vous indiquerai, et que je veux vous faire voir par ces lectures dont je vous ai déjà parlé et que je vous demanderai de temps à autre – car laissez moi vous le faire remarquer : ce n'est pas A LA JOIE qu'il aurait fallu dédier votre livre mais A LA VIE – ce qui eut été bien plus juste – vous n'avez pas voulu parce que vous avez déjà intitulé votre recueil précédent The Praise of Life – mais là le titre était juste – car ce n'est pas la joie que vous aimez - la joie n'a rien à faire dans le Veme chant de Porphyrion, ni dans martha ni dans the Supper – mais bien la vie qui sous des aspects les plus divers, vous exalte et vous transporte en vrai poète que vous êtes. Car pour vrai poète vous l'êtes et je me plais à le répéter pour que vous ayant dit le mal que je pensais de la fin du poème, je vous dise aussi surtout le bien que j'en pense, le considérant dans son ensemble et ses détails. Les retouches que vous avez fait au premier chant l'ont beaucoup embelli, et les « similis » sont restés ce qu'ils étaient, c'est-à-dire des images, des métaphores d'une beauté toute classique déjà, et qu'on sent, comme je vous le disais plus haut, devoir rester toujours – (celui du vin se mélangeant à l'eau par exemple, et celui des guerriers rêvant dont les mouvements sont comparés au lent déroulement des algues des rivières – ceux là et mille autres d'ailleurs.) Porphyrion fait forcément penser à Endymion et à Hyperion – et c'est ce qui me faisait dire et penser tantôt que vous étiez désormais assuré de votre gloire – car à mon avis Porphyrion est de beaucoup supérieur aux deux poèmes restés classiques de Keats, et les jolis vers de martha et les beaux vers calmes de l'augustin suffiraient à vous classer définitivement comme je vous le disais parmi les vrais grands poètes de ce siècle – Je n'ai pas encore lu les autres pièces du volume, mais comme je vous ai connu et ainsi inconnu, je n'ai voulu non plus être des derniers à vous saluer dans la gloire. Je vous écris tout cela franchement et joyeusement, parce que vous êtes mon ami, mon cher ami Laurence Binyon et que je sais que la louange et le blâme ne vous changeront pas pas [sic] ni à mon égard, ni à l'égard des autres. – Il n'y a pas à s'enorgueillir d'ailleurs d'être doué – on nait ainsi – et on n'en peut que remercier Dieu qui nous a fait ainsi, et s'en réjouir avec ses amis. C'est ce que j'ai fait avec vous en vous disant par cette lettre le bien que je pensais de Porphyrion. Je m'en vais maintenant le prendre avec moi et le faire admirer ce jour à mes amis Paul Tiberghien et Arnold Goffin. Les articles des journaux seront bons sans doute – mais s'il en était d'insipides, marchez dessus comme un « Conquistador » Je suis meilleur juge que tous ces gazetiers, et j'ai lu assez de poètes anglais pour savoir ce qu'il faut penser du très beau et très cher Porphyrion ! Amitiés à Pye. G.

Letter 86: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

26 Mar 1898 chelsea rue Van Elewyck
25 March. Dear Georges, delighted to get your letter (no one writes so charming letters as you) I hope you will get my book on Sunday, as I am promised copies tomorrow. It has been terribly delayed. – About the portraits; they will have to be done from engravings in the Print Room. Therefore your publisher will have to pay for having the portraits made: they are not, like Walker's, made already. I think it would best to have the clichés made by the photographer, as I think it will be cheaper. I have asked a man called Hyatt, who is cheaper than the Autotype Co, for estimates. He says he would charge 1s per square inch for the cliché of each portrait. S16? For each photograph. Le chevalier printemps has been rash: it is like the retreat from Moscow today, wild snow and raging wind without a pause. O for summer! I am feeling rather tired and overworked, and look forward to June very much. Ever yours affects Laurence. You don't say the size of the portrait so I am obliged to talk of square inches. I think an inch = 25 millimètres.

Letter 87: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Business Mon cher Laurence – merci bien pour vos postcards relatives à Walker et à Hyatt. Pour Walker ses conditions sont charmantes et je lui ai écrit pour lui demander – pour mon éditeur – que lui Walker veuille bien confirmer votre postcard et m'envoyer les photographies qu'il a faites et que je n'ai pas – je les lui ai désignées – Ca va très bien de ce côté – seulement j'ai écrit fin de semaine passée et je n'ai pas encore de réponse. J'ai écrit à Clifford's Inn 16 Fleet Street – Si c'est bien son adresse comme je le crois, ne pourriez vous pas lui écrire une petite postcard pour lui demander s'il a reçu ma lettre. Pour Hyatt – je ne sais pas vous répondre de suite parce que je ne sais pas bien le chiffre de votre postcard indiquant le prix de chaque portrait – et que je ne sais pas bien et mon publisher non plus ce que c'est que des = inches = ou du moins comment ça se reproduit en centimètres. Le plus simple arrangement est donc celui-ci – voulez vous demander à Hyatt 1) Combien il demanderait pour me faire non pas un cliché mais une photographie de la grandeur et du genre de celles de Walker (j'entends ses portraits de Keats de Lamb et de Coleridge que vous m'avez envoyé) 2) Combien il demanderait pour le droit de les reproduire - en lui disant que s'il veut me permettre un prix de faveur, je ferai comme pour Walker c.a.d. que j'imprimerai son nom est adresse en dessous de chaque portrait Ce sera plus simple ainsi cher ami. Si comme je l'espère les prix de Hyatt sont raisonnables, au reçu de votre réponse me donnant en même temps son adresse, je lui écrirai de suite de faire les portraits et de me les envoyer contre remboursement. C'est la partie embêtante de l'organisation d'un livre cette correspondance avec les photographes. C'est pourquoi ne voulant plus vous déranger d'avantage pour ce livre qui vous a tant dérangé je vous demande après ce dernier service de vouloir bien me donner l'adresse de Hyatt pour que je puisse finir en affaires directement avec lui. Pour Squire et Streatfield on joue les Béatitudes de César Franck Jeudi prochain (Jeudi Saint 7 avril à 7h du soir – c'est le jour de la répétition générale – et le lendemain Vendredi saint 8 avril à 8h du soir. Direction de Gustave Huberti et parmi les solistes mme Flament.- Et Dimanche prochain – Palm Sunday – le 3 avril Passion de J.S. Bach au Conservatoire – je ne l'ai pas écrit plus tôt parce qu'ils m'avaient dit vouloir venir seulement aux Béatitudes. Amitiés à eux et à Image. G. A la monnaie on joue en ce moment Tannhauser.

Letter 88: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

2 Apr 1898 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, many thanks for your delightful letter. I will answer your questions in person. Have had neuralgia, I am ordered away by my doctor, so am coming to you. If inconvenient to take me in, will you find me a room somewhere? And please let me pay for my board, won't you? I shall arrive at 6.10 tomorrow Saturday afternoon from Ostend. Must be back by Thursday. I hope you will be glad to see me, if you can't meet me never mind. I will come by the tram. If I should be prevented by anything I will telegraph No L

Letter 89: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

15 april 98 15 april.
My dear Georges, I gave the order to Hyatt on my return, but no work is done here at Easter on account of Bank Holiday, so there has been some delay. I hope he will send the photos soon. I have bought a photo of Swinburne, but am horrified to hear from Oldmeadow that the photographer will charge you a guinea for permission. This is absurd. So I asked Rothenstein [158] if you might have the portrait he made of Swinburne, which appeared in the Pageant [159] . He says it is not his copyright, but that he has done a better, which has never been published and which you might reproduce. He may want a little money, but I would try to persuade him to give it you (of course with reservation of copyright). It would certainly add to the book from the publisher's point of view and the Pageant portrait was quite a good one. Let me know about this. Have you heard from Walker? If not I will go and see him. I have had three or four good reviews (one in the Times today) one is almost absurdly enthusiastic and entitled A New Keats. I feel much better for my holiday; though I still have neuralgia I had two delightful days on the Thames near Reading. Image sends his love to you. Affects yours L.

Letter 90: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

25 april 1898 lon rue Van Elewyck
25 April. Dearest Georges, I find we have an engraving after Watts' earlier portrait of Tennyson, which is much better than the later portrait, and I have told Hyatt to do this. You will not have to pay copyright I think. We have also an etching of Swinburne in 1860 by William Bell Scott [160] : it is not well drawn and looks rather old, but is interesting. It is not unlike Watts' portrait. I shall send tonight the photo I bought. Will you choose between this, the Scott portrait and the Rothenstein drawing? I advise you to take the Rothenstein, as it is inédit, and probably good; especially as he offers it to you. But decide as you like. I wrote to Seeley about Christina, if you want the Portfolio portrait, you must apply to W.M. Rossetti [161] who owns the drawing. (he is, I am told, strictly a man of business!) But Walker tells me he has sent you one from the Gallery. – Pye is going to move to himpsfield (4 miles from Caterham) in June. He will inquire about the Catholic church and would be very glad if you could come over for a time in the summer. – We shall come to Flanders about June 4, I think. – I send 2 photos sent by Horne for you, with his love. They were taken by the beautiful Miss Duff Gordon. The abbey is not unlike Villers, is it, Affectly yours Laurence.

Letter 91: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter, probably April 1898
C'est aujourd'hui le premier jour de printemps on vit d'un délicieux bain de vapeurs et de lumières et le jardin tout vert et fleuri en face de chez moi est merveilleux ! Très cher Laurence. Merci pour le portrait de Swinburne hier soir. Il est bien comme on l'imagine d'après ses poèmes, ruiné d'excès, et avec à ce qu'il me semble tous ses vices peints sur son visage. Je serais bien heureux de reproduire le portrait de Rothenstein que vous me proposez, mais vous dites « he may want a little money » - ? Qu'est ce que cela serait a little money. Cela engendre de nouvelles complications. Le mieux serait me parait-il ceci. Quand vous voyez Rothenstein, voulez vous lui dire ceci c'est que mon éditeur reproduisant une 20aine de portraits n'est disposé qu'à donner quelques shillings pour chacun, que je n'oserais pas lui offrir si peu pour son portrait mais que s'il veut bien permettre à Hyatt de le photographier, je lui serait très reconnaissant, et exprimerai cette reconnaissance par une petite note au bas du portrait où j'indiquerai en même temps la réserve quand au copyright. Si cela peut convenir à Rothenstein tant mieux, sinon ne vous inquiétez plus du Swinburne je crois qu'il y a quelque part chez Paul Tiberghien un portrait de Sw. Par Rossetti. J'irai le prendre, j'enverrai les 10 S de droits à Hollyer, et ce sera ainsi arrangé. Donc voilà pour Swinburne. Merci bien pour la commande que vous avez faite à Hyatt du portrait de Tennyson c'est parfait. Il ne me manque plus que Shelley et Moore, et ils étaient n'est ce pas tous deux sur votre liste de Hyatt. Si pour un motif quelconque il ne pourrait photographier Moore, ne pourrait-il photographier Campbell de façon à ce que j'ai en tout 20 portraits comme je le voudrais. S'il a photographié Moore inutile de photo. Campbell (je vous ai dit n'est ce pas que Walker m'avait envoyé Blake, Hood, Christina Rossetti mais si Hyatt a déjà photographié Hood cela ne fait rien parce que le portrait reproduit par Walker n'est pas beau). Voilà les longs pourparlers au sujet des portraits terminés et je vous suis bien reconnaissant pour tout ce que vous avez fait à cette occasion, comme aussi à Walker qui m'a été extrêmement utile et obligeant. Merci pour les 2 photographies envoyées par Horne et faites bien mes amitiés à l'occasion. Je connais San galgano pour avoir vu des reproductions à Florence chez mon amie Pia Grottanelli à laquelle l'abbaye appartient je crois – elle ressemble en effet beaucoup à Villers, mais Villers est je crois plus grandiose. Je ne connais pas en revanche Miss Duff Gordon - the beautiful m.D.G Who is She? Very well Come in June. I hope we will have a nice time at Bruges – our good old meeting place. – je vous ai envoyé hier un ancient camarade de la Jeune Belgique Charles Van Lerberghe [162] , qui va passer trois ou quatre mois à Londres. Recevez le bien, et présentez le un peu si vous voulez à quelques amis pour qu'il ne soit pas trop perdu là-bas. Je le connais assez peu, mais il parait sympathique : c'est un ami de Severin. Il a même été le premier à faire du théâtre « maeterlinck [163] » avant maeterlinck, en publiant « les Flaireurs » drame en un acte assez saisissant, et il a publié d'assez beaux vers sur le Parnasse de la Jeune Belgique [164] . Il est très timide – je lui ai dit de vous aborder en vous demandant à voir les Blake illustrés et la Print Room. Causez avec lui quand il a fini. Il est de Gand comme Maeterlinck avec lequel il est très lié, et il pourrait je crois mieux que moi vous indiquer les recueils de légende, si tant est que vous en vouliez encore. Amitiés a tutti ! Et PORPHYRION – il faut m'écrire tout une carte pour m'apprendre ce qu'on en dit. G.

Letter 92: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

March 10 1898 lon rue Van Elewyck 9 May.
My dear Georges, Rothenstein has been away at Dieppe and I have only just heard from him. He says it will be all right, so you will not have to pay. I will arrange for the photographing. Hyatt has, I hope, sent you all the portraits now – Shelley, Blake, Hood, and Tennyson. – I shall be interested to see Mr Van Lerberghe; he has not yet arrived, but I will welcome him. Just for a few days I am staying at Caterham, coming to the Museum for the day, and returning at night: the nightingales are singing loud, and it is very beautiful. Pye is going to write to you. I am sending you the Bookman [165] with a reproduction of my portrait. You will see the review and what they say of Porphyrion. Many of the papers have said the same thing; others have praised it highly. On the whole the book has delighted a few but has not been a general success. I am quite well pleased. I was at Oxford last Sunday but it rained all day. Yours affects Laurence.

Letter 93: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

2 Jun 1898 lon rue Van Elewyck
My dear Georges, I have just returned from a week's stay in the North, near the Lakes, the country of Wordsworth and Coleridge – very beautiful. Strang and I, and I hope Pye, will come to Bruges on Saturday by the train arriving at 12.45 and we will go to the Hotel de Flandre (I think that is the one near the station) unless you tell me a better one. I hope you will be there: but if inconvenient, we shall be at Bruges for 2 or 3 days, so you could come on Sunday or Monday. But it would be much nicer to find you at Bruges when we come. Let me have a card. If you will be there, please order rooms: if not I will write. L.

Letter 94: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

25 Jun 1898
Dearest Georges, forgive my not writing before. I have been trying to get my hair cut for 10 days, in vain, so you may imagine how little leisure I have had. People will invite me to dinner, and I want to get my West Flanders done. We were very sorry not to see you again. Bruges seemed strange without you. We came home on Wednesday last week, having found it all very pleasant. Strang and I both enjoyed the dunes near Furnes extremely. But after all those gorgeous days at Bruges, with you and Pye, were the past. Strang has already done 4 plates, and I have written 2 or 3 thousand words, Van Lerberghe came to see me on Wednesday. I don't believe it is a wig: I observed it very closely. He was with Maeterlinck at Pellens & Mélisande this week. They thought it much better done here than by Poe. All the English people think the contrary. Will write again very soon. Rothenstein had forgotten about the Swinburne. The drawing belongs to Ricketts, and will now be done as soon as possible. Affectly yours Laurence. ‘Amerrica' has returned! He was 5 months in Spain.

Letter 95: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

28 Jun 1898 Ixelles to 3 Barton Street
And however it is a wig ! que vous n'ayez pas écrit pendant tout ce temps cela ne fait rien car nous sommes si bons amis que quand l'un reste sans écrire, l'autre sait bien que ce n'est pas par manque d'amitié mais de ce temps qui manque à tous ceux qui vivent en de grandes villes et surtout à Londres. – et le bon vieux Burne Jones est mort depuis que je ne vous ai vu – s'il paraissait un bon article sur lui ou un beau portrait dans un journal illustré j'aurais grand plaisir à le recevoir – si toutefois cela vous tombe sous la main – j'ai rencontré ces jours-ci mon publisher qui m'a annoncé avoir enfin commencé l'anthologie j'ai réglé mon compte avec Walker en le remerciant bien vivement de son obligeance, et j'ai fait la même chose pour Hyatt en le priant de vouloir bien m'envoyer aussi tôt que possible les deux portraits de Swinburne et de Tennyson qui me manquent et que je voudrais beaucoup avoir pour qu'on puisse commencer de suite à trier les portraits – je serais bien content de voir votre livre et les eaux fortes de Strang [166] Je tacherai de faire acheter ce bouquin par la bibliothèque. Mille amitiés à Strang et à Pye et « mille et une » à lei signorinor Egram [167] peccato non possiamo habitare tutti e due la Stessa citta, non è vero ? [168] Ne restez pas trop longtemps sur le West Flanders, afin de vous mettre bientôt tout entier à « la forêt ».

Letter 96: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Jul 18 1898 Lon rue Van Elewyck 18 July.
Forgive me, Dearest Georges, - I have been without spare time for weeks it is terrible. You must be getting very impatient for those photographs. Hyatt is most tiresome, he has been away for ten days and won't be back till Friday, I don't know what to do. Will it do if your publisher gets them by the 1st of August? The book on Flanders progresses slowly, but it is not easy for me to write at all. I want to finish it and begin the Forest but that will not be before the middle or end of August. O that we were in Cornwall again together in this divine heat! I was at Pye's new house last week. It has a beautiful garden, smothered in roses, and the country is even prettier than Caterham, 4 miles off. I wish you could come. The Dream of Gerontius has been translated into French, but I don't expect it is a good translation. Ever yours affectly Laurence.

Letter 97: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter, probably July 1898
A beautiful garden smothered in Roses Vous voyez cher ami que votre « nice postcard » a atteint son but qui était de me donner une grande envie de voir ce jardin smothered in roses. Et quel jardin pourrait être plus joli que ce jardin de Pye, un jardin tout jonché et palpitant de roses épanouies dans un pays de collines bleues entre lesquelles courent des routes blanches. Aussi bien suis-je aujourd'hui plein de souvenirs et de sollicitations au voyage vers tous les pays que j'aime. J'ai écrit ce matin à Florence, et tandis que je vous écris à vous dans la douce et moite chaleur qu'il fait aujourd'hui un orgue sous mes fenêtres joue la passionnée et évocative Siciliana de la Cavalleria Rusticana [169] et je me revois avec mon ami Benidetto Salemi sous le ciel étoilé de San Gimignano – alors que penchés sur les vieilles fortifications de cette magique petite ville, nous sifflions tous deux le même refrain passionné en contemplant au-dessous de nous les chaines de collines que nous avions gravies dans la chaleur du jour, après la poétique visite à la maison de Boccace à Certaldo. - Que tout cela était doux et beau ! Et ce matin aussi j'écrivais – (c'est un jour de correspondance) – à mon frère Jules qui passe en ce moment quelques jours dans la Forêt noire. Et cette Forêt noire, est encore un des pays qui m'ont toujours hanté et que j'ai depuis longtemps parcouru en rêve. C'est de là et des bords du Rhin que viennent les légendes du Kobolds, des elfes qui sont si fascinants dans les contes de Ludwig Tieck [170] que je veux toujours vous faire lire. Et pourtant il est bien probable que je ne verrai plus les collines de Surrey, les tours de San Gimignano, et que je ne me promènerai pas à l'ombre des arbres pleins de poésie et de légendes de la Forêt Noire. – plus s'avance et s'approche effet la date de mon entrée au séminaire qui était fixée comme vous le savez à fin septembre – moins j'ai envie d'y rentrer me sentant tout à fait incapable de remplir avec le dévouement et l'abnégation que j'avais rêvés la vie qu'il faut mener dans le monde quand on veut être un prêtre digne de porter ce titre – que j'ai vu d'ailleurs fort bien porté ici par la plupart des prêtres que j'ai rencontrés. C'est que à côté de la foi et de l'amour que j'ai pour Dieu, il faut aussi à mon avis des dons naturels et des qualités qui me manquent jointement – Le mois passé que j'ai employé à aider les organisateurs du Congrès Eucharistique m'a convaincu autant que je pouvais l'être que je manquais absolument du sens pratique qu'il faut dans la vie à celui qui veut diriger les autres. J'ai de plus horreur de l'affairement dans lequel doivent vivre tous ceux qui étant prêtres veulent avoir une influence sur ceux qui vivent autour d'eux. Et j'en suis venu ainsi tout doucement à laisser là le séminaire pour le cloître et à entrer fin septembre chez mes amis les Bénédictins de Maredsous. Naturellement il m'en coute d'avoir à vous affliger en vous annonçant cette résolution – mais je me hâte de la tempérer en vous apprenant que les Bénédictins sont laissés beaucoup plus libres par leur règle que tous les autres moines, qu'ils peuvent notamment recevoir de fréquentes visites et que j'espère bien avoir souvent la vôtre à Maredsous. Le couvent qui est fort beau est situé dans ce pays [que j'aime et qui est vraiment mon pays]? l'Entre-Sambre-et-Meuse près de Dinant. Il y a un bon hôtel sur la colline à côté du couvent et au cas où cela vous déplairait de venir loger au couvent vous pourrez venir loger à cet hôtel et venir causer et vous promener avec moi aux heures de récréation chaque jour et faire de jolies excursions avec Pye le reste du temps. Maintenant cela n'est pas encore absolument décidé. Mais cela est pourtant presque certain. Ne l'annoncez cependant pas encore à personne autour de vous je vous en prie. Rien n'est fait encore et j'ai voulu vous avertir le premier pour vous donner le temps de vous habituer à cette idée. J'ai été donc très affairé moi aussi pendant tout le mois passé par mon Congrès. Il est fini maintenant et je vais me mettre à mon aise à l'anthologie, me réjouissant d'avance du bon mois de poésie que je vais passer en relisant les poèmes. J'ai relu les premières épreuves du prospectus – ne vous inquiétez plus de Hyatt. J'ai les portraits de Tennyson et de Swinburne et je vais persuader à mon éditeur de faire faire un croquis par un des dessinateurs ou peintres qu'il emploie et nous imprimerons tranquillement le croquis interprétatif de ce jeune peintre – en disant simplement – portrait de Tennyson et Swinburne d'après un croquis de – (le nom de ce jeune peintre) Ainsi cela sera fini de suite – autrement nous en avons encore pour des mois. Je vais recommencer le prospectus qui a été mal fait. Dès qu'il aura paru je vous l'enverrai. Quand vous passez par la Reading Room, regardez un peu au Catalogue le nom du traducteur du Dream of Gerontius et mentionnez le sur votre prochaine post card. De grâce, cher Laurence – Finissez en tranquillement avec votre livre sur les Flandres. Cela n'a aucune importance. S'il y a un bon title page – de bonnes eaux fortes de Strang et si le volume est bien imprimé c'est tout ce que l'on vous demandera et personne ne le lira ! Ce n'est pas aimable ce que j'écris là – mais c'est un bon conseil – mettez vous à la Forêt et faites la aussi symbolique et descriptive et aussi peu anecdotique que possible. C'est un magnifique sujet que vous avez là et il ne faut pas gaspiller votre temps alors que vous êtes en plein épanouissement de vos dons poétiques. Terminez [de finir et brusquement] les Flandres. Travaillez au grand air à la Forêt – et à la fin août ou au commencement de septembre – quand la forêt sera bien en train et l'anthologie presque terminée – prenons ensemble si possible huit jours de vacance au bord de la mer. Amitiés à Pye, à Strang, à Image et à Horne – et Viva la Espana ! Addios – Addios Viscaya [171] ! Avez-vous [sic] comme ils sont bien morts mes pauvres et courageux amis les Espagnols, et ce marin auquel un boulet de canon avait emporté le bras droit et qui repêché par un canot américain, a fait froidement et sans dire un mot le salut militaire avec le pauvre bras qui lui restait. Je suis resté 5 ou six jours sans lire de journaux tellement j'étais désolé du sort de mon cher ami Cervera [172] .

Letter 98: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter, possibly Aug 1898
What a man must do What a man can do What a man ought to do A BOOK IN THREE PARTS BY LAURENCE BINYON CLERGYMAN Mon Dieu cher ami que vous écrivez tristement quand vous écrivez en prose! Je savais parfaitement bien quand je vous ai écrit ma dernière lettre que nous n'étions pas d'accord – Sur ce qui est « naturel à l'homme » et sur ce qu'il peut faire et ne doit pas faire et vous annonçant ma décision – Je vous ai écrit aussi gaiement et aimablement que possible pour vous témoigner que cela ne changerait rien à ma manière de voir à votre égard, et pour vous faire comprendre que je n'avais qu'un regret c'est qu'il m'était possible de vous voir moins souvent dans mon nouveau genre de vie. – Je dois dire que cette lettre m'a si fort déplu que pour ne pas augmenter mon déplaisir en la relisant je l'ai mise de suite au feu – tout ce qui y était dit ressemblait si peu au Laurence Binyon que j'ai pour ami. – Et comme je l'ai mise au feu, je n'en parlerai plus après cette constatation si je ne croyais dans votre intérêt de vous faire remarquer brièvement combien peu fondées sont vos objections contre ma nouvelle vie. Vous dites qu'elle n'est pas naturelle – mais qu'est ce qui est « naturel » ? La vie que vous vivez à Londres est-elle naturelle ? ou bien est ce la vie du peuple qui est naturelle, ou la vie des gens des campagnes. Il suffit de réfléchir un instant me semble-t-il pour conclure que vous n'avez guère de droit à déterminer d'une façon générale un mode naturel de vie. – Elle n'est pas naturelle dites vous encore parce qu'elle est l'objet d'une lutte continuelle contre soi-même – admettons si vous voulez qu'elle ne soit pas naturelle en cela. En est-elle moins belle et moins noble ? Est-ce que pour pouvoir faire vos poèmes vous n'avez pas lutter [sic] sans cesse contre vous-même, contre votre indolence, contre le monde, contre tout ce qui vous sollicite autour de vous. Est-ce que vous ne luttez pas contre vous-même quand vous allez vous « cloitrer » et vous murer chaque jour au British ? Est-ce que vous ne luttez pas contre vous-même quand vous écrivez des pot boilers, quand vous vous logez dans une chambrette poussiéreuse et triste et quand vous dinez dans un restaurant de 3eme ordre. Et cependant vous souffrez tout cela, librement, volontiers et joyeusement pour pouvoir vous consacrer tout entier à vos poèmes – de quoi je vous loue, moi, grandement. Mais encore une fois comprenez que ce vous faites là n'est pas plus naturel, s'il faut juger d'après le jugement de tout le monde – que ce que je vais faire moi-même – Laissez moi vous dire encore, carissime – que vous parlez aussi de ce que vous ne connaissez pas. Vous n'avez pas vécu dans un couvent et tout spécialement vous ne connaissez ni Maredsous ni la vie que l'on y mène. Je crois que nous sommes d'accord sur ces points. Laissons donc désormais là « le naturel » et le « raisonnable ». Aimons nous bien comme hier et comme aujourd'hui et voyons nous le plus qu'il nous sera possible. Si nous avons tous deux des préjugés et des idées fausses ils tomberont sans doute en nous connaissant mieux l'un l'autre. Vous êtes resté si longtemps sans m'écrire – au lieu de m'écrire simplement une bonne postcard – que j'ai eu le temps moi de retourner à Maredsous de m'y décider définitivement et d'y arrêter la date de mon entrée qui est fixée aux 1ers jours d'octobre. D'ici là je vais tacher d'arranger mon anthologie et des poèmes que j'ai commencés. Je dois aller la semaine prochaine à Chantilly avec mon père mon frère et ma belle sœur. Du 15 au 20 je vais à la Panne et de là un jour ou deux à Montreuil pour y dire adieu à mon cher ami Paul Tiberghien que je ne verrai sans doute plus jamais après cela [173] . Pour vous qui n'êtes qu'un enfermé volontaire et temporaire dans la forteresse du British, j'aime à croire que je vous verrai presqu'aussi souvent que je vous voyais, étant donné que nous ne pouvions guère nous voir qu'une ou deux fois par an. Vous mettrez bien votre amitié par-dessus vos préjugés pour venir me voir revêtu de mon froc si vous ne pouvez venir me voir avant octobre et quand Pye sera venu une fois il sera naturellement ravi par le paysage de Maredsous et la façon dont on y chante le plain chant qu'il vous y entraînera dès lors régulièrement, et vous organiserez ainsi chaque année un Maredsous pilgrimage – avec des compagnons choisis que je serai heureux de revoir et pour lesquels ce sera leur bonne petite vacance. Ce qui serait très amusant si vous pouviez le faire c'est de venir ici quelques jours en septembre. Nous aurions quelques bons jours ensemble soit à la mer soit dans les Ardennes, soit encore près de Maredsous pour vous en faire une idée moins hostile à ce tlan ? – des mille et une nuits – que vous désiriez voir. Maintenant il faut que je travaille à mes poèmes car je n'ai plus beaucoup de temps. Je ne veux plus vous raconter qu'un petit mot que m'a dit une pauvre vieille femme que j'ai rencontrée l'autre jour près de Maredsous. Elle était vêtue de haillons invraisemblables et s'appuyait pour marcher sur un long bâton blanc qu'elle avait cueilli dans les bois. Elle avait l'air de la Pauvreté chère à St françois ou d'une vieille fée des contes des frères Grimm. Je lui ai donné quelques pence et me faisant une belle révérence elle m'a dit « merci m'cher cœur ! » J'ai été tout enchanté de son remerciement toute la journée et je le suis encore car de nos jours les bons paysans ne parlent pas toujours aussi poétiquement Amigo. Ecrivez maintenant une post card pour montrer que vous n'êtes pas fâché de ma lettre. Je demanderai le renseignement sur Charles the Good [174] .

Letter 99: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

10 aug 1898 lon rue Van Elewyck 9 Aug.
Dearest Georges, I am glad you destroyed the letter for it was stupid I know. Forget it. I will not again write seriously in an odd moment. I wish I could come to Belgium in September: but it is not possible. This is to bring you my love and best wishes for your birthday (and mine) tomorrow. I hope the anthology will soon be out. I want to see it very much. I hope this will reach you before you leave Brussels. Laurence.

Letter 100: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter
Hotel de la Noble Rose à Furnes, Belgique Eh bien, cher ami, j'y suis comme vous voyez ! J'y ai même fort bien dîné et je vous le recommande bien vivement à Pye et à vous pour ses vins très bons et sa vie familiale. Et je suis on ne peut plus heureux d'y être venu parce que je sais maintenant que cette noble Rose est la Rose rouge de Lancastre sur laquelle mes souvenirs historiques me laissent malheureusement fort à dépourvu. Mais enfin il suffit que ce soit la Rouge Rose de Lancastre pour que je sois transporté d'enthousiasme. Quel dommage que vous n'ayez pu venir ici avec moi. Nous aurions vécu ici comme des princes pendant quelques bons jours. Il ne faut pas manquer d'y venir un jour avec Pye et Strang. Cela leur plaira beaucoup et au dessert vous raconterez – (je voudrais être là pour les entendre les sanglantes poétiques et tragiques histoires des 2 Roses. Je retourne hélas à Bruxelles demain où je ne ferai que passer huit jours. Car le 1er Septembre je partirai probablement avec mon frère pour Florence où je vais flâner avec lui mes derniers 15 jours de voyage- deux trois jours à Florence et le reste dans les montagnes et les petites villes [de Casentino] ------- Dunque! écrivez-moi de suite une petite – cartolina - à Bruxelles pour me dire quelles nouvelles à Barton Street et au British – je vous le revaudrai en vous envoyant des cartolina des petites villes de Toscane – faites bien des amitiés de ma part à Pye et Strang et Horne et à Image et croyez-moi Lorenzino – vestro [175] J'avais voulu faire une belle signature moyenâgeuse mais le bon vin de la noble Rose m'en empêche. Amitiés. G

Letter 101: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

20 Aug 1898 Panne 3 Barton Street
Cher Laurence. Pardonnez-moi cette peu convenable postcard que j'ai achetée il y a 5 jours à Bruxelles et qui est restée depuis dans ma poche. En revenant de Coucy le château, Soissons, Pierrefonds, Senlis, Chantilly, très charmante excursion, je n'ai fait que traverser Bruxelles où j'ai trouvé votre postcard pour laquelle je vous remercie de tout cœur – et je suis venu m'installer ici à la Panne – Grand Hotel Panne Bains par adinkerke au milieu de ces dunes de sable blanc semées de bruissantes herbes vertes et de fleurs jaunes que j'aime tant. C'est le plus délicieux séjour que j'ai fait depuis longtemps et je regrette bien vivement de ne pas vous y avoir avec moi ces jours-ci. Je resterai ici jusqu'à mardi et si vous vouliez venir je resterais toute la semaine prochaine – Ecrivez-moi une post carte ici jusqu'à mardi et après mardi à Bruxelles. Mille amitiés Georges.

Letter 102: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

Aug 26 1898 lon rue Van Elewyck
Dear Georges, I am so sorry I could not come to La Panne. I should have liked it above all things. The Flanders book has to be finished by Sept. 15, and I shall have to work hard on it till then. It will not be so bad a book, I think. Strang is in Scotland, Pye is in Devonshire. Has Pye written to you. He said he would. He will certainly come to visit you when you are installed. I am glad you are going to Florence again. Write from your beloved Tuscany. I may be going later and I wish I were with you but it is quite impossible for me to go in September. There is no news here. Didn't you know that Strang and I went to Furnes? The Noble Rose is very charming, as you say. Love from Laurence

Letter 103: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

Undated letter, possibly Sept 1898
Très cher Laurence, voici arrivé le moment de quitter Bruxelles pour Maredsous et j'avoue que parmi les lettres d'adieux écrites à la hâte ces jours-ci, je vous ai réservé la dernière parce que c'était la seule qui me coutât. Il me coute en effet beaucoup de penser que je vous verrai moins souvent et que j'aurai moins souvent l'occasion de correspondre avec vous. Aussi ne serai-je vraiment rasséréné en pensant à vous que quand je vous aurai vu quelques jours à Maredsous, et quand nous aurons là bien établi définitivement un « modus vivendi » ! qui nous permettra de nous écrire et de penser à nous beaucoup plus aisément. Quand vous m'aurez vu installé à Maredsous quand vous y serez passé par vous-même, ma vie là-bas vous paraitra je crois beaucoup plus compréhensible et plus digne d'estime, je crois, par contre, que tant que vous n'y serez pas venu, il y aura toujours un peu de contrainte dans vos lettres, à l'imagination fausse je crois que vous pouvez vous faire de la vie d'un couvent Bénédictin. Aussi serait-ce avec la plus grande joie que je recevrai l'annonce de votre arrivée que j'espère et que j'escompte déjà au plus tard pour le printemps prochain. D'ici là écrivez moi vos habituelles postcards n'est-ce pas – adresse Mr Oliv. G. Destrée aux bons soins des RR. PP. [176] Bénédictins de l'abbaye de Maredsous province de Namur Belgium Ces postcards me feront le plus grand plaisir me prouvant que vous ne m'oubliez pas de votre côté et elles me tiendront ainsi constamment au courant de vos projets littéraires. Pye m'a écrit une bonne longue et charmante lettre dont je vous prie, le temps me manquant, de lui présenter tous mes remerciements. J'ai appris avec joie et admiration la vocation de mademoiselle Pye et si vous la voyez je vous prie de vouloir bien lui témoigner ces sentiments de ma part et de lui présenter ainsi qu'à mad. Pye tous mes respects. Rappelez moi aussi je vous prie au bon souvenir de votre père de votre mère et au bon frère avec lequel nous avons fait cette bonne promenade à Newton Abbot. Présentez enfin mes amitiés à Image à Horne et aux quelques amis que j'ai vus avec vous à Londres à Plarr [177] notamment - et dites leur en leur donnant mon adresse – que je suis laissé dans mon couvent absolument libre de correspondre, et que si l'un d'eux voulait m'y venir faire visite il y serait toujours comme vous le bienvenu et reçu pour les jours qu'il voudrait y passer. Et maintenant voici l'heure du départ. Je vous embrasse de tout cœur et bien que ce ne soit pas un adieu que je vous fais je tiens à vous remercier dès à présent de toute l'amitié que vous m'avez toujours témoignée et à vous dire que partout à Bruxelles et à Maredsous il est deux amis – mon cousin et vous – auxquels je ne cesserai jamais de penser avec tendresse et que j'aurai toujours l'espoir et le vif désir de revoir bientôt. A vous de tout cœur et ne me laissez pas longtemps sans nouvelles. Georges Ci-joint 2 timbres qui me restaient de mon dernier voyage à Londres. Dans quelques jours vous sera expédiée la [canne qui est votre] mais que je ne sais pas encore comment vous envoyer – l'anthologie sera publiée prochainement par Goffin.

Letter 104: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

27 January 1912 from the dept of Prints and Drawings B[ritish] M[useum]
My dear friend, I posted the catalogue to you yesterday. I marked a few names of artists who might perhaps contribute to your exhibition. Here are a few notes on them. I.D. Batten has painted religious pictures in tempera. He lacks power, but has painted some pleasing pictures, with clear bright colour. + Mrs Sargant Florence [178] does wall-paintings: she is a designer of remarkable gifts: you should try and get a cartoon from her. A.J. Gaskin [179] does woodcuts. Graily Hewitt [180] does beautiful writing. I think he has done some prayer books in MS. J.M. Rooke [181] is an old pupil of Burne-Jones, not very strong. He does chiefly drawings of cathedrals now but at one time printed religious subjects. Ch. Whale does stained glass and gets fine colour. He is a Catholic: perhaps you might get him to invite people who are suitable. Countess Feodora Gleichen [182] is a sculptor (pupil of Legros [183] ) who has done work for churches. A.E.R. Gill [184] is admirable for lettering on stone and marble, and has done some remarkable sculpture, carving the stone himself in Gothic style. Get him if you can. I think I told you that we have moved in a new house, 118 Belgrave Rd SW. It is near the Thames, not far from the Tate Gallery. I still have to work very hard in order to keep my family going: but though most of my evenings and spare time have to be devoted to pot boiling I managed to write some poems last year, and a (Chinese) play. This year I shall have no time for poems. In the Autumn I am to go to America for some weeks, to study collections and give lectures. H.P.H, I hear from Madame Cantagalli has been ill for months with an ulcer in the bowels. He is alone and rather miserable, though he has bought a palazzo. Colvin retires from the Museum in June: but it is very doubtful I shall succeed him. I saw Image the other day, he is just the same. Affectly yours Laurence Binyon.

Letter 105: Laurence Binyon to Olivier-Georges Destrée

March 7, 1912
Cher ami, We were so glad to get your card – it was indeed delightful to see you again, and I am glad you enjoyed being in London again and seeing your old friends – and making new ones. Since you went the days have run so fast and I can scarcely realize that it is a fortnight and more since we said Goodbye. I wrote to young Legros, and after some time heard from him that the picture which I spoke of has been bought by Van Wisselingh [185] , the Dutch dealer in Grafton St. I enclose Van Wisserlingh's letter so perhaps if your committee would like the picture they could write directly to Van Wiss. – who is quite a nice man – I really recommend the picture – it is quite enough finished. Poor England! We shall soon have no fires and no food. And now the Museum is closed – except the Reading Room and the Print Room – because the suffragettes have threatened destruction with their hammers. I hear that Horne is still very ill; indeed it seems not unlikely that he is slowly dying: so I fear. Your affectionate friend Laurence Binyon. PS O horror! I have just found that a catalogue of the Arts and Crafts and of the Fitzroy Pictures, which I thought I had sent on to you long ago, have never been posted. There was a note in the packet which I enclose. I am sending the catalogue by book post. I am ashamed It is all because of my untidiness The packet got under some papers.

Letter 106: Olivier-Georges Destrée to Laurence Binyon

5 Dec 1918
Quelle agréable impression de pouvoir de nouveau écrire Laurence Binyon Esq. British Museum avec l'espérance que la lettre va parvenir normalement et que les relations vont pouvoir se renouer ! J'ai été bien touché en recevant votre lettre cher Laurence, et en lisant, ce que j'avais d'ailleurs bien pensé, que vous m'aviez suivi de loin avec intérêt, et à certains moments avec anxiété, durant ces 4 années. Il y a eu en effet à certains moments de quoi craindre et s'inquiéter et notamment dans ce que vous appelez – the burning of Louvain. J'étais cette nuit là en plein milieu de la ville – étant allé confesser en ville comme tous les matins et n'ayant pu rentrer à l'abbaye à cause des troupes à cheval qu'encombraient les rues. J'ai logé dans un séminaire à côté des Halles de l'université qui ont brûlé et nous avons été une bonne partie de la nuit dans cette alternative peu réconfortante – ou d'être tué en sortant du séminaire – ou d'y brûler en y restant – croyant que c'était la fin je me suis rendu à la chapelle, j'ai donné la communion à toutes les sœurs qui servaient dans ce séminaire. J'ai communié moi-même et servi ensuite la messe du Président du séminaire et quand je suis revenu dans la cour j'ai vu avec une joie facile à comprendre que le vent soufflait dans une autre direction et que le danger de communication de l'incendie était passé ! Je me rappelle aussi fort bien comment il faisait beau pendant cette nuit de l'incendie on voyait une bonne partie de la ville qui brûlait, on entendait tirer le canon entre malines et Louvain – et dans la ville des fusillades – et le jardin au séminaire était durant ce temps tout ce qu'on pouvait rêver de calme et d'heureux. Et puis sont venues ces 4 années, durant lesquelles malgré ce que vous avez pu en lire sans doute dans les journaux, vous imaginerez difficilement le courage et l'héroïsme que les gens appartement à toutes les classes de la société, ouvriers, bourgeois, magistrats et fonctionnaires ont montré dans leur résistance aux envahisseurs. Il y aurait un bien beau livre à faire en réunissant les documents retraçant l'intrépidité de cette résistance durant ces 4 années, et il serait d'autant plus facile à faire sans craindre aucune exagération que la plupart de ces documents, notamment les lettres du Cardinal Mercier, et les protestations des magistrats ont été publiées et lues avec quel intérêt – soutenant les cœurs et les courages durant l'occupation. Et maintenant tout cela est passé, et je ne voudrais pas pour beaucoup, maintenant que cela est fini ne pas avoir passé par là. Et c'est assurément votre impression aussi. Mais maintenant que vous voilà rassuré sur mon sort, dites moi si vous avez pu rester au British Museum. N'avez-vous pas été mobilisé. Pourquoi votre papier à lettre est-il timbré « the Athenaeum » est ce une revue à laquelle vous collaborez ? Et Selwyn Image ? Et Horne ? Rassurez moi d'un mot sur leur compte et dites-moi si vous avez pu travailler durant tout ce temps et à quoi ? J'imagine qu'en France comme en Angleterre on a pu publier de bien beaux livres durant ces 4 années. Si vous en connaissez qui pourraient m'intéresser spécialement voulez-vous me les signaler. Non – Je n'ai rien reçu durant la guerre venant par la Hollande mais cela ne m'étonne pas, les ¾ au moins de la correspondance qui passait par là ayant été systématiquement mise au panier. Mes hommages à madame Binyon, et à vos jeunes filles qui doivent être maintenant de grandes « demoiselles » et croyez-moi mon cher Laurence votre toujours bien reconnaissant et dévoué Dom Bruno D. O.S.B. Bien des amitiés à Image s'il vit encore, comme je l'espère à Fitzroy St. P.S. A-t-on travaillé à Westminster Cathedral durant ces 4 années – je veux dire à l'achèvement de l'intérieur ? Je suppose que ma belle-sœur vous aura dit que mon MS sur l'art religieux moderne a été brûlé dans l'incendie de Louvain !

Letter 107: Jules Destrée to Laurence Binyon

Cher monsieur, Mon frère vous aimait beaucoup et m'a souvent parlé de vous. Je suis très sensible aux sentiments que vous voulez bien m'exprimer [186] . J[ules] Destrée

Notes

1. Ernest Renan (1823–1892), French philosopher and historian.Go back
2. Charles Augustin Sainte-Beuve (1804–1869), French literary critic.Go back
3. Selwyn Image (1849–1930), stained glass artist, designer essayist, and poet, a much admired friend of Binyon's who helped and encouraged him in his career.Go back
4. Charles Elkin Mathews (1851–1921), British publisher and bookseller. Destrée consistently misspells Mathews's last name.Go back
5. Herbert Percy Horne (1864–1916), English poet, essayist, architect, designer, art collector, and art historian. A great friend of Binyon and Destrée, he illustrated the latter's Poèmes sans Rimes(1894).Go back
6. Italian for "there," "so," "well," or "then."Go back
7. "The Aziola," a poem by Percy Bysshe Shelley.Go back
8. The story of Barlaam and Josaphat is a Christianized later version of the story of Siddhartha Gautama, who became the Buddha.Go back
9. A collector and friend of Binyon's "mangeur de fruits," according to one of Destrée's diaries.Go back
10. La Chartreuse de Pavie, a monastery situated in Lombardy, northern Italy.Go back
11. "I am back home."Go back
12. The Burlington Fine Arts Club (established 1866, dissolved 1952), a London gentlemen's club.Go back
13. Constantin Ionides (1833–1900), British art patron and collector.Go back
14. Henry Virtue Tebbs, lawyer and patron of the arts.Go back
15. Certosa del Galluzzo.Go back
16. The story of Father Damien (1840–1889) was related to Destrée by the painter Edward Burne-Jones during his visit to London in 1894. It left a strong impression on his mind.Go back
17. The Golden Treasury of English Songs and Lyrics is an anthology of English poetry, originally published by Francis Turner Palgrave in 1861. The Golden Treasury of Modern Lyrics (1924) was a later revised fifth edition with additional texts selected by Laurence Binyon.Go back
18. Walter Savage Landor (1775–1864) English writer and poet.Go back
19. A poem by Matthew Arnold (1853).Go back
20. A poem by Matthew Arnold (1849).Go back
21. A poem by Matthew Arnold; first part of Tristram and Iseult (1852).Go back
22. A poem by Matthew Arnold (1853).Go back
23. Seeley and Co., Binyon's publisher for Dutch Etchers of the Seventeenth Century (1895).Go back
24. Fra Angelico (1395–1455), Italian painter of the early Renaissance.Go back
25. "My good Lord."Go back
26. William Pye, a very close friend of Binyon, whom he met in the Print Room in 1895.Go back
27. Song of the Indian Maid from "Endymion" (1818).Go back
28. Lewti, or The Circassian Love-Chaunt.Go back
29. Love's Secret.Go back
30. A poem by P. B. Shelley (1816). "We are as clouds that veil the midnight moon; / How restlessly they speed, and gleam, and quiver."Go back
31. "Man's yesterday may ne'er be like his morrow; / Nought may endure but mutability!"Go back
32. In Imaginary Conversations, vol. 5 (1829).Go back
33. Sidney Colvin (1845–1927), the Keeper of Prints and Drawings at the British Museum.Go back
34. Giovanni Boccaccio (1313–1375) in Life of Dante (composed around 1353) wrote about a prophetic dream Dante's mother would have had when pregnant.Go back
35. By Walter Savage Landor.Go back
36. Imaginary Conversations—The Camelot Series by Walter Savage Landor, Ernest Rhys and Havelock Ellis (1886).Go back
37. Landor's cook displeased his master one day by serving an indifferent meal. Landor in a passion threw him through an open window. The cook landed awkwardly in a flower bed below and broke a limb. Landor cried out, "Good God, I forgot the violets!" (in The Little, Brown Book of Anecdotes, ed. Clifton Fadiman, 1985).Go back
38. Omar Khayyám (1048–1131‎), Persian philosopher, mathematician, astronomer, and poet.Go back
39. The Marriage of Heaven and Hell (1793).Go back
40. A Poison Tree.Go back
41. Richard Garnett (1835–1906), a British scholar, librarian, biographer, and poet.Go back
42. Christopher Smart (1722–1771) wrote two poems while confined in an asylum: "A Song to David" and "Jubilate Agno." As the latter was not published until 1939, the one Binyon was referring to is "A Song to David."Go back
43. Lionel Johnson (1867–1902), poet, essayist and critic. Binyon met him at Oxford and through him a group of men who introduced him to literary and artistic London.Go back
44. W. B. Yeats was, with Binyon, part of London's artistic and literary scene. They met at the Print Room, Fitzroy Street, the Vienna Café, among other places, and cofounded and/or contributed to several magazines and academic committees (e.g., the Academic Committee of English Letters, 1910).Go back
45. Italian for "it is not so."Go back
46. Probably Arnold Henry Savage Landor (1865–1924), Walter Savage Landor's grandson.Go back
47. Poetical Sketches, the first collection of poetry and prose written by Blake (including "How Sweetly I roam'd from field to field") was published at an earlier date, 1783, by J. Flaxman's aunt (only twenty-two copies).Go back
48. Measure for Measure, act IV, scene 1.Go back
49. The Tempest, act I, scene 2.Go back
50. William Blake: A Critical Essay by Algernon Charles Swinburne (1868).Go back
51. "See you again."Go back
52. A hotel in Amsterdam.Go back
53. This may refer to Bruges-la-morte (1892), a novel by Georges Rodenbach.Go back
54. The Belfry of Bruges.Go back
55. Evening newspaper (1865–1923).Go back
56. Sir Walter Scott described Melrose Abbey in The Lay of the Last Minstrel, Canto II.Go back
57. Charles Wolfe (1791–1823), The Burial of Sir John Moore at Corunna.Go back
58. Thomas Campbell (1777–1844).Go back
59. Victor Hugo (1802–1885).Go back
60. "Pibroch of Donuil Dhu," a poem by Sir Walter Scott.Go back
61. "Coronach," a poem by Sir Walter Scott.Go back
62. The Panier d'Or is now only a restaurant, situated on the Market Square in Bruges.Go back
63. Destrée's landlady.Go back
64. Destrée's sister-in-law.Go back
65. Emery Walker was William Morris's assistant.Go back
66. Literary magazine published by the Pre-Raphaelites from January to April 1850 and edited by her brother William.Go back
67. This might refer to the publisher of the newspaper Jackson's Oxford Journal (first issued in 1753, name changed to the Oxford Journal Illustrated in 1909).Go back
68. Maple & Co., a furniture designer and maker in London.Go back
69. A possible guidebook on Bruges?Go back
70. Barbey d'Aurevilly (1808–1889), French writer. Aurevilly greatly influenced Destrée, who also showed his work to Burne-Jones when he was sent to London by the Belgian government in 1884.Go back
71. William Morris (1834–1896), artist, writer, and poet, associated with the Pre-Raphaelite Brotherhood and English Arts and Crafts movement. He died on October 3, 1896.Go back
72. Mercure de France, French literary magazine published from 1890 to 1965.Go back
73. L'Etoile Belge, Brussels liberal daily published from 1850 to 1940.Go back
74. Literally,"translator, traitor."Go back
75. Fra Angelico.Go back
76. "avec mes remerciements."Go back
77. Edward William Garnett (1868–1937), English writer, critic, and literary editor.Go back
78. Auguste Angellier(1848–1911), French literary critic and poet.Go back
79. Binyon probably sent Mlle Evrard a catalogue from James Shoolbred and Company, a London draper.Go back
80. The Savoy, magazine of literature, art, and criticism published in 1896 in London.Go back
81. Hans Memling (1430–1494), German-born painter of the Bruges school.Go back
82. Pierre Puvis de Chavannes (1824–1898), French painter.Go back
83. Belgian poet (1860–1929).Go back
84. Belgian poet (1867–1931).Go back
85. Helen Coombe (1864–1937) married Roger Fry in 1896.Go back
86. An example of the ongoing financial struggles with publishers of poets and artists at the time.Go back
87. Pierrot Narcisse, songe d'hiver; comédie fiabesque by Albert Giraud (1887).Go back
88. A London weekly newspaper of politics, literature, science, and art (1855–1938).Go back
89. English literary magazine (1828–1921).Go back
90. Alexander Macmillan, founder of Macmillan Publishers, died in 1896.Go back
91. Thomas Humphrey Ward, English author and journalist who edited a four-volume anthology.Go back
92. Domenico Tumiati (1874–1943), Italian poet, writer, and playwright.Go back
93. Referring to Tauchnitz Editions, known for having had (in the 1840s) the exclusive right to reprint English books throughout Europe.Go back
94. José-Maria de Heredia (1842–1905), Cuban-born French poet.Go back
95. Alexandre Beljame (1842–1906), French writer.Go back
96. Alastor, or The Spirit of Solitude, a poem by P. B. Shelley.Go back
97. A poem by Tennyson.Go back
98. Armand Colin publishing house (1870–) was the foremost in the world of university studies and higher education.Go back
99. George Meredith (1828–1909), English novelist and poet.Go back
100. Theodore Watts-Dunton (1832–1914), English critic and poet.Go back
101. Inspired by Japanese craftsmanship, Binyon experimented woodcutting under the tutelage of Selwyn Image and William Strang.Go back
102. Kotor, "Cattaro" in Italian, a coastal town in Montenegro.Go back
103. "Pale are the words I build for my delight."Go back
104. Villa Carcina?Go back
105. John Crome (1768 – 1821), English landscape artist.Go back
106. John Sell Cotman (1782 – 1842), English marine and landscape painter.Go back
107. John Crome and John Sell Cotman (1897).Go back
108. Count Joseph Primoli (1851–1927), half French-half Italian socialite whom Destrée befriended during his previous stay in Florence (February to May 1896).Go back
109. Ford Madox Brown (1821–1893), English painter.Go back
110. The Grafton Galleries, referred to as "Grafton Street" by Binyon, held painting exhibitions from 1893 to 1930.Go back
111. "Let us hope."Go back
112. "When? When?"Go back
113. Henry Buxton Forman (1842–1917), Victorian-era bibliographer and antiquarian bookseller who established several bibliographies of Percy Shelley. In the 1930s it was revealed that a large number of his first editions of Georgian and Victorian authors were forged.Go back
114. "Ayez de la patience."Go back
115. Richard Streatfield (1866–1919), very close friend of Binyon, a work colleague at the British Museum.Go back
116. "Thank you very much for your beautiful copy of Lamb's Essays, for the graceful edition of Dent & its perfect wood engraving."Go back
117. Robert Strange (1721?–1792?), English wood engraver.Go back
118. William Hazlitt (1778–1830), English writer, critic, philosopher and painter.Go back
119. Antonio Moro (1517–1577), Dutch portraitist.Go back
120. Geraint and Enid.Go back
121. Lancelot and Elaine.Go back
122. Perhaps a reference to the family Boyer d'Eguilles: Jean-Baptiste Boyer d'Eguilles (1645–1709) and his son Pierre-Jean de Boyer d'Eguilles (1682–1757) were famous for their art collections.Go back
123. Sir Lionel Henry Cust (1859–1929) was director of the National Portrait Gallery from 1895 to 1909. Binyon met him before, when he was assistant to S. Colvin at the British Museum.Go back
124. Destrée's cousin and closest friend.Go back
125. Théodore de Banville (1823–1891), French poet and writer.Go back
126. "No storm."Go back
127. William Barclay Squire (1855–1927) was in charge of the collections of the music department at the British Museum, where he met and befriended Binyon.Go back
128. King Mark of Cornwall appears in the Arthurian legend as the uncle of Tristan and husband of Iseult.Go back
129. In Le Spectateur Catholique, December 1897, "Sainte Dorothée de Cappadoce," "Sainte Rose de Viterbe," "Saint Jean Gualbert Visidonimi."Go back
130. Charles Weekes (1867–1946) worked as a reader for the publisher George Allen.Go back
131. Jan Van Eyck (1390–1441), Flemish painter.Go back
132. Gérard David (1460–1523), Flemish painter.Go back
133. Malcolm Bell, Sir Edward Burne-Jones: A Record and Review (1894).Go back
134. Nepenthe: A Poem in Two Cantos (1897).Go back
135. Grant Allen's Historical Guides: Cities of Belgium (London: Grant Richards, 1897).Go back
136. Queen Victoria's Diamond Jubilee, June 22, 1897.Go back
137. The Little Flowers of St. Francis (Italian: Fioretti di San Francesco), a popular account of the life of Saint Francis, written a century and a half after his death. Destrée discovered the book with his cousin Paul Tiberghien during a stay in Italy; according to the latter it was one of the key elements of Destrée's religious calling.Go back
138. Alice in Wonderland (1865) by Lewis Carroll.Go back
139. Destrée and Binyon were born on the same day: August 10, Saint Laurent's (Laurence's) Day.Go back
140. "St. Pierre Celestin et ses premiers biographes," Analecta Bollandiana XVI (Bruxelles 1897), 365–487.Go back
141. The Dome was published in London from 1897 to 1900, and edited by Ernest J. Oldmeadow.Go back
142. Aulne Abbey.Go back
143. Cardinal Newman (John Henry Newman, 1801–1890), much admired and famous alumnus of Oxford's Trinity College. He died in 1890, during Binyon's second year there.Go back
144. Translation of the pun: Oldmeadow.Go back
145. E. J. Oldmeadow wrote columns for the The Dome under two different pseudonyms, J. E. Woodmeald and L. A. Corbeille. Woodmeald would contribute plays to the magazines while Corbeille contributed essays on music or literature.Go back
146. "What! What!"Go back
147. Published in The Dome, Michaelmas Day (September 29) 1897.Go back
148. Frederick Hollyer (1838–1933), English photographer and engraver.Go back
149. The wine merchants George Henekey & Co. owned a chain of pubs in London at the time.Go back
150. Coleridge lived for a time in Highgate, Hampstead Heath, where he became known as "the sage of Highgate."Go back
151. "Some oysters, sir?"Go back
152. William Strang (1859–1921), Scottish painter and engraver.Go back
153. English magazine published in London from 1869 to 1902.Go back
154. "yet I loved loved loved loved loved to love what I was looking for."Go back
155. Saint James Intercisus (died 421), a Persian saint.Go back
156. Anne Catherine Emmerich (1774–1824), stigmatic, mystic, visionary.Go back
157. Quentin Metsys (1543–1589), Flemish painter.Go back
158. Sir William Rothenstein (1872–1945), English painter, draughtsman, and writer on art.Go back
159. The Pageant magazine was published from 1896 to 1897 .Go back
160. William Bell Scott (1811–1890), Scottish poet, artist, and (occasional) engraver.Go back
161. William Michael Rossetti (1829–1919), English writer and critic, brother of Dante Gabriel and Christina Georgina.Go back
162. Charles van Lerberghe (1861–1907), Belgian poet.Go back
163. Maurice Maeterlinck (1862–1949), Belgian playwright, poet, and essayist.Go back
164. Iwan Gilkin, Maurice Warlomont, Albert Giraud, and several others, Parnasse de la Jeune Belgique. (Paris : Léon Vanier, 1887).Go back
165. The Bookman was a monthly magazine published in London from 1891 until 1934.Go back
166. William Strang by Laurence Binyon (New York: F. Keppel & Co., 1904).Go back
167. Mr. Egram.Go back
168. "What a pity we do not live in the same city, is it not so?"Go back
169. Opera in one act by Pietro Mascagni.Go back
170. Johann Ludwig Tieck (1773–1853), German poet, translator, editor, novelist, and critic.Go back
171. Biscay.Go back
172. Pascual Cervera y Topete (1839–1909), admiral of the Spanish Caribbean Squadron during the Spanish-American War. On July 3, 1898, the Battle of Santiago de Cuba was fought by Spanish sailors under Cervera's command. The fleet was destroyed and Cervera imprisoned.Go back
173. According to H. Carton de Wiart (La Vocation d'Olivier Georges Destrée), the cousins met once more in 1902; they discussed their calling and their new lives and their friendship "mais le dialogue resta sobre et ils se séparèrent, l'un disant à l'autre: Benedicamus Domino et l'autre répondant: Deo gratias" (p 164).Go back
174. Charles the Good (1083–1127), Count of Flanders from 1119 to 1127.Go back
175. "Yours."Go back
176. Révérends Pères.Go back
177. Victor Gustave Plarr (1863–1929), English poet and a founding member of the Rhymers' Club.Go back
178. Mary Sargant Florence (1857–1954), English painter.Go back
179. Arthur Joseph Gaskin (1862–1928), English illustrator, painter, teacher and designer of jewelry and enamelwork.Go back
180. Graily Hewitt (1864–1952), British novelist and calligrapher.Go back
181. Thomas Matthews Rooke (1842–1942).Go back
182. Lady Feodora Georgina Maud Gleichen (1861 – 1922), British sculptor of figures and portrait busts and designer of decorative objects.Go back
183. Alphonse Legros (1837–1911), French painter, etcher, and sculptor.Go back
184. Arthur Eric Rowton Gill (1882–1940), English sculptor, typeface designer, stonecutter and printmaker.Go back
185. Elbert Jan Van Wisselingh (1848–1912), Dutch art dealer.Go back
186. Olivier-Georges Destrée died of peritonitis on October 30, 1919.Go back